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La FIQ réclame la tenue d’états généraux

La fédération célèbre cette année ses 25 ans d’existence

19 mai 2012 | Réginald Harvey | Santé
La présidente de la FIQ, Régine Laurent
Photo : Jacques Grenier - Le Devoir La présidente de la FIQ, Régine Laurent
En cette année du 25e anniversaire de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), sa présidente, Régine Laurent, parcourt le Québec dans un esprit festif à l’occasion du mois de la santé ; elle invite ses membres à « prendre soin d’eux ». Elle n’a pourtant pas que le coeur à la fête, un quart de siècle plus tard : elle est lasse de taper toujours sur les mêmes clous sans obtenir les résultats escomptés.

Interpellée sur les défis actuels qui se présentent en santé et pour le mouvement syndical, Régine Laurent profite de cet anniversaire pour formuler en priorité et avec conviction un souhait : « Est-il possible d’arrêter ? Arrêt sur l’image, s’il vous plaît ! Peut-on le faire enfin et regarder vraiment ce qui se fait et comment ça se fait ? Est-ce que ça répond aux besoins des patients à moitié ou en totalité ? Quelles sont les améliorations qu’on peut apporter ? Qu’est-ce qui se passe dans la communauté ? Traite-t-on de façon adéquate les personnes âgées ? »


Elle insiste et pose le constat que le temps est venu d’une réflexion en profondeur : « Il faut s’arrêter ! Nous avons besoin d’un grand questionnement, et c’est l’un de mes rêves que de voir les différents acteurs sur le terrain, peu importe leur mission, prendre un temps d’arrêt afin de tenir des états généraux sur la santé. » Et, pour la suite des choses, elle adopte cette position : « Une fois ceux-ci tenus, peu importe le ministre qui va arriver au gouvernement, on maintient le cap sur les choix qu’on a faits. »


Elle fournit un meilleur éclairage sur sa pensée : « Il faut prospecter pour savoir vers où on veut s’en aller. Les CLSC, quels sont leurs rôles ? On doit les définir et, une fois que c’est décidé, je refuse que le prochain ministre arrive en me disant que son dada c’est autre chose. Encore une fois, je le répète, il faut qu’on arrête, car, depuis 1995, on fait virer le réseau dans tous les sens. Ça suffit ! Et tel est mon premier souhait en cet anniversaire. »


À partir de là, elle consent à aborder certains dossiers ; il lui apparaît que, ce qui est important pour la population, c’est la première ligne : « Ce n’est vraiment pas tout le monde qui a besoin de se ramasser à l’urgence, mais, comme il n’y a pas d’autres endroits où se diriger, c’est là que vont les gens. » Quelle est la solution ? « Elle passe par les médecins de famille, mais ça peut aussi vouloir dire d’avoir la présence d’infirmières dans la communauté, parce qu’il y a tout de même une proportion assez importante de la population qui souffre de maladies chroniques ; les infirmières peuvent donc effectuer un suivi auprès de ces gens dans leur milieu, en lien avec les médecins. Je crois aussi qu’on peut effectuer plus de suivi qu’on en fait actuellement en ce qui concerne les personnes âgées. »


Elle résume en trois points ce qui figure, à son avis, au coeur même des préoccupations des patients : « La première ligne, les maladies chroniques et la prise en charge des personnes âgées pour leur dispenser les soins requis. C’est ce qui m’apparaît majeur pour l’instant. »


Elle soulève un autre aspect de la problématique qui apporte du sable dans l’engrenage du réseau : « La loi 90 modifiant le Code des professions n’est toujours pas en application partout et à pleine capacité, ce qui a un impact important sur les professionnels en soins, mais aussi sur les patients et sur la prise en charge. On doit aussi revoir toute la structure des postes ; on est en période de pénurie et il y a encore des employeurs qui affichent des postes à deux jours par semaine ; c’est une pratique qui se poursuit malheureusement. »



Privatisation «insidieuse»


À titre d’organisation syndicale, la Fédération ne peut rester insensible à la privatisation qui s’insinue dans le système des soins de santé sous différentes formes. Régine Laurent dénonce les démarches qui vont dans ce sens-là : « Il y a toute la question de la main-d’oeuvre indépendante qui en est un des aspects, mais il y a également la privatisation insidieuse qui est due, entre autres, au sort réservé aux personnes âgées ; ce n’est pas quelque chose d’inéluctable et je le vois comme un défi pour le réseau, parce qu’il y a là des choix politiques et de société qu’on doit exercer. » Devant les gains que le secteur privé ne cesse d’enregistrer de manière directe ou par la bande, elle se montre convaincue que le véritable engagement consiste à renforcer le réseau public plutôt que de l’affaiblir : « C’est possible d’y arriver et il y a des choses intéressantes qui se font quotidiennement dans ce sens-là. »


Une fois ces sujets abordés, la question se pose tout naturellement : comment arriver finalement à trouver les moyens de remettre le réseau sur ses rails une fois pour toutes ? La présidente affiche ses couleurs : « Je vous dirais très honnêtement que ça prend peut-être un ministre de la Santé et un gouvernement qui ont le courage de le faire. »


Elle se refuse à blâmer les structures actuellement en place : « Le problème majeur ne vient pas des agences, quoi-qu’elles pourraient être allégées. Par contre, il y a une difficulté majeure sur le plan de la gestion des établissements ; on voit là des aberrations, et je crois qu’il faut insuffler dans le réseau une nouvelle philosophie de gestion en tenant compte des patients. Mais aussi d’une façon beaucoup plus respectueuse de se comporter envers les ressources humaines dans le réseau. »


Et Mme Laurent revient au point de départ : « Il est nécessaire de s’arrêter et de tenir des états généraux pour tracer les lignes directrices et pour savoir vers où on s’en va réellement. » Il existe des gens de terrain compétents qui seraient en mesure d’apporter leur contribution au sein d’un tel débat élargi et de contribuer à fixer des orientations.


 
 
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