Gain de pouvoir pour les pharmaciens
À retenir
Né au Saguenay en 1954
Fasciné par les mondes du voyage et de l’aventure, des hautes montagnes et des déserts, Jean Désy enseigne la médecine et la littérature à l’Université Laval. Il pratique surtout la médecine dans le pays cri de la Baie-James (le Eeyou Itschee). (photo Isabelle Duval)
Dernier livre paru: Nepalium tremens (XYZ, 2011)
Québec — Changement important dans l'univers de la santé/maladie du Québec! Hier, le ministre de la Santé du Québec, le Dr Yves Bolduc, a annoncé le dépôt du projet de loi 41 qui, s'il est adopté, permettra aux pharmaciens d'offrir des services d'ordonnance, dans certains cas précis et selon certaines contraintes. Ce projet de loi, déjà réclamé par l'opposition officielle au printemps 2010, est le fruit d'une longue négociation entreprise par les gens du Collège des médecins et de l'Ordre des pharmaciens. Il y a maintenant unanimité quant à sa pertinence. Les péquistes espèrent même qu'il sera adopté le plus tôt possible.
Révolution? «Évolution», a préféré Yves Bolduc, questionné par Le Devoir des écrivains. Elle vaut la peine d'être soulignée car, dans l'histoire des actes médicaux et des ordonnances au Québec, c'est bien la première fois qu'un peu de lest est lâché. Grâce à cette loi, certaines prescriptions pourront être prolongées par les pharmaciens, une fois le diagnostic médical posé. Les femmes enceintes souffrant de nausée pourront bénéficier d'un traitement pharmaceutique sans devoir nécessairement avoir consulté un médecin; même chose pour les voyageurs, qui pourront se procurer certains antibiotiques en prophylaxie. La collaboration médecin-pharmacien s'accroît donc. Il faut rappeler que les pharmaciens ne seront pas habilités à poser eux-mêmes des diagnostics.
Il y a lieu de se demander pourquoi il a fallu tant de temps aux différentes corporations et au gouvernement lui-même pour accepter ce qui existait déjà dans quatre autres provinces: la Colombie-Britannique, l'Alberta, le Nouveau-Brunswick et l'Ontario. Le Dr Charles Bernard, président du Collège des médecins, considère que c'est l'amélioration des compétences chez les différents professionnels qui a rendu l'«évolution» possible. Mais l'encombrement actuel du système de santé, particulièrement en médecine de famille, semble avoir accéléré les choses. Chose sûre, ce «petit pas» évolutif vers un amalgame plus harmonieux des champs d'activités des différents professionnels ne peut que contribuer à améliorer un système qui souffre, qui tousse creux, qui présente plusieurs symptômes d'une maladie qui pourrait, à brève échéance, le tuer. Le monde de la maladie/santé québécois ne pourra se permettre ad vitam aeternam trop de tergiversations sur ce qui apparaît souvent, pour le commun des mortels, comme une évidence.
Révolution? «Évolution», a préféré Yves Bolduc, questionné par Le Devoir des écrivains. Elle vaut la peine d'être soulignée car, dans l'histoire des actes médicaux et des ordonnances au Québec, c'est bien la première fois qu'un peu de lest est lâché. Grâce à cette loi, certaines prescriptions pourront être prolongées par les pharmaciens, une fois le diagnostic médical posé. Les femmes enceintes souffrant de nausée pourront bénéficier d'un traitement pharmaceutique sans devoir nécessairement avoir consulté un médecin; même chose pour les voyageurs, qui pourront se procurer certains antibiotiques en prophylaxie. La collaboration médecin-pharmacien s'accroît donc. Il faut rappeler que les pharmaciens ne seront pas habilités à poser eux-mêmes des diagnostics.
Il y a lieu de se demander pourquoi il a fallu tant de temps aux différentes corporations et au gouvernement lui-même pour accepter ce qui existait déjà dans quatre autres provinces: la Colombie-Britannique, l'Alberta, le Nouveau-Brunswick et l'Ontario. Le Dr Charles Bernard, président du Collège des médecins, considère que c'est l'amélioration des compétences chez les différents professionnels qui a rendu l'«évolution» possible. Mais l'encombrement actuel du système de santé, particulièrement en médecine de famille, semble avoir accéléré les choses. Chose sûre, ce «petit pas» évolutif vers un amalgame plus harmonieux des champs d'activités des différents professionnels ne peut que contribuer à améliorer un système qui souffre, qui tousse creux, qui présente plusieurs symptômes d'une maladie qui pourrait, à brève échéance, le tuer. Le monde de la maladie/santé québécois ne pourra se permettre ad vitam aeternam trop de tergiversations sur ce qui apparaît souvent, pour le commun des mortels, comme une évidence.
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