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    Un nouveau revers pour la méthode Zamboni

    Une nouvelle étude du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke échoue à confirmer l’efficacité du traitement contre la sclérose en plaques

    26 juillet 2012 |Amélie Daoust-Boisvert | Santé
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	La méthode controversée a été développée sur la base que la sclérose en plaques est causée par un blocage de veines au niveau du cerveau.</div>
    Photo: Pablo Martinez Monsivais - Associated Press
    La méthode controversée a été développée sur la base que la sclérose en plaques est causée par un blocage de veines au niveau du cerveau.
    Nouveau revers pour la controversée méthode du Dr Paolo Zamboni : une étude menée au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke ne permet pas de valider les fondements de ce traitement contre la sclérose en plaques.

    Le Dr Albert Lamontagne et son équipe ont étudié 65 patients atteints de sclérose en plaques (SP) et 65 patients sains. L’anomalie veineuse que le Dr Zamboni croit responsable de la SP est aussi fréquente dans un groupe que dans l’autre, soit chez 20 à 30 % des sujets.

    « Comme les quelques autres études indépendantes, nos résultats sont plutôt négatifs », dit le Dr Lamontagne.
     
    Le chirurgien italien Paolo Zamboni affirme que la SP est causée par un trouble de la circulation sanguine, soit un blocage des veines qui évacuent le sang hors du cerveau et de la colonne vertébrale, une affection qu’il nomme « insuffisance veineuse céphalorachidienne » (IVCC). Il prétend qu’une chirurgie, l’angioplastie veineuse, qui vise à élargir les veines atteintes, est profitable pour les malades.
     
    Cette méthode avait été accueillie avec scepticisme, puisque la communauté médicale s’entend généralement pour dire que la SP est plutôt une maladie neurologique auto-immune. Mais devant l’enthousiasme des patients, de nombreux chercheurs testent l’hypothèse soulevée par le Dr Zamboni. Plusieurs études d’envergure sont d’ailleurs en cours au Canada et aux États-Unis.
     
    Aux patients tentés de subir cette opération à l’étranger, le Dr Lamontagne conseille d’attendre les résultats de ces autres enquêtes. « Il n’y a pas d’urgence, on devrait obtenir d’autres résultats d’ici un an. Ce n’est pas une technique dangereuse, mais elle n’est pas complètement inoffensive non plus. Pourquoi aller se faire jouer dans les veines quand ce n’est pas nécessaire ? »
     
    Il comprend toutefois les patients qui décident de tenter le tout pour le tout avec l’opération. « Il y a réellement des patients qui se disent mieux. Est-ce l’effet placebo, est-ce autre chose ? C’est difficile à expliquer. »
     
    Le Dr Lamontagne n’a pas encore publié ses résultats dans une revue scientifique avec comité de lecture, étape importante du processus scientifique qui permet d’attester du sérieux et de la validité d’une recherche. Il a été un peu pris de cours par l’attention médiatique portée à ces recherches mardi, après qu’il en eut dévoilé les résultats préliminaires aux patients qui ont accepté de participer à son étude.
     
    Il souhaitait tout de même rendre ses résultats publics rapidement, car de nombreux patients se rendent à l’étranger pour subir cette opération controversée. C’est d’ailleurs sous l’impulsion de ses patients, qui posent de nombreuses questions sur la technique, qu’il a décidé de mener ce petit projet de recherche à temps perdu, de façon entièrement bénévole et sans financement extérieur.
     
    L’automne dernier, le Journal de l’Association médicale canadienne abondait dans le sens du Dr Lamontagne. Après avoir révisé les huit études cliniques existantes sur la méthode, dont l’originale du Dr Zamboni, les auteurs ne pouvaient en confirmer l’efficacité.
     
    La Food and Drug Administration américaine a d’ailleurs fait en mai dernier une sérieuse mise en garde contre ce traitement. Des patients ont subi des effets indésirables à la suite de l’opération, comme des accidents vasculaires cérébraux, des dommages aux veines traitées, des caillots sanguins, des hémorragies abdominales et des dommages aux nerfs du crâne, voire la mort.












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