Moins de naissance prématurées, mais plus d’épidurales
Le Québec diffère du reste du Canada en matière d’accouchement
L’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) publiait hier de nouvelles données sur les accouchements pratiqués dans les hôpitaux canadiens.
Alors que le nombre annuel de naissances avait graduellement baissé (de 13 % au total) à travers le Canada entre 1995-1996 et 2000-2001, il s’est de nouveau accru au cours des neuf années suivantes, à tel point qu’en 2009-2010, il avait rattrapé le niveau de 1995-1996. Les naissances ont toutefois diminué en 2010-2011 par rapport à l’année précédente, et ce, dans toutes les provinces, y compris le Québec.
En 2010-2011, le taux de nouveau-nés ayant un faible poids (allant de 500 à 2499 grammes) à la naissance s’élevait à 5,7 % au Québec, soit 0,4 point sous la moyenne canadienne. Le taux de naissances prématurées (avant la 37e semaine) survenues dans les hôpitaux québécois atteignait les 7,3 %, le seul taux parmi ceux relevés dans les différentes provinces canadiennes qui s’avère statistiquement inférieur au taux pancanadien de 7,9 %. Le taux de bébés plus petits que 90 % des bébés d’une population de référence du même âge gestationnel et du même sexe était de 8,5 %, tandis que le taux canadien se chiffrait à 8,7 %.
À l’instar de ce qui s’est passé à Terre-Neuve-et-Labrador et en Ontario, ce taux de nouveau-nés petits pour l’âge gestationnel s’est accru au Québec au cours des dernières années, passant de 7,8 % en 2006-2007 à 8,5 % en 2010-2011.
Moins de césariennes
Par ailleurs, la proportion de Québécoises ayant subi une césarienne pour la première fois s’élevait à environ 15 % chez les femmes âgées de moins de 35 ans et à 19 % chez celles de plus de 35 ans, des proportions nettement inférieures aux moyennes canadiennes.
Le Québec détient par contre le record canadien du taux d’anesthésie épidurale parmi les accouchements vaginaux. En fait, en 2010-2011, 70 % des accouchements vaginaux ont eu lieu sous épidurale au Québec. Ce taux est environ deux fois plus élevé que ceux du Manitoba (37,5 %) et de la Colombie-Britannique (32,5 %). Le porte-parole de l’ICIS, Claude Lemay, fait aussi remarquer qu’il existe de grandes disparités entre les différentes régions du Québec. Si, à Montréal, 72,3 % des femmes subissent une épidurale, sur la Côte-Nord, 40,4 % y ont recours. La capitale nationale, Québec, bat les records avec une proportion de 79 %, suivie de la région de Lanaudière, qui présente un taux de 76,9 %.
Selon M. Lemay, le recours à l’épidurale peut s’expliquer par « la préférence de la mère, le point de vue ou la recommandation du médecin accoucheur, ainsi que par l’accessibilité des services en anesthésie ».
Il croit que le haut taux d’épidurale au Québec serait davantage associé à « une question culturelle et de choix convenu entre la mère et le médecin. Contrairement à la césarienne, qui n’est pratiquée qu’en présence d’une indication médicale, il n’y a pas, sauf exception extraordinaire, de condition médicale qui exige le recours à l’épidurale. Et c’est probablement la raison pour laquelle on continue de voir des disparités régionales aussi grandes. On observerait probablement des taux assez similaires entre les différentes provinces s’il y avait des conditions médicales qui requéraient une épidurale », fait remarquer M. Lemay.








