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Gaspésie-Les-Îles - Le défi est le recrutement du personnel médical

Une maison des stagiaires est ouverte à Gaspé

15 septembre 2012 | Thierry Haroun | Santé
Le CSSS de la Côte-de-Gaspé a ouvert une maison des stagiaires.
Photo : Thierry Haroun Le CSSS de la Côte-de-Gaspé a ouvert une maison des stagiaires.
En Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine, le recrutement et la rétention du personnel médical sont des défis de tous les instants. Les acteurs de la santé dans cette région sise au bout du Québec ont pris cet enjeu à bras-le-corps et les résultats sont là. Radiographie.

Elle est en poste depuis à peine trois semaines, à titre de présidente-directrice générale de l’Agence de la santé et des services sociaux de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (AGSSSGÎM), que déjà la Dre Yolaine Galarneau a établi ses priorités. Et celle qui est au-dessus de la pile concerne la rétention et le recrutement du personnel médical. « Du temps où j’étais en poste comme directrice des services professionnels dans la baie des Chaleurs, on sortait d’une crise d’effectifs médicaux. Le recrutement et la rétention [du personnel médical] ont été le premier grand enjeu de notre région, afin d’assurer des ressources humaines suffisantes sur le plan des médecins de famille, des spécialistes et des omnipraticiens. »


Depuis, l’approche du recrutement s’est élargie à d’autres corps de métier en santé et est conduite en collégialité avec l’ensemble des établissements de la région, rappelle la Dre Galarneau. « On parle désormais d’une approche stratégique régionale de recrutement qui va au-delà des médecins et qui englobe l’ensemble de la main-d’oeuvre en santé. Vous savez, il y a toutes sortes de solutions et de mesures qui ont déjà été établies. Et maintenant, au lieu d’avoir une concurrence entre les établissements de santé de la région [comme cela a déjà été le cas par le passé], on a une approche qui prône une complémentarité d’action entre ces mêmes établissements sur le plan du recrutement. » Une stratégie qui semble avoir porté ses fruits.


Des chiffres et des lettres


Ainsi, les chiffres obtenus par Le Devoir parlent d’eux-mêmes. En 2009, 74 % des postes d’omnipraticien étaient comblés en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine, tandis que, aujourd’hui, la proportion atteint 84 %, soit 158 postes sur une possibilité de 187. En ce qui concerne les médecins spécialistes, 82 % des postes étaient comblés en 2009, comparativement à 88 % aujourd’hui, soit 85 postes sur une possibilité de 97.


Cela dit, « c’est le volet de la réadaptation qui nous préoccupe le plus en ce moment », note la Dre Galarneau. Concrètement, il manque dans la région six ergothérapeutes, six psychothérapeutes et quatre orthophonistes. De plus, il manque une centaine d’infirmières pour combler les besoins de ce territoire grand comme un pays. À ce titre, rappelle la Dre Yolaine Galarneau, « nous avons mené des actions concrètes en ce qui concerne la formation des infirmières, c’est-à-dire par l’entremise du télé-enseignement qui se donne dans deux de nos pôles [de santé]. En cela, nos infirmières n’ont plus à quitter leur patelin pour étudier. Elles peuvent à la fois suivre leur formation et faire leurs stages dans les établissements de notre milieu. Il y a le Centre de santé et de services sociaux de la Baie-des-Chaleurs [hôpital de Maria], qui donne cette formation dès ce mois-ci pour une deuxième année, et le CSSS du Rocher-Percé [hôpital de Chandler], qui commence sa première année de formation ce mois-ci également. »


Outre les CSSS du Rocher-Percé et de la Baie-des-Chaleurs, l’AGSSSGÎM a sous son égide les CSSS de la Côte-de-Gaspé (hôpital de Gaspé), de la Haute-Gaspésie (hôpital de Sainte-Anne-des-Monts), le CSSS des Îles, le Centre jeunesse de la Gaspésie-les-Îles et le Centre de réadaptation de la Gaspésie. Le budget total des établissements s’établit, pour l’année 2011-2012, à 305 millions de dollars et l’agence a un budget administratif de 6,3 millions de dollars.


Des stagiaires pour Gaspé


Toujours à l’échelle du recrutement, une idée toute singulière vient d’être mise sur pied à Gaspé. Le CSSS de la Côte-de-Gaspé a récemment inauguré sa toute nouvelle maison des stagiaires. Cette maison est pourvue de quatre chambres individuelles ainsi que d’aires communes, telles qu’une salle à dîner, une cuisine, un salon et un solarium, en plus d’une vue sur la baie de Gaspé.


La porte-parole de l’établissement de santé, Michelle Sinnett, souligne que cette nouvelle offre vise à attirer des étudiants qui, autrement, ne seraient peut-être pas venus à Gaspé. « Cet hébergement est gratuit. Avec cette offre, on devient très attrayants. Ainsi, l’étudiant n’a pas à se soucier de la recherche d’un logement et des petits détails de la vie. On leur facilite la tâche. Vous savez, il n’est pas toujours évident d’attirer des stagiaires de Montréal ou d’ailleurs, en raison de la distance et des coûts. Notre résidence loge en ce moment des stagiaires en physiothérapie à l’Université Laval. Ça nous aide beaucoup parce qu’il nous manque de ressources humaines dans ce secteur. »


Santé publique


Maintenant, comment se porte la santé des Gaspésiens et des Madelinots ? Comment cette population se démarque-t-elle du reste de la province et qu’est-ce qu’il faut surveiller de près ? Voilà autant de questions que Le Devoir a soumises à l’examen de la Directrice de la santé publique de la Gaspésie-les-Îles, la Dre Ariane Courville, qui est également en poste depuis peu.


Publié l’an dernier, le Portrait de santé et de bien-être de la population de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine note « qu’au cours des dernières décennies, la population de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, à l’image de la situation provinciale, a fait des progrès majeurs notamment au chapitre de la sécurité, de la maternité à l’adolescence et du tabagisme. De plus, la mortalité par maladies cardiovasculaires [a] connu une baisse importante [au cours des] 25 dernières années. » Plus loin, on peut lire que les problèmes de nature psychosociale méritent une attention particulière. « On pense, lit-on, au nombre de plus en plus grand d’enfants pris en charge par les services sociaux parce que leur développement et leur sécurité sont compromis, ainsi qu’aux filles devenant mères et à celles victimes d’agressions sexuelles, tous des indicateurs pour lesquels la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine affiche de moins bons résultats que le Québec. Par ailleurs, bien qu’une forte majorité de la population régionale considère comme très bonne et même excellente sa santé mentale, le taux de suicide qui tarde à s’incliner demeure une préoccupation. »


Justement, le suicide est l’une des préoccupations de la Dre Courville. « C’est toujours déplorable, des événements comme le suicide, c’est très triste. Et c’est quelque chose qu’on doit regarder de plus près dans notre région. On sait que, sur le plan individuel, il y a plein de facteurs qui font en sorte qu’une personne décide de se suicider, comme la dépression, la maladie mentale, l’alcool, la perte d’un emploi ou une séparation », rappelle-t-elle.


La population régionale se démarque aussi du reste du Québec en ce qui concerne l’excès de poids. Ainsi, en 2008, l’embonpoint touchait 37,7 % de la population régionale, comparativement à 34,9 %. De plus, 20,3 % des Gaspésiens et des Madelinots étaient aux prises avec un problème d’obésité en 2008, contre 15,6 % pour le Québec. La Dre Courville était bien au fait de ce fléau avant notre entretien. « Il est important de poursuivre nos campagnes de sensibilisation. Il nous faut travailler sur des environnements qui seraient plus favorables à une saine alimentation en mettant sur pied des politiques alimentaires dans nos écoles, et c’est d’ailleurs quelque chose qui est en train de se faire », assure la Dre Courville.


Collaborateur

Le CSSS de la Côte-de-Gaspé a ouvert une maison des stagiaires. Dans la région de la Gaspésie, l’embonpoint touchait 37,7 % de la population en 2008, comparativement à 34,9 % pour le reste du Québec.
 
 
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