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Santé: gare aux visées de Harper

«On devra gérer correctement sinon le système public tombe», estime le Dr Barrette

Robert Dutrisac   25 janvier 2012  Santé
Québec — Le gouvernement du Québec doit revoir en profondeur la gestion du système de santé, sinon le recours au privé est inévitable en raison des visées de Stephen Harper.

C'est du moins l'opinion du président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), le Dr Gaétan Barrette, qui a évoqué hier dans une entrevue au Devoir «un sentiment d'urgence». «Ce qui est inquiétant, ce sont les allusions que le premier ministre Harper a faites quant à la possible modification de la Loi canadienne sur la santé, a signalé Gaétan Barrette. On a pris ça comme étant un signal très important nous enjoignant à nous préparer. Attachez vos ceintures.»

Dans cinq ans, le gouvernement Harper limitera l'augmentation des transferts fédéraux en santé à la croissance nominale de l'économie, sujet à un minimum de 3 %, un niveau bien moindre que la croissance annuelle de 6 % garantie à l'heure actuelle. «La population doit comprendre que si le statu quo demeure au Québec, comme ailleurs au Canada, en terme de gestion, ce ne sera pas beau», estime-t-il. Privé de sommes importantes en provenance d'Ottawa, le système de santé sera sous pression. «On s'en va vers un contexte où on devra gérer correctement sinon le système public tombe», a avancé le Dr Barrette.

Dans un numéro hors série de sa revue Le Spécialiste qui vient de paraître, la FMSQ dénonce la mauvaise gestion du réseau de la santé, l'inefficacité des 18 agences régionales de santé et de services sociaux et les listes d'attente qui ne cessent de s'allonger pour les chirurgies. Le numéro revient sur les multiples rapports qui ont porté sur le système de santé au Québec et sur les déclarations des ministres de la Santé depuis Thérèse Lavoie-Roux dans les années 80.

Les idées de la CAQ

Fait à souligner: François Legault manque à l'appel, lui qui a été titulaire du ministère de la Santé et des Services sociaux de janvier 2002 à avril 2003. À l'émission radiophonique Dutrizac hier midi, Gaétan Barrette, pressé par l'animateur, a dit qu'il n'y avait qu'une seule décision prise par un ministre de la Santé qui trouve grâce à ses yeux, c'est une mesure mise en oeuvre par François Legault, les Activités médicales particulières (AMP), un règlement qui forçait les médecins à assurer une présence dans les urgences en région.

Quand on lui demande s'il a conseillé François Legault, il se montre évasif en alléguant que les idées qu'il défend aujourd'hui sont les mêmes que celles qu'il défend depuis 2006 au nom de la FMSQ. «Ma pensée, elle est publique», a-t-il dit. Mais il reconnaît que la Coalition avenir Québec a repris ces idées. «Il y a un parti qui semble être en accord avec les vues que j'exprime depuis 2006.» Se présentera-t-il en politique? «À un moment donné, ça pourrait me tenter», a-t-il laissé tomber. Mais à d'autres moments, il en est moins sûr.

Même s'il affirme qu'il ne veut pas personnaliser le débat, le Dr Barrette n'est pas tendre à l'égard du ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc. «Lui, ce qu'il dit, ce n'est pas ce que moi je vois et ce que le public voit. Le ministre fait l'erreur de la microgestion», juge-t-il. Une fois qu'il est passé, «ça revient à la case départ».
 
 
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  • Jean-Michel Picard
    Inscrit
    mercredi 25 janvier 2012 08h03
    le temps de le dire et le temps de le faire
    Séparons-nous de ce Canada pourri pendant qu'il en est encore temps.

  • Denis Gobeille
    Abonné
    mercredi 25 janvier 2012 09h01
    Et oui! l'État va devoir agir.
    Et oui! l'État va devoir modifier même le mode de rémunération des médecins. Finis le paiement à l'acte qui génère la course à l'argent et le travail mal fait. Souvenez-vous de ces radiologistes qui font plus de 5000 radiographies par année. Les diagnostics étaient tellement mal faits que le Collège des médecins a ordonné de les refaire.

    La qualité ne dépend pas seulement des individus impliqués. Ici le système de rémunération ne valorise pas la qualité, mais l'acte: la production de masse.

    Dans le monde industriel, ce changement a été amorcé depuis longtemps. Les scientifiques des relations industrielles savent que la rémunération au rendement est une des principales causes d'accidents et du travail bâclé.
    Pour produire un service de qualité, il faut que l'organisation du travail vise un même objectif, avec des valeurs solides et acceptées par le groupe.

    Actuellement, au Québec, les médecins ne veulent rien changer: le système est trop rentable pour eux. Ils refusent l'informatisation des dossiers médicaux pour que personne ne puisse contrôler leur travail et ils profitent au maximum de la fiscalité des entreprises (mais ils agissent comme les syndicats internationaux). En plus, l'État leur paie tout le reste, même une formation universitaire de pointe.

  • Louise Hurteau
    Abonnée
    mercredi 25 janvier 2012 09h35
    @jean-michel picard
    Cela ne fera pas apparaître l'argent dans les coffres pour défrayer le coût du système de santé. je suis absolument d'accord avec M. Barette, le système est embourbée, inefficace et coûteux - et les employés, de la secrétaire aux médecins, ont oubliés qu'ils dispensent un service à une clientèle pas un patient. Moi je voterais bien pour lui comme ministre de la santé !

  • Louise Hurteau
    Abonnée
    mercredi 25 janvier 2012 09h39
    Harper et le NCC
    Tous semble oublié que Harper jusqu'à maintenant, a oeuvré pour le NCC - le National Citizens Coalition - qu'il a présidé entre 1997 et 2002.

    Les objectifs du NCC depuis 40 ans sont :

    L'abolition du long census - Fait
    L'abolition de l'agence de blé Canadienne - Fait
    L'abolition du système de santé public - en cours on dirait ....

    Harper et ses réformistes, de toute évidence, ne réalise pas que ceux qui signent leur chèque de paie n'est plus le National Citizens Coalition ou la Fraser Institute - tout deux lobby de droite - mais bien les citoyens canadiens !

  • Francois
    Inscrit
    mercredi 25 janvier 2012 10h28
    Priorité, la santé des libéraux
    C'était la priorité des libéraux la santé et ils n'ont rien réglé. Maintenant c'est l'économie leur priorité, ça promet. Ils ne respectent pas leurs engagements et disent n'importe quoi aux citoyens pour faire croire qu'ils ont des solutions en main. Ils nous ont démontré plutôt leur incompétence jusqu'à maintenant. Raison plus de choisir la souveraineté et gérer nous-mêmes nos institutions. Nos impôts fédéraux ne seront pas allégés. Mais quand la majorité des Québécois mettront le poing sur la table et dire ça suffit? On a besoin d'un sacré gros électrochoc pour se brandir.

  • Jacques Patenaude
    Abonné
    mercredi 25 janvier 2012 10h45
    Il ne faut pas être naif
    «Ce qui est inquiétant, ce sont les allusions que le premier ministre Harper a faites quant à la possible modification de la Loi canadienne sur la santé, a signalé Gaétan Barrette. »

    À ceux qui croient que la volonté de Harper est de respecter la compétence des provinces, le docteur Barette indique la vrai stratégie de Harper. Il a mis sur la table une proposition dont l'objectif est de diviser les provinces entre elle. Par la suite, ils leur signale qu'ils doivent s'entendre entres elles si elles veulent que le fédéral y change quelque chose. Comme on le sait Harper a toujours une idée bien précise de ce qu'il veut et il sait l'imposer. Lorsque les provinces avec leur «consensus» reviendront le voir, gageons qu'il aura des propositions assez précises à leur soumettre. Avec cette stratégie il aura déamorcé le discours des provinces qui invoque le respect de leur compétences. Après tout elles l'auront "invité" à en discuter. Pour le Québec c'est un piège particulièrement dangereux. Si le Québec ne participe pas à la «concertation» des provinces il aura peur d'être le perdant, s'il y participe ça signifie dans les faits une renonciation implicite à revendiquer le retrait du fédéral de ce champs de compétence provincial car il sera partie prenante de la demande d'intervention.

    Harper a le même objectif que Jean Chrétien et Allan Rock, soit imposer sa vision fédérale de la santé mais il utilise une stratégie inverse.

    Pour le Québec la seule façon de s'en sortir c'est d'exiger que le fédéral procède par un transfert de points d'impôt y compris les sommes du ministère de la santé affectées à l'application de la loi fédérale.

  • homocalculus
    Inscrit
    mercredi 25 janvier 2012 11h06
    Services de santé vs Harper vs Barrette vs Bolduc, vs...la population
    Bon, c'est vrai qu'il y a plusieurs problèmes: la gestion, le ratio cadres/employés, l'informatique qui ne démarre pas, le salaires des médecins ( ils contrôlent l'offre et la demande et quand on a un BOBO, le prix n'a plus d'importance...), les budgets , la...faiblesse du ministre Bolduc, , les nombreux syndicats, le public vs privé, les profits extravagants des pharmaceutiques, etc. etc.

    Un autre point: la santé est selon la constitution, de juridiction provinciale et le fédéral a "empiété" ce domaine à un moment donné, collectant nos impôts et en...redistribuant les sommes (politiquement) aux provinces. Quand le Politique se mêle de "gérer" des professions pointues, c'est le chaos...
    Que faire? Faudrit voir la "compréhension" du Ministre Bolduc et du PLQ à ce sujet... WOW! Politique encore... et les élections et le budget qui arrivent bientôt! On n'en sort jamais mais, fédéral ou provincial, c'est toujours nous qui payons...
    Amen
    HOMOCALCULUS
    maurice.bernard@videotron.ca

  • Franfeluche
    Abonné
    mercredi 25 janvier 2012 11h45
    Où est la logique ?
    Dr. Barrette parle dans son article d'hier que les coûts de la santé ont explosé de telle sorte qu'il faut les réduire. Comme solution, il propose au nom de la compétition avec le reste de l'Amérique du Nord, d'augmenter la rémunération des spécialistes ????

  • Francois Dorion
    Abonné
    mercredi 25 janvier 2012 12h48
    Changement? quel changement?
    En Chine, on paye traditionnellement le médecin quand le patient est guéri.
    Hippocrate faisit du bien du patient l'articulation de son enseignement et de son corps de médecin, dont était expulsé celui qui ne respectait pas le serment.
    Au Canada, on paye le médecin à l'acte, peu importe le sort du patient, et on tolère l'erreur médicale si elle est pratiquée par la majorité de la profession.
    Parfois la tradition n'est pas si bête.

  • Obervateur
    Inscrit
    mercredi 25 janvier 2012 14h05
    Santé versus Armée
    Il semble que le gouvernement Harper ait choisi le côté "grenouille" pour parodier la célèbre fable de LaFontaine.

    Les faits: $35 milliards pour des bateaux, plus de $30 milliards pour des F-35. La "grenouille" commence à grossir et veut se donner des airs de magnificence.

    Où prendre l'argent? Le Régime Public de Santé semble un bon choix pour continuer, toujours selon la "grenouille". Surtout après avoir réduit la TPS de 2% et avoir abaisser les impôts touchant principalement les plus riches.

    Il serait temps que le "boeuf" écrase la "grenouille".

  • pascal lachance
    Abonné
    mercredi 25 janvier 2012 16h07
    Monsieur Gobeille a fort raison
    Monsieur Gobeille a fort raison. De plus, selon l'Ordre des Pharmaciens et Pharmaciennes du Québec. Une prescription sur 3 est erronée. La gestion de leurs entreprises passe au devant de soins de qualité

  • john fitzpatrick
    Inscrit
    mercredi 25 janvier 2012 17h32
    Santé et souveraineté
    Ceux qui prônent la souveraineté par rapport à cette question vivent dans les nuages.

    C'est justement notre appartenance au Canada, et le 4.5 milliards de péréquation NETTE qu'elle rapporte au Québec, qui permet de maintenir nos impôts à un niveau concurrentiel tout en dépensant beaucoup pour la protection sociale, un système d'éducation de qualité, une couverture de santé universelle, etc.

    Ce n'est pas la souveraineté qui va changer le fait qu'augmenter annuellement de 6% les dépenses en santé alors que l'économie croît à 3% n'est pas durable à long terme.

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