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Un drame «imprévisible», assure l’hôpital Notre-Dame

Deux personnes âgées auraient été assassinées par un patient en psychiatrie

29 juin 2012 | Karl Rettino-Parazelli | Santé
Le double meurtre et l’agression survenus la semaine dernière au département de psychiatrie de l’hôpital Notre-Dame du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) étaient « imprévisibles » et ne sont pas dus à un manque de vigilance du personnel, ont assuré hier les responsables du CHUM.

Le chef du département de psychiatrie du CHUM, Paul Lespérance, est convaincu que le personnel hospitalier était en nombre suffisant pour assurer un encadrement adéquat des patients au moment des faits, mais admet du même souffle que les événements se sont produits « à l’insu » des employés de l’hôpital.


« Ça projette une image très négative de la psychiatrie en milieu hospitalier, a avoué M. Lespérance. Le personnel est en état de choc ».


Le président du Syndicat des professionnels en soins du CHUM, Guy Brochu, se demande pour sa part s’il pourrait y avoir un lien entre les récentes restrictions budgétaires qui ont entraîné des coupes de personnel et les événements tragiques. « On ne peut pas tout simplement dire que tout a été fait dans les règles de l’art et tolérer que ça continue comme ça. Il y a eu un événement hyperfâchant qui a été commis, qui ne devrait pas arriver dans les hôpitaux. Il faut faire quelque chose », s’est-il insurgé.


L’unité des crimes majeurs du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) mène actuellement une enquête concernant trois incidents survenus à la mi-juin qui impliquent tous des patients du département de psychiatrie du CHUM. Les policiers se penchent à la fois sur deux meurtres prétendument commis le 16 et le 21 juin contre des hommes âgés de 69 et 77 ans et l’agression le 22 juin d’une femme de 71 ans.


Ce n’est qu’après avoir été appelés au CHUM vendredi dernier pour une tentative de meurtre que les policiers ont été mis au courant des deux décès survenus dans les jours précédents. Ces décès ont d’abord été présentés comme des morts naturelles par le personnel hospitalier, puis l’autopsie a révélé que les victimes sont mortes asphyxiées.


Pour l’instant, le SPVM n’a pas établi de lien clair entre le double meurtre présumé et l’agression de la dame.


Un homme de 31 ans a été arrêté relativement à cette affaire et a comparu le 23 juin au palais de justice de Montréal. Idelson Guerrier, qui a des antécédents judiciaires, est accusé d’avoir porté, utilisé ou menacé d’utiliser une arme (ou une imitation d’arme) et de s’être introduit dans un lieu par infraction en faisant usage de violence. Le suspect s’est présenté de nouveau en cour le 26 juin, date à laquelle une évaluation de sa santé mentale a été ordonnée. En attendant sa prochaine comparution prévue pour le 30 juillet, il demeure sous les verrous.


Manque de transparence


Le fait que les autorités hospitalières aient d’abord présenté les deux décès comme des morts naturelles est un écart qui « donne froid dans le dos », estime le président du Conseil pour la protection des malades, Paul Brunet.


M. Brunet exhorte les autorités hospitalières de montrer patte blanche et plaide pour l’ouverture d’une enquête par l’Agence de santé de Montréal pour faire la lumière sur les trois incidents.


Action autonomie, un collectif montréalais qui lutte pour la défense des droits en santé mentale, se questionne quant à lui au sujet de la sécurité des patients. La porte-parole du collectif, Johanne Galipeau, déplore qu’encore une fois, le décès d’une personne aux prises avec un problème de santé mentale ait vite été classé comme « naturel ».


À l’hôpital Notre-Dame, la sécurité semblait sur les dents lors de la journée d’hier. Les membres du personnel ont visiblement reçu la consigne de ne strictement rien dévoiler sur cette histoire.


***

 

Avec La Presse canadienne

 
 
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