Santé: gare aux visées de Harper
«On devra gérer correctement sinon le système public tombe», estime le Dr Barrette
Québec — Le gouvernement du Québec doit revoir en profondeur la gestion du système de santé, sinon le recours au privé est inévitable en raison des visées de Stephen Harper.
C'est du moins l'opinion du président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), le Dr Gaétan Barrette, qui a évoqué hier dans une entrevue au Devoir «un sentiment d'urgence». «Ce qui est inquiétant, ce sont les allusions que le premier ministre Harper a faites quant à la possible modification de la Loi canadienne sur la santé, a signalé Gaétan Barrette. On a pris ça comme étant un signal très important nous enjoignant à nous préparer. Attachez vos ceintures.»
Dans cinq ans, le gouvernement Harper limitera l'augmentation des transferts fédéraux en santé à la croissance nominale de l'économie, sujet à un minimum de 3 %, un niveau bien moindre que la croissance annuelle de 6 % garantie à l'heure actuelle. «La population doit comprendre que si le statu quo demeure au Québec, comme ailleurs au Canada, en terme de gestion, ce ne sera pas beau», estime-t-il. Privé de sommes importantes en provenance d'Ottawa, le système de santé sera sous pression. «On s'en va vers un contexte où on devra gérer correctement sinon le système public tombe», a avancé le Dr Barrette.
Dans un numéro hors série de sa revue Le Spécialiste qui vient de paraître, la FMSQ dénonce la mauvaise gestion du réseau de la santé, l'inefficacité des 18 agences régionales de santé et de services sociaux et les listes d'attente qui ne cessent de s'allonger pour les chirurgies. Le numéro revient sur les multiples rapports qui ont porté sur le système de santé au Québec et sur les déclarations des ministres de la Santé depuis Thérèse Lavoie-Roux dans les années 80.
Les idées de la CAQ
Fait à souligner: François Legault manque à l'appel, lui qui a été titulaire du ministère de la Santé et des Services sociaux de janvier 2002 à avril 2003. À l'émission radiophonique Dutrizac hier midi, Gaétan Barrette, pressé par l'animateur, a dit qu'il n'y avait qu'une seule décision prise par un ministre de la Santé qui trouve grâce à ses yeux, c'est une mesure mise en oeuvre par François Legault, les Activités médicales particulières (AMP), un règlement qui forçait les médecins à assurer une présence dans les urgences en région.
Quand on lui demande s'il a conseillé François Legault, il se montre évasif en alléguant que les idées qu'il défend aujourd'hui sont les mêmes que celles qu'il défend depuis 2006 au nom de la FMSQ. «Ma pensée, elle est publique», a-t-il dit. Mais il reconnaît que la Coalition avenir Québec a repris ces idées. «Il y a un parti qui semble être en accord avec les vues que j'exprime depuis 2006.» Se présentera-t-il en politique? «À un moment donné, ça pourrait me tenter», a-t-il laissé tomber. Mais à d'autres moments, il en est moins sûr.
Même s'il affirme qu'il ne veut pas personnaliser le débat, le Dr Barrette n'est pas tendre à l'égard du ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc. «Lui, ce qu'il dit, ce n'est pas ce que moi je vois et ce que le public voit. Le ministre fait l'erreur de la microgestion», juge-t-il. Une fois qu'il est passé, «ça revient à la case départ».
C'est du moins l'opinion du président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), le Dr Gaétan Barrette, qui a évoqué hier dans une entrevue au Devoir «un sentiment d'urgence». «Ce qui est inquiétant, ce sont les allusions que le premier ministre Harper a faites quant à la possible modification de la Loi canadienne sur la santé, a signalé Gaétan Barrette. On a pris ça comme étant un signal très important nous enjoignant à nous préparer. Attachez vos ceintures.»
Dans cinq ans, le gouvernement Harper limitera l'augmentation des transferts fédéraux en santé à la croissance nominale de l'économie, sujet à un minimum de 3 %, un niveau bien moindre que la croissance annuelle de 6 % garantie à l'heure actuelle. «La population doit comprendre que si le statu quo demeure au Québec, comme ailleurs au Canada, en terme de gestion, ce ne sera pas beau», estime-t-il. Privé de sommes importantes en provenance d'Ottawa, le système de santé sera sous pression. «On s'en va vers un contexte où on devra gérer correctement sinon le système public tombe», a avancé le Dr Barrette.
Dans un numéro hors série de sa revue Le Spécialiste qui vient de paraître, la FMSQ dénonce la mauvaise gestion du réseau de la santé, l'inefficacité des 18 agences régionales de santé et de services sociaux et les listes d'attente qui ne cessent de s'allonger pour les chirurgies. Le numéro revient sur les multiples rapports qui ont porté sur le système de santé au Québec et sur les déclarations des ministres de la Santé depuis Thérèse Lavoie-Roux dans les années 80.
Les idées de la CAQ
Fait à souligner: François Legault manque à l'appel, lui qui a été titulaire du ministère de la Santé et des Services sociaux de janvier 2002 à avril 2003. À l'émission radiophonique Dutrizac hier midi, Gaétan Barrette, pressé par l'animateur, a dit qu'il n'y avait qu'une seule décision prise par un ministre de la Santé qui trouve grâce à ses yeux, c'est une mesure mise en oeuvre par François Legault, les Activités médicales particulières (AMP), un règlement qui forçait les médecins à assurer une présence dans les urgences en région.
Quand on lui demande s'il a conseillé François Legault, il se montre évasif en alléguant que les idées qu'il défend aujourd'hui sont les mêmes que celles qu'il défend depuis 2006 au nom de la FMSQ. «Ma pensée, elle est publique», a-t-il dit. Mais il reconnaît que la Coalition avenir Québec a repris ces idées. «Il y a un parti qui semble être en accord avec les vues que j'exprime depuis 2006.» Se présentera-t-il en politique? «À un moment donné, ça pourrait me tenter», a-t-il laissé tomber. Mais à d'autres moments, il en est moins sûr.
Même s'il affirme qu'il ne veut pas personnaliser le débat, le Dr Barrette n'est pas tendre à l'égard du ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc. «Lui, ce qu'il dit, ce n'est pas ce que moi je vois et ce que le public voit. Le ministre fait l'erreur de la microgestion», juge-t-il. Une fois qu'il est passé, «ça revient à la case départ».
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