Les troubles de l’alimentation frappent de plus en plus de femmes enceintes
Lorsque Tina St. John était enceinte de son premier enfant, les médecins ont dit être surpris qu’une femme mesurant 1 m 57 et pesant 36 kg puisse concevoir un enfant si facilement.
Mme St. John, âgée de 42 ans, confie que pendant sa grossesse, elle était constamment déchirée entre sa bataille avec l’anorexie, une maladie dont elle souffrait depuis le début de son adolescence, et son désir d’être une mère en santé pour son enfant.
« Lorsque vous souffrez d’une maladie chronique, votre sens des réalités sur ces questions est quelque peu tordu », a dit Mme St. John, maintenant mère de quatre enfants installée à Ottawa.
Les experts affirment qu’il est difficile de déterminer à quel point les maladies alimentaires comme l’anorexie et la boulimie sont fréquentes chez les femmes enceintes, principalement parce que ce genre de statistiques est rarement recueilli en raison de la protection de la vie privée.
Selon un sondage de Santé Canada couvrant la période de 2007 à 2009, 0,6 % des Canadiennes âgées de 6 à 79 ans ont dit souffrir d’au moins un trouble de l’alimentation.
En 2009-2010, on a dénombré 5282 hospitalisations liées à des troubles alimentaires. Plus de 90 % des patients étaient des femmes.
Certains experts estiment que les images corporelles irréalistes colportées dans les médias et la culture des célébrités ont poussé plus de femmes à tenter de demeurer minces lors de leur grossesse, pour pouvoir se débarrasser de leur poids supplémentaire tout de suite après leur accouchement.
Le Dr Blake Woodside, directeur du plus important programme de traitement des problèmes d’alimentation du pays à l’Hôpital général de Toronto, mentionne que les cas de troubles de l’alimentation chez les femmes enceintes - souvent décrites comme une anorexie de la grossesse - étaient naguère rares.
Mais notre société, dit-il, est devenue « effrayée par le gras et discriminatoire envers les gros », même lorsqu’il est question de futures mamans.
« Lorsque j’ai commencé dans le domaine, il y a près de 30 ans, une femme enceinte anorexique était traitée comme toutes les autres, a-t-il dit. Désormais, elles sont immédiatement assignées à une unité de grossesse à haut risque, même si leur état n’est pas grave. »
La littérature officielle indique qu’une femme enceinte devrait gagner de sept à 18 kg pendant ses neuf mois de grossesse. La quantité de poids gagné varie avec la taille de la mère avant la grossesse et si celle-ci est enceinte d’un seul enfant, de jumeaux ou d’un plus grand nombre de foetus.
Les médecins affirment que les femmes affamées sont plus à risque de développer plusieurs problèmes de santé ; il en est de même pour leurs enfants.








