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    Rapport du vérificateur général - Gestion à l’aveugle des CHSLD

    La mauvaise gestion des CHSLD entraîne des pertes de dizaines de millions de dollars par an, conclut le vérificateur général par intérim Michel Samson, après une enquête dans les régions de Montréal et de Québec. Il a déposé hier un rapport qualifié d’accablant par l’opposition.

    Le vérificateur général souligne plusieurs lacunes. Dans les seules régions de Montréal et de Québec, 827 patients pourraient habiter en ressource intermédiaire (RI) plutôt qu’en CHSLD. Cela permettrait d’économiser 27 millions de dollars, calcule le vérificateur général. Michel Samson souligne par ailleurs que la moitié des résidents des quatre RI qu’il a visitées pourrait demeurer à la maison si les soins à domicile étaient accessibles.


    De plus, malgré tous les efforts déployés, de plus en plus de patients en attente d’hébergement occupent des lits dans les hôpitaux, causant par effet domino l’engorgement des urgences et l’allongement des listes d’attente en chirurgie. Cette situation a connu une augmentation de 21 % entre 2006 et 2010 au Québec, selon le vérificateur général.


    Selon le vérificateur général, les tarifs d’hébergement pourraient être revus. « Je ne ferai pas de parallèle avec les droits de scolarité, a déclaré Michel Samson en conférence de presse, mais les contributions sont les mêmes depuis une quinzaine d’années. » Si les 61 % d’hébergés qui paient la contribution maximale assumaient le coût réel du gîte et du couvert, soit 2147 $ par mois plutôt que 1665 $ actuellement, 111 millions pourraient être récupérés, selon lui.


    Le ministre de la Santé s’est montré ouvert à une augmentation de tarifs, en point de presse. « Je ne suis pas certain que ça pourrait rapporter des montants aussi importants, mais s’il y a des iniquités à corriger, on va les corriger », a dit Yves Bolduc.

     

    Réactions


    À la période de questions, la chef de l’opposition officielle, Pauline Marois, a qualifié le rapport du vérificateur général de « dévastateur ». « Accablant », dit pour sa part la Coalition avenir Québec, qui dénonce la fermeture de 700 lits en CHSLD.


    Le ministre de la Santé soutient que le travail « est amorcé depuis quatre ans ». À propos de la longue liste d’attente pour une place en CHSLD, il a affirmé à la période des questions qu’« on ne peut pas faire mourir les patients plus rapidement ». Une remarque ironique, a tenu à préciser son attachée de presse ultérieurement.


    « La réalité, c’est que nous sommes en train d’ouvrir des ressources intermédiaires, réinjecter l’argent dans les soins à domicile, faire une meilleure évaluation des besoins par l’évaluation de l’autonomie », a dit Yves Bolduc en point de presse.

    ***

    Sans appel d’offres

    Un contrat de 20 ans de 18 millions de dollars par an, octroyé sans appel d’offres par l’Agence de la santé de la Capitale-Nationale à la résidence Côté jardins en échange de 174 lits, fait également sourciller le vérificateur général. L’agence évoque « l’urgence » dans laquelle cette décision a été prise en 2007 : les urgences de la région de Québec débordaient et les lits de Côté jardins étaient disponibles rapidement. Aussi, dit la conseillère en communication de l’Agence, Pascale St-Pierre, pour expliquer la durée prolongée du contrat, « cela a permis d’attirer un partenaire privé et de négocier le prix ». « Ça peut se défendre, mais le contrat aurait dû être moins long et lancer un appel d’offres ensuite », estime le vérificateur général Michel Samson. Pour le ministre de la Santé, Yves Bolduc, « l’Agence a l’autonomie pour prendre ce type de décision », mais « le délai de 20 ans semble long ». Il a précisé qu’il comptait « questionner » l’agence à ce sujet.













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