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Médecins de famille - Intérêts particuliers

Marie-Andrée Chouinard   7 décembre 2011  Santé
Sur un ring improvisé nommé système de santé, omnipraticiens et spécialistes boxent une fois de plus. C'est officiellement au nom de la qualité d'un réseau où errent toujours deux millions de Québécois sans médecin. Mais la teneur des échanges laisse croire plutôt à un autre de ces feuilletons partisans desquels la population ne retire ni satisfaction, ni révolution.

Les joutes oratoires auxquelles se livrent les fédérations de médecins n'amélioreront pas d'un poil le fait que 25 % de la population du Québec doive attendre à l'urgence ou faire la tournée des cliniques sans rendez-vous au lieu de se tourner vers un médecin de famille. Ces querelles n'amusent pas la clientèle des salles d'attente, et ils ennuient les citoyens qui n'ont que faire des guerres de chiffres. Pour eux, une seule évidence: vite, un médecin!

Les jeux d'influence en santé n'ont rien d'inédit. En 1988, déjà, la Commission d'enquête sur la santé présidée par le Dr Jean Rochon avait conclu que le système était pris en otage par d'habiles groupes d'intérêts s'y étant constitués. Vingt ans plus tard, la même gangrène fait ses ravages. Les derniers jours ont permis d'assister à une tragi-comédie mettant en scène des acteurs en sarrau: un ministre de la Santé incapable d'arrêter une souque-à-la-corde médicale s'opérant sous ses yeux; un représentant des spécialistes traitant ses vis-à-vis omnipraticiens de paresseux; des médecins de famille remettant à l'avant-scène de douloureux écarts salariaux, et ce, tout juste après la clôture d'une négociation!

La pénurie de médecins de famille? Certains n'y croient plus, alors que d'autres jurent la subir au quotidien. Les hypothèses affluent, mais toujours, on tourne autour du pot: assez de médecins? Trop peu d'infirmières? Une organisation du travail déficiente? Un meilleur alliage public-privé? Maintes fois, ces constats ont été établis et on ne calcule plus les analyses brillantes qui s'empoussièrent dans les oubliettes du ministère. Les diagnostics ont été posés. On attend toujours le remède.

L'incapacité de ce système à se remettre en question là où il devrait le faire a fini par camper les fédérations de médecins, syndicats et ordres professionnels dans des rôles où chacun défend un morceau de pouvoir au lieu de tout mettre en oeuvre pour le bien-être des patients. Tous, ils refusent d'être réduits à des confréries de corporatistes, mais leur manière de s'époumoner en public laisse croire à une mise en veilleuse de leur mission première.

Certains, comme le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, Gaétan Barrette, flirtent avec l'insulte et accusent les omnipraticiens de s'abonner au temps partiel sitôt les études terminées. Derrière chacune de ses envolées, de même que celles de son homologue l'omnipraticien Louis Godin, se profilent les revendications d'une fédération de membres.

Et pour ajouter du piquant à cette sauce partisane, voilà qu'on y additionne la politique. La proximité du Dr Barrette avec la Coalition avenir Québec de François Legault n'a rien pour apaiser les tensions. Hier, devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, M. Legault, lui-même ex-ministre de la Santé jadis «otage» des lobbys, a répété que le Québec ne manquait pas de médecins de famille, contredisant là Yves Bolduc.

Le titulaire de la Santé aura besoin d'une forte dose de courage pour s'élever au-dessus des jeux d'influence, lui dont la répartie sanguine des derniers jours visait tout droit l'adversaire politique que constitue M. Legault. Les intérêts particuliers qui, semble-t-il, ont entaché jusqu'à un réseau de garderies faisant notre fierté, ne peuvent pas partout régner.
 
 
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  • jeanduc - Abonné
    7 décembre 2011 07 h 09
    Santé et politique
    Le système de santé devrait devenir une entité indépendante du gouvernement. Le mode de rémunération des médecins devrait être revu car toute augmentation de productivité se traduit par une inflation des coûts. Le cafouille dans l'informatisation du système de santé et la sclérose dans l'organisation du travail donnent à penser que l'inefficacité est moins coûteuse, autant au plan budgétaire que politique, qu'une gestion orientée vers le service au patient.
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  • France Marcotte - Abonnée
    7 décembre 2011 09 h 07
    Je vais vous expliquer pourquoi vous n'avez pas de médecin madame
    Je sais très bien pourquoi mon médecin de famille s'est fait la malle, c'est écrit dans le journal.
    Je sais très bien pourquoi je dois attendre 12 heures à l'urgence si par malheur je ne peux me soigner moi-même.
    Je sais très bien pourquoi je dois aller quêter une clinique sans rendez-vous en prenant un numéro s'il vous plaît.
    Je sais très bien pourquoi je paie pour des soins que je ne peux pas attendre comme si j'étais une gueuse ainsi que ma mère et mon père qui en est mort.
    Je connais très bien les difficultés qu'éprouvent tous les médecins, c'est écrit dans le journal.
    Je comprends très bien tout le monde.
    Je vous comprends très bien.
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  • Lamonta - Abonné
    7 décembre 2011 09 h 08
    Trois commissions d'enquête...
    Trois commissions d'enquête en 30 ans ont conclu à chaque fois que le corporatisme était le facteur le plus déterminant dans la difficulté de corriger les problèmes du système de santé. Ceci est particulièrement évident dans les salles d'urgence où bien souvent une infirmière clinicienne pourrait régler le problème sans que le patient voit un médecin.

    Il y a des problèmes différents à différents niveaux: première ligne, urgence, soins de longue durée. Chose certaine, tant que les patients ne seront pas mis au centre du questionnement et tant que les corporations chercheront à contrôler le plus grand territoire possible, on n'arrivera à rien de satisfaisant à long terme.

    Sur un plan très personnel, si jamais le Dr Barrette se lance en politique, je voterai contre le parti auquel il sera associé. Ce monsieur est une caricature du corporatisme le plus étroit.
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  • coltir - Inscrit
    7 décembre 2011 09 h 52
    Utopie
    Dans le Québec d'aujourd'hui, le concept de médecin de famille est une utopie. Le ministre de la Santé rêve en couleurs s'il pense que nous aurons tous un médecin de famille en 2016!

    En effet, je vois mal comment nous pourrions retrouver la situation qui existait encore il y a 40 ans, lorsqu'il existait encore de vrais médecins de famille relativement faciles à consulter et prêts à se rendre à domicile au besoin.

    Ma femme et moi avons un médecin de famille que nous ne pouvons consulter qu'à condition de prendre rendez-vous un an d'avance. Ironiquement, il en est ainsi depuis que la clinique à laquelle le médecin en question est rattaché est devenue un GMF.
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  • Joho - Inscrite
    7 décembre 2011 10 h 27
    Basse-cour
    Ha oui !!! Gaétan Barette futur ministre de la santé dans le gouvernement des caquetteux, Charles Sirois aux finances, Sabia au Trésor et Deltel à l'éducation.

    Legault au pouvoir et la basse-cour québécoise ne sera que mieux gardé
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  • Bernard Terreault - Abonné
    7 décembre 2011 10 h 54
    @Coltir
    Votre situation est identique à la mienne -- et sans doute à celle de 80% des gens.
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  • SNost - Abonné
    7 décembre 2011 12 h 53
    L'approche médicale
    Les médecins de famille veulent des patients en santé qu'on peut voir rapidement et ainsi faire rouler les cartes d'assurance-maladie plein régime.

    Les critères pour devenir GMF sont de beaucoup rabaissés depuis que Legault les a créés, en 2002-03 si je ne m'abuse. Tout ce que Bulcod veut désormais, c'est de pouvoir montrer un nombre de GMF officiel.
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  • Maco - Abonné
    7 décembre 2011 13 h 21
    Bingo!
    La guerre des clochers!

    Ceci n'est qu'une partie du problème. En effet, depuis quelque temps, les infirmières aspirent à être des omnipraticiennes (médecins généralistes), les pharmaciens aussi. Ici, il ne faut pas sauter aux conclusions, il faut seulement être en mesure de faire la part des choses. Bon, cela dit, que reste-t-il pour ceux-ci? Ils n'ont pas la possibilité, comme les spécialistes, de dire : si ça ne marche pas ici, je vais aux États!

    Ben non! Pourquoi ? Parce qu’aux États un omnipraticien est payé moins cher qu'ici! Pour les spécialistes, ce n'est pas gagné d'avance non plus. Ce n'est pas tout le monde qui fait des salaires à tout cassés, donc parfois il y en a qui reviennent. Une stratégie qui demeure toujours valable est la suivante : ce qui est rare est cher. Pourrions-nous en conclure que s’il ne manquait pas de médecins de famille ...

    Bref. Qui paye la note de toutes ces guéguerres corporatistes.... le peuple et pas seulement par nos taxes, car le débat serais le même dans le privé. Pire encore! Dans le privé, il faut être performant (il faut faire des profits). Prenez l'exemple des pharmaceutiques qui ne veulent pas produire les médicaments que nous avons de besoins par que ceux-ci ne sont pas payants. Imaginez-vous un instant quand le profit guidera le choix de ces institutions pour les traitements à faire. Voyez-vous, que l'argent fasse un détour par le gouvernement ou que vous le preniez directement de vos poches, votre argent va à la même place! Nous avons un avantage, quand il passe par le «public», ce ne sont pas les profits qui mènent.
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  • Carol Vachon - Abonné
    7 décembre 2011 13 h 31
    Dr Carol Vachon, ex-chercheur fondamentaliste en facultés de médecine, abonné
    Il y a peu, l'apostrophe à peine voilée de paresseux qu'avait servie aux omnipraticiens le Dr Barette, président des médecins spécialistes, est révélateur de la dérive de notre système médical. Pour augmenter leur salaire, proposer aux omnipraticiens d'augmenter le nombre de patients par jour, comme le suggère le Dr Barette, revient à raccourcir la durée des entrevues et à faire de la médecine à la course.
    Cette médecine est moins efficace, surtout pour l'omnipraticien car, contrairement au travail du spécialiste qui est plus ciblé, normé et précis, l'omnipraticien doit se questionner sur tous les aspects de la vie de son patient. En le laissant plus libre d'ajuster la durée de l'entrevue, le salariat plutôt que la rémunération à l'acte améliorerait l'efficacité de l'omnipraticien. Beaucoup de médecins en déplorent leur frustation professionnelle. Bien sûr, il y a le corporatisme...
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  • kovar - Inscrit
    7 décembre 2011 15 h 01
    Adieu Hypocrate, bienvenue Bacchus
    Les médecins du Québec via leur corporation- comme ailleurs- semblent se comportent comme des hommes d'affaires: plus soucieux de leur revenu que de la qualité des soins. Ils ont pris en otage toute la société et ils oublient qu'ils sont payés à même les fonds publics. Pour leur en donner plus, il faut en enlever aux autres employés de l'état. Les 10 médecins spécialistes les mieux payés au Québec gagnent tous plus d'un million de dolars par année. Réduire le salaire des médecins: voilà une solution au manque de fonds de la société.
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  • Paul Gagnon - Inscrit
    7 décembre 2011 17 h 24
    Planifier et se faire organiser, diriger et contrôler
    Planifier et se faire organiser, diriger et contrôler
    Depuis des années divers groupes d'intérêts ont travaillés très fort pour mettre en place les conditions gagnantes pour faire de juteux profits avec notre santé chancelante - vieillissement oblige. Il y en a qui la voit venir depuis longtemps la manne de l'arrivée des boomers dans le circuit : médecins (omnipraticiens comme spécialistes), pharmaciens (juteux profits en vue), infirmières (gruger dans les tâches des médecins – absents par pénurie planifiée – puis… Équité salariale oblige, bingo!), CHSLD (CPE pour vieux mais avec moins de services) et, au bout de la ligne, thanatologues de luxe (cercueils en chêne ou vases précieux).
    Tout ce monde se précipite sur GO!
    Ne demeurez pas dans leur chemin ou gare...
    Et tant pis pour les gueux, ils ont toujours été de trop, de toute façon.
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  • gaetanfo - Abonné
    7 décembre 2011 19 h 59
    Plus de médecins...
    Tout ce qui précède est vrai. Mais la (ne) solution ne consisterait-elle pas
    à supprimer le «numerus clausus» limitant l'accès à nos facultés de médecine ?

    Et à contrôler les contröleurs du Collège des médecins qui autorisent, ou
    n'autorisent pas, les médecins formés à l'étranger à exercer au Québec ?
    Un médecin français poiratant dans l'attente d'une autorisation, recruté par
    une institution suisse, par exemple. L'Ordre ne peut-il pas, à bon droit, de
    créer la rareté ?
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  •  
  • Ravi - Inscrit
    9 décembre 2011 16 h 51
    S'il vous plaît
    Je suis un médecin étranger, J'ai réussi l'examen tous les examens médicaux et les exigences de licence pour travailler dans quebecc. S'il vous plaît laissez-moi, servir toute comunauté, où pénurie de médecins ous de famille.
    Merci
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