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    Les infirmières sont favorables au baccalauréat obligatoire

    La proposition de l'Ordre est mal accueillie par les cégeps

    25 octobre 2011 |Amélie Daoust-Boisvert | Santé
    Au Québec, 65% des infirmières et infirmiers possèdent une formation collégiale.<br />
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Au Québec, 65% des infirmières et infirmiers possèdent une formation collégiale.
    En assemblée générale hier, les infirmières ont voté en faveur d'une formation universitaire obligatoire. Cette proposition de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) soulève la consternation dans les cégeps.

    Hier, les infirmières se sont largement prononcées pour entamer les discussions avec Québec afin de rendre la formation universitaire obligatoire. Actuellement, 65 % des infirmières possèdent plutôt une formation collégiale technique de trois ans.

    En conférence de presse à l'issue du vote, Gyslaine Desrosiers, la présidente de l'OIIQ, a fait valoir que la formation québécoise était deux fois moins longue que celle des autres provinces, un déficit de 3000 heures sur les bancs d'école ou en stage. «Oui, on a les cégeps, mais il manque des heures, ce n'est pas suffisant», a expliqué Mme Desrosiers, ajoutant que «ce n'est pas un débat sur la valeur intrinsèque des cégeps, mais sur combien ça prend de temps former une infirmière.» Alors que les autres provinces canadiennes ou l'Europe exigent la formation universitaire, elle juge que le Québec est «dix ans en retard» dans ce dossier. «La différence d'heures de formation entre le Québec et le reste du Canada, elle n'est pas marginale, on parle de milliers d'heures.»

    C'est à Québec de déterminer quelle formation doivent suivre les infirmières, mais par cette prise de position, l'OIIQ souhaite entamer les pourparlers.

    «On n'est pas du tout d'accord!», lance le président de la Fédération des cégeps, Jean Beauchesne. Il fait valoir que les infirmières techniciennes réussissent tout aussi bien l'examen de l'ordre que leurs consoeurs du baccalauréat. Il juge que le système de santé a besoin des deux types de formations et craint qu'une telle décision n'aggrave la pénurie de personnel. «Le réseau se relève à peine de [la pénurie], on voit la lumière au bout du tunnel, mais il ne faut pas retomber dans un déficit de services.»

    Le spectre de la pénurie de personnel n'effraie pas l'ordre. «C'est un faux problème, selon Mme Desrosiers. Les universités ont refusé cette année des centaines d'étudiants. Aucune province n'a obtenu de baisse d'étudiants, au contraire, ça a créé une valeur ajoutée.»

    À la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), qui représente de nombreux enseignants du collégial, c'était la consternation. «Je suis estomaquée, on ne s'y attendait pas», dit la vice-présidente de la FNEEQ, Micheline Thibodeau. Elle doute fortement que les infirmières québécoises jouissent de 3000 heures de formation de moins, avançant que l'écart serait trois fois moins grand. «Je ne comprends pas comment [l'OIIQ] arrive à cette conclusion. Le bac, dans les autres provinces, est de quatre ans, et notre formation est de trois ans au collégial.»

    La Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) dit qu'elle prendra le temps de réfléchir à la question et se garde de prendre position. «Dans la mesure où l'OIIQ va de l'avant, nous n'avions pas le choix de voir ce qu'on fait avec ça, dit la présidente de la FIQ, Régine Laurent. On va faire cette réflexion-là à notre rythme.»












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