Québec néglige la gestion des CHSLD, selon le vérificateur général
Dans un rapport accablant rendu public aujourd'hui, le vérificateur général par intérim, Michel Samson, énumère toute une série de lacunes observées dans la gestion des Centres d'hébergement de soins de longue durée (CHSLD), le tout ayant pour effet de miner la qualité du service offert aux personnes âgées ne pouvant plus prendre soin d'elles-mêmes.
Malgré ses engagements, Québec tarde à implanter certaines mesures promises depuis sept ans, déplore le vérificateur. Ainsi, une proportion importante des mesures incluses dans le plan d'action 2005-2010 ne sont toujours pas en place, en tout ou en partie.
Et comme on a omis de tracer un portrait général des besoins, il est bien difficile de distribuer les ressources d'hébergement de façon optimale, dit-il. Conséquemment, les ressources disponibles sur le terrain ne correspondent pas nécessairement aux besoins de la population.
«Actuellement, les usagers sont davantage hébergés selon la disponibilité des ressources plutôt qu'en fonction de leurs besoins», peut-on lire dans le rapport. Ainsi, certaines personnes attendent une place dans un établissement destiné en fait à une clientèle plus lourde que ne requiert leur condition. Pire, on peut devoir attendre entre cinq mois et quatre ans pour obtenir enfin la place souhaitée.
Faute de places suffisantes, les aînés incapables de rester à la maison encombrent les lits d'hôpitaux normalement réservés aux soins de courte durée. Le vérificateur général a noté en trois ans une augmentation de 21 pour cent d'utilisation des lits de courte durée pour des vieux qui devraient normalement se retrouver en CHSLD.
De plus, la qualité et la quantité des services peuvent varier beaucoup d'un endroit à l'autre, nommément le nombre d'heures de soins consacré à chaque usager, et ce, «sans que les écarts aient été expliqués». Par exemple, la nuit, le week-end, le nombre moyen de minutes consacrées aux soins quotidiens d'un usager peut varier entre 10 et 32 d'un CHSLD à l'autre, un écart de 222 %.
Le contrôle de la qualité par le gouvernement est à l'avenant. Certains établissements n'ont fait l'objet d'aucune visite d'inspection depuis 2009. Pourtant, Québec consacre 2,9 milliards de fonds publics pour prendre en charge cette clientèle, qui compte parmi les plus vulnérables de la société. De plus, le processus d'attribution de contrats aux promoteurs privés ne respecte pas nécessairement la réglementation en place.
Pas moins de trois ministres sont responsables du dossier: Yves Bolduc (Santé et services sociaux), Dominique Vien (Déléguée aux services sociaux) et Marguerite Blais (Responsable des aînés).
Interpellés en Chambre par les partis d'opposition, les membres du gouvernement ont fait valoir pour leur défense qu'ils misaient d'abord et avant tout sur l'ajout de places en ressources intermédiaires et l'augmentation des budgets versés aux soins à domicile pour permettre aux personnes âgées de demeurer chez elles le plus longtemps possible. M. Bolduc a expliqué les délais d'attente pour une place en CHSLD de façon assez particulière. «On ne peut pas faire mourir les patients plus rapidement», a commenté le ministre Bolduc.
Par Jocelyne Richer








