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Transferts en santé - Les médecins et les infirmières en colère

Le ministre de la Santé Yves Bolduc dénonce à son tour l'attitude d'Ottawa

Amélie Daoust-Boisvert   21 décembre 2011  Santé
L'accord sur les transferts en santé sous forme de décret imposé lundi par le ministre des Finances Jim Flaherty reste en travers de la gorge du milieu médical québécois. La levée de boucliers, hier, était presque aussi unanime que la proposition des conservateurs est unilatérale. Médecins et infirmières se rangent derrière le ministre québécois des Finances, Raymond Bachand, et demandent à Ottawa de s'asseoir pour une véritable négociation.

«C'est inacceptable», lance le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Louis Godin, tout aussi surpris que le ministre Bachand de l'offre unilatérale d'Ottawa. Lundi, le ministre des Finances Jim Flaherty a annoncé aux provinces que l'accord sur la santé sera renouvelé pour 10 ans en 2014, mais qu'après 2017, la croissance du transfert passera de 6 % par an à une bonification arrimée à la croissance économique, avec un taux plancher de 3 %. Mais Québec perdra quelques centaines de millions dès 2014, puisque le financement par personne s'appliquera dès lors, au profit de provinces comme l'Alberta et au détriment d'autres comme le Québec.

Le Dr Godin craint pour les services de santé québécois. Pour lui, le fédéral «règle ses problèmes budgétaires sur le dos des provinces et ça, ce n'est pas sans risque. Ça va mettre le Québec dans une situation difficile, ça va être difficile de maintenir les services de santé. L'argent, ça ne s'invente pas».

Pour les conservateurs, inutile de négocier devant une offre aussi alléchante. S'il était à la place de Raymond Bachand, le ministre conservateur des Anciens Combattants, Steven Blaney, dirait «passez-moi le stylo, où est-ce que je signe», a-t-il affirmé hier à la Première Chaîne de Radio-Canada. La comparant à une «BMW», le député de Lévis-Bellechasse croit que «c'est une offre qu'on ne peut pas refuser». Il ajoute que les sommes proposées sont importantes et que les conservateurs «gardent la pédale sur l'accélérateur» en matière de financement de la santé.

Le ministre de la Santé Yves Bolduc se range derrière son collègue des Finances Raymond Bachand, qui dénonce vivement l'attitude d'Ottawa. «S'ils veulent régler la santé comme ça, il faudra déplafonner la péréquation», a averti Bachand hier. Yves Bolduc ajoute que les deux ans qu'il reste avant la fin de l'accord devraient servir à s'asseoir et négocier.

Le NPD estime que les conservateurs se sont défilés à la veille du début des pourparlers.

«Ce n'est pas ça, des négociations!» s'exclame également Régine Laurent. La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, la FIQ, qui représente les infirmières, s'inquiète d'un accord qui s'apparente à un décret. Elle répond qu'il s'agit d'un cadeau de Noël «bien mal emballé». Elle souhaite «que les provinces et le fédéral s'assoient pour répondre de façon adéquate aux besoins de la population». «Je suis très inquiète», dit-elle, alors «qu'on n'a déjà pas ce qu'il faut pour répondre aux besoins de la population, ça m'angoisse beaucoup s'il y a encore moins d'argent, car les besoins ne vont pas aller en diminuant».

«Cette façon de voir la santé équivaut à dire que si l'économie du pays ne va pas bien, on coupera dans les soins», dénonce pour sa part le Conseil pour la protection des malades.
 
 
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  • Jean-George Major - Abonné
    27 décembre 2011 13 h 48
    c"est tres inquietant
    M. le docteur Bolduc!
    Il faudra commencer a couper dans les cadres et cela est urgent car se sont les malades qui vont en souffrir. Il y a trop de cadres qui font meeting par dessus meeting en ne reglant rien pour sortir de l"impasse.
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