Mine Jeffrey - L’INSPQ s’inquiète, l’opposition réagit
Le premier ministre Jean Charest a répété mardi qu’on peut utiliser l’amiante chrysotile de manière sécuritaire. Mais l’INSPQ persiste et signe, à la lumière des connaissances scientifiques disponibles : « C’est très, très difficile, voire impossible, d’assurer une utilisation sécuritaire dans tous les contextes au Québec », dit le Dr Boileau. L’INSPQ considère l’amiante comme un cancérigène, tant pour la fibre chrysotile que pour les autres formes.
Le Dr Boileau n’est pas tellement rassuré par les promesses de vérification par une firme indépendante, une fois l’an, de l’utilisation sécuritaire de l’amiante québécois à l’étranger. « L’audit, ce n’est pas une mauvaise chose, mais ça ne va pas garantir que les populations vont être exposées de façon limitée et sécuritaire [à l’amiante] », dit-il.
Les rapports passés de l’INSPQ concluent qu’au Québec même il est très ardu de faire respecter toutes les normes de sécurité nécessaires pour éviter d’exposer les mineurs, mais aussi les travailleurs de la construction, à la poussière d’amian-te. Le Dr Boileau souligne le défi que ça représente à l’étranger.
Le plan de surveillance des effets de l’amiante sur la santé de l’INSPQ sera renforcé, assure le Dr Boileau. « On va regarder l’évolution de très près, ajouter des ressources s’il y a lieu et livrer la marchandise. » Un travail, toutefois, d’observation plus que de « prévention », souligne-t-il.
L’opposition est sortie de son mutisme dans ce dossier hier. Par voie de communiqué, le Parti québécois a dit s’inquiéter des risques pour la santé et a demandé une commission parlementaire sur la question. Il demande également pourquoi la garantie de prêt est devenue un prêt de 58 millions de dollars. « C’est fort probablement parce que le promoteur a éprouvé des difficultés à trouver un prêteur […] en raison d’une industrie à grand risque », dit la députée de Vachon, Martine Ouellet.
Pour sa part, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a déclaré sur Twitter que « le gouvernement aurait dû analyser l’utilisation sécuritaire de l’amiante chez les clients étrangers avant de consentir un prêt ».








