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Légionellose: le ministre Dutil ordonne une enquête publique

31 août 2012 | Isabelle Porter | Santé
Le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, demande au coroner de faire la lumière sur l’éclosion de cas de légionellose qui sévit à Québec.
Photo : La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, demande au coroner de faire la lumière sur l’éclosion de cas de légionellose qui sévit à Québec.
Alors que les pressions se multiplient sur la Direction de la santé publique, le ministre Robert Dutil a demandé jeudi au coroner en chef de lancer une enquête publique sur les décès provoqués par l’épidémie de légionellose à Québec.

« Par respect pour les personnes décédées et leur famille, le coroner doit faire la lumière sur ces événements », a déclaré le ministre de la Sécurité publique dans un communiqué.


L’annonce est tombée en matinée, moins d’une heure avant la conférence de presse de la femme d’un des défunts. La veille, Solange Allen avait avisé les médias qu’elle réclamerait la tenue d’une enquête publique devant le palais de justice.


Mme Allen pense qu’on a mis trop de temps à identifier le mal dont souffrait son mari et qu’on l’a avisée trop tard de l’éclosion de la légionellose dans son secteur et des risques qu’ils couraient. « Ce que je ne comprends pas, c’est que le médecin ne nous a jamais parlé de la maladie du légionnaire, a-t-elle raconté en compagnie de son avocat. Pourquoi la Santé publique ne nous a pas envoyé des tracts, des papiers dans nos maisons, en sachant très bien qu’il y avait déjà eu trois morts avant mon mari ? » Pour elle, c’est un cas de négligence criminelle. « Moi, ce que je veux, c’est qu’on sache qui est fautif. »


Mme Allen n’est toutefois pas prête à entreprendre un recours collectif comme elle et son avocat l’avaient suggéré ces derniers jours. Satisfait de l’annonce du ministre sur l’enquête publique, son avocat, Me Jean-Pierre Ménard, a dit qu’il voulait en savoir plus sur les faits, voire attendre le rapport du coroner avant de lancer les procédures complexes d’un tel recours.


Outre Mme Allen, l’Association québécoise des retraités du secteur public (AQRP) a, elle aussi, réclamé une telle enquête au nom des nombreuses personnes âgées qu’elle représente. Hier matin, elle a ajouté à ses requêtes qu’on dévoile la liste des tours de climatisation à l’origine de l’éclosion.


Le maire de Québec, Régis Labeaume, a lui aussi manifesté de l’impatience hier et tenu à faire savoir par voie de communiqué qu’il mettait de la pression sur le directeur de la Santé publique, François Desbiens.


La Ville souhaite que la DSP rende publique la liste des propriétaires de tours qui sont conformes aux normes ainsi que la liste de ceux qui persistent à contourner les règles. Elle souhaite en outre que la DSP use de son pouvoir pour ordonner la fermeture des installations des propriétaires délinquants.


« L’inquiétude de la population commande plus de transparence, pouvait-on lire dans le communiqué. Malgré tous les efforts déployés par les équipes de la Santé publique, supportées par la Ville de Québec, on constate que des propriétaires n’ont toujours pas répondu à l’ensemble des demandes et ne suivent pas les pratiques usuelles d’entretien. »


Pendant ce temps, la DSP annonçait hier que 10 nouveaux cas s’étaient ajoutés aux 141 connus, ce qui porte à 151 le nombre de malades. Quant au nombre de décès, il est toujours de neuf.

 
 
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