Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Abonnez-vous!
    Connectez-vous

    Montréal - Riches et pauvres, toujours inégaux en santé

    29 novembre 2011 |Amélie Daoust-Boisvert | Santé
    Un homme pauvre vit six ans de moins qu’un homme riche à Montréal.<br />
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Un homme pauvre vit six ans de moins qu’un homme riche à Montréal.
    Au rythme où s'amenuisent les écarts de santé entre les riches et les pauvres à Montréal, le fossé mettra cent ans à se combler. Le directeur de la santé publique de la ville, le Dr Richard Lessard, croit que l'on pourrait agir en une génération. Pour ce faire, il en appelle, entre autres mesures, à une augmentation substantielle de l'aide sociale.

    Treize ans après la parution d'un premier rapport sur la santé de la population montréalaise, les citoyens de Westmount ou de Pointe-Saint-Charles ne peuvent prétendre vivre aussi longtemps ni en aussi bonne santé. Alors que l'écart était de sept ans il y a treize ans, un homme pauvre vit encore six ans de moins qu'un homme riche à Montréal, apprend-on dans le rapport Les inégalités sociales de santé: le chemin parcouru, paru hier.

    Le cancer du poumon, le suicide, l'alcoolisme et les maladies respiratoires sont particulièrement meurtriers chez les plus démunis. «L'injustice sociale rend malade et tue prématurément», a dit le Dr Lessard en conférence de presse hier, livrant un plaidoyer pour réduire les écarts sociaux.

    Aide à bonifier


    Montréal fait tout de même meilleure figure que les autres grandes villes canadiennes. Les politiques sociales québécoises semblent avoir un réel effet protecteur. «La situation à Montréal pourrait être pire si ce n'était des politiques sociales. Mais il faut aller un cran plus loin»: le Dr Lessard serait-il, lui aussi, un indigné? «Je ne dis pas d'abolir le capitalisme et de faire la révolution. Mais il y a des gestes simples à poser.»

    Comme augmenter les prestations d'aide sociale, améliorer l'accès aux CPE à 7 $ pour les enfants des quartiers les plus pauvres et investir dans les logements sociaux. La Dre Marie-France Raynault, auteure principale du rapport et professeure à l'Université de Montréal, souligne qu'il manque 6000 $ par an à un couple avec deux enfants, vivant de l'aide sociale, pour se procurer les services et aliments de base. Pour une personne apte au travail, il faudrait doubler son revenu de quelque 7000 $ pour lui permettre, entre autres choses, de se nourrir adéquatement.

    Naître dans une famille à faible revenu, c'est partir avec une longueur de retard qui ne fera que s'allonger au fil des ans, souligne le Dr Lessard, qui préconise donc une intervention dès la petite enfance. À leur création en 1998, la moitié des centres de la petite enfance se trouvaient en milieu défavorisé. Ils ne sont plus que 35 %. Mais c'est le meilleur moyen d'intervenir tôt efficacement, selon le Dr Lessard.

    Le directeur de la santé publique est «conscient des limites des actions qu'il peut entreprendre». Mais on ne «peut pas laisser de côté le tiers des citoyens montréalais», peut-on lire dans le rapport. «Ce sont des choix sociaux, rappelle le Dr Lessard. Oui, ça coûte de l'argent, mais il y a des coûts à la pauvreté. Si tous étaient au moins au seuil de faible revenu, les coûts de santé et de justice diminueraient de moitié.»

    Le rapport met en avant d'autres solutions, comme améliorer l'accès au transport en commun, par exemple. «Quand tu es sur l'aide sociale, tu as le choix entre manger et prendre le métro pour te chercher un emploi», illustre le Dr Lessard. La Dre Marie-France Raynault souligne qu'«on trouve de l'argent pour construire des prisons, mais si on met de l'argent au départ [pour diminuer les écarts], on évite ces coûts plus tard.»












    Envoyer
    Fermer

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.