Offensive contre les boissons sucrées
La Coalition québécoise sur la problématique du poids réclame une réglementation plus sévère de la part de Santé Canada
Photo : Agence France-Presse
Les boissons sucrées, qu’elles soient vitaminées, énergisantes ou d’autres appellations toutes plus imaginatives les unes que les autres, sont essentiellement composées d’eau... et de sucre.
Armée d'études universitaires, la Coalition québécoise sur la problématique du poids poursuit son offensive contre les boissons sucrées et demande à Santé Canada de durcir sa réglementation.
«Les messages de santé publique, c'est David contre Goliath», selon Suzie Pellerin, directrice de la Coalition. C'est pourquoi elle estime nécessaire un recours à une réglementation plus sévère.
Sortir certains produits de la catégorie «produits de santé naturelle» pour les placer sur le même pied que les aliments, s'assurer que les emballages informent avant de séduire, créer un groupe de travail sur le sucre à l'instar de celui qui s'est attaqué aux gras trans et limiter la teneur en caféine: voilà des pas dans la bonne direction que Santé Canada pourrait faire pour contrer le marketing accrocheur, surtout auprès des jeunes, de l'industrie.
Noms évocateurs, emballages roses pour les adolescentes et promesses de performance pour les jeunes sportifs: les distributeurs ont compris que, pour séduire les jeunes, il fallait leur offrir autre chose que la classique canette rouge et blanche.
«Ils veulent établir une relation du berceau au tombeau et fidéliser les consommateurs tôt», observe Mme Pellerin.
Eau + sucre + marketing
Les boissons sucrées, qu'elles soient vitaminées, énergisantes ou d'autres appellations toutes plus imaginatives les unes que les autres, sont essentiellement composées d'eau... et de sucre. Beaucoup de sucre, pour une moyenne de sept cuillerées à café par canette de 335 ml.
Les boissons vitaminées, comme les Vitamin Water, posent un problème particulier, selon la chercheuse en nutrition à l'Université Laval Véronique Provencher. Malgré l'ajout de vitamines, «elles n'améliorent pas l'apport alimentaire», mais elles gonflent certainement celui en calories vides. Ces boissons, de plus, sont vendues comme produits de santé naturelle. N'étant pas soumises aux lois sur les aliments, elles n'exigent aucun étiquetage nutritionnel. «Elles ont un halo santé qui induit en erreur», déplore Mme Provencher.
Si l'industrie n'apprécie pas nécessairement le ton de la Coalition, elle croit que certaines de ses propositions valent qu'on s'y attarde. Étiqueter les produits vitaminés ou les boissons énergisantes comme aliments plutôt que comme produits de santé naturelle en fait partie. «On est en faveur de la transparence [sur le contenu nutritionnel et les calories] des produits», indique Martin-Pierre Pelletier, de l'Association des emballeurs de boissons gazeuses du Québec. Mais il préconise le libre choix des consommateurs, qui selon lui sont de plus en plus nombreux à choisir les versions diètes.
***
Des jeunes au goût sucré
Proportion d'adolescents qui boivent régulièrement
des boissons à saveur de fruit: 61 %
des boissons gazeuses: 44 %
des boissons pour sportifs: 28 %
des boissons énergisantes: 7 % (à l'occasion: 35 %)
Source: Coalition québécoise sur la problématique du poids et Réseau du sport étudiant du Québec: enquête chez 10 000 jeunes de 13 à 17 ans.
«Les messages de santé publique, c'est David contre Goliath», selon Suzie Pellerin, directrice de la Coalition. C'est pourquoi elle estime nécessaire un recours à une réglementation plus sévère.
Sortir certains produits de la catégorie «produits de santé naturelle» pour les placer sur le même pied que les aliments, s'assurer que les emballages informent avant de séduire, créer un groupe de travail sur le sucre à l'instar de celui qui s'est attaqué aux gras trans et limiter la teneur en caféine: voilà des pas dans la bonne direction que Santé Canada pourrait faire pour contrer le marketing accrocheur, surtout auprès des jeunes, de l'industrie.
Noms évocateurs, emballages roses pour les adolescentes et promesses de performance pour les jeunes sportifs: les distributeurs ont compris que, pour séduire les jeunes, il fallait leur offrir autre chose que la classique canette rouge et blanche.
«Ils veulent établir une relation du berceau au tombeau et fidéliser les consommateurs tôt», observe Mme Pellerin.
Eau + sucre + marketing
Les boissons sucrées, qu'elles soient vitaminées, énergisantes ou d'autres appellations toutes plus imaginatives les unes que les autres, sont essentiellement composées d'eau... et de sucre. Beaucoup de sucre, pour une moyenne de sept cuillerées à café par canette de 335 ml.
Les boissons vitaminées, comme les Vitamin Water, posent un problème particulier, selon la chercheuse en nutrition à l'Université Laval Véronique Provencher. Malgré l'ajout de vitamines, «elles n'améliorent pas l'apport alimentaire», mais elles gonflent certainement celui en calories vides. Ces boissons, de plus, sont vendues comme produits de santé naturelle. N'étant pas soumises aux lois sur les aliments, elles n'exigent aucun étiquetage nutritionnel. «Elles ont un halo santé qui induit en erreur», déplore Mme Provencher.
Si l'industrie n'apprécie pas nécessairement le ton de la Coalition, elle croit que certaines de ses propositions valent qu'on s'y attarde. Étiqueter les produits vitaminés ou les boissons énergisantes comme aliments plutôt que comme produits de santé naturelle en fait partie. «On est en faveur de la transparence [sur le contenu nutritionnel et les calories] des produits», indique Martin-Pierre Pelletier, de l'Association des emballeurs de boissons gazeuses du Québec. Mais il préconise le libre choix des consommateurs, qui selon lui sont de plus en plus nombreux à choisir les versions diètes.
***
Des jeunes au goût sucré
Proportion d'adolescents qui boivent régulièrement
des boissons à saveur de fruit: 61 %
des boissons gazeuses: 44 %
des boissons pour sportifs: 28 %
des boissons énergisantes: 7 % (à l'occasion: 35 %)
Source: Coalition québécoise sur la problématique du poids et Réseau du sport étudiant du Québec: enquête chez 10 000 jeunes de 13 à 17 ans.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

