Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    Première stratégie pancanadienne - Une révolution proposée en santé mentale

    Enfants, travailleurs, adolescents, femmes, membres des premières nations, autochtones… Tous peuvent souffrir d’une maladie mentale, et tous les acteurs de la société sont interpellés par la stratégie.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Enfants, travailleurs, adolescents, femmes, membres des premières nations, autochtones… Tous peuvent souffrir d’une maladie mentale, et tous les acteurs de la société sont interpellés par la stratégie.
    Quelques recommandations parmi une centaine
    • Multiplier les programmes de dépistage des retards de développement, affectifs et sociaux chez les nourrissons et les enfants en bas âge et offrir une gamme de services et de formes de soutien pour les traiter.
    • Créer des occasions d’embauche pour les personnes ayant des troubles mentaux ou une maladie mentale à tous les niveaux du système de santé mentale.
    • Faciliter l’accès à des programmes pour détourner les personnes ayant des troubles mentaux ou une maladie mentale du système correctionnel.
    • Appuyer les efforts des communautés nordiques et éloignées en vue de concevoir et de mettre en œuvre des programmes et des initiatives en santé mentale adaptés au contexte de ces régions.
    Après cinq ans de consultation et de recherche, la Commission de la santé mentale du Canada dépose aujourd’hui la toute première stratégie pancanadienne en matière de santé mentale, dont les très nombreuses recommandations interpellent tant les provinces qu’Ottawa ou même le milieu communautaire.

    Les auteurs de la stratégie en appellent à une transformation en profondeur des soins en santé mentale au pays. Le sous-financement chronique transforme selon eux les prisons en « asiles du XXIe siècle ». Les soins « fragmentés et sous-financés » ne répondent pas aux besoins de la population. Pourtant, ils devraient être à la hauteur de ceux offerts aux personnes atteintes de cancer ou d’une maladie cardiaque, peut-on lire dans le document intitulé Changer les orientations, changer des vies : Stratégie en matière de santé mentale pour le Canada.


    La part du budget de la santé consacrée à la santé mentale devrait passer de 7 à 9 % d’ici 2022, stipule la stratégie. Le financement de programmes sociaux dédiés à la santé mentale devrait lui aussi augmenter de 2 %. Et l’argent frais ne suffit pas : la commission en appelle à une véritable révolution, peut-on constater en prenant connaissance de la centaine de recommandations. Les responsables estiment que leur implantation complète coûterait plus de 4 milliards aux gouvernements sur dix ans.


    Au Québec, c’est 6 % du budget du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) qui est consacré à la santé mentale, selon les données de 2009-2010 fournies hier par la porte-parole du ministère. Le MSSS dispose par ailleurs déjà d’un Plan d’action en santé mentale. N’ayant pas pris connaissance de la stratégie, le ministre n’a pas souhaité commenter les actions que pourrait entreprendre Québec pour y répondre.


    Le Canada est le dernier pays du G8 à se doter d’une telle stratégie, et la commission en appelle à un leadership à l’échelle pancanadienne. Ottawa a laissé entendre qu’il pourrait soutenir le projet, selon La Presse canadienne. La ministre fédérale de la Santé Léona Aglukkaq sera d’ailleurs présente ce matin au dévoilement officiel.

     

    Durs constats, recommandations détaillées


    Les auteurs du rapport exhaustif, Michael Kirby, le Dr David Goldbloom et Louise Bradley, se font à la fois très sévères, mais constructifs, dans leurs constats parfois durs, en les accompagnant de solutions détaillées.


    « Malheureusement, il n’y a pas de formule magique pour créer un système véritablement intégré », écrivent-ils. Sans brandir la baguette du magicien, ils détaillent un plan d’action exhaustif, fruit de la consultation de milliers de personnes sur cinq ans.


    La santé mentale des prisonniers les inquiète particulièrement : ils font de ce volet une priorité phare. La désinstitutionnalisation était certes nécessaire, jugent-ils. Mais « notre échec, écrivent-ils, a consisté à ne pas remplacer les soins en établissement par des services en quantité suffisante dans la communauté ». Bref, comme substitut à l’asile, on a offert l’itinérance, la prison et la marginalisation.


    Recommandations : d’une part, consacrer plus d’effort pour éviter la judiciarisation des personnes présentant un trouble mental ou une maladie mentale et, d’autre part, combler les lacunes dans les services qui sont offerts en cette matière dans le système carcéral.


    Enfants, travailleurs, adolescents, femmes, membres des premières nations, autochtones… Tous peuvent souffrir d’une maladie mentale, et tous les acteurs de la société sont interpellés par la stratégie. « Ce ne sera pas chose facile », concèdent les auteurs, « mais nous croyons qu’il se présente aujourd’hui une occasion historique d’améliorer le système ».













    Envoyer
    Fermer

    Articles les plus : Populaires|Aimés
    Articles les plus : Populaires|Aimés
    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.