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    Mieux vaut prévenir que guérir

    1 octobre 2011 |Claude Lafleur | Santé
    «La moitié des maladies sont évitables! Si on faisait simplement attention à nos habitudes de vie, on éviterait la moitié de toutes les maladies dont on souffre.» Voilà ce qu'observe le Dr Stéphane Groulx, qui pratique la médecine familiale en milieu rural et urbain tout en étant médecin-conseil auprès de la Direction de la santé publique de la Montérégie.

    Stéphane Groulx, qui enseigne aussi au Département des sciences de la santé communautaire de l'Université de Sherbrooke, en plus d'être chef du service de médecine préventive et chercheur associé au Centre de recherche de l'hôpital Charles-LeMoyne, considère «qu'environ la moitié des causes de décès sont liées à nos habitudes de vie.»

    Ainsi, le tabagisme à lui seul compte pour 30 % des maladies cardiaques et cardiovasculaires, pour 85 % des maladies pulmonaires (dont 85 % des cas de cancer du poumon) et 30 % de toutes les autres formes de cancer. En outre, une mauvaise alimentation et une activité physique insuffisante seraient responsables de presque autant de mortalité que le tabac. «Le simple fait qu'une personne ne fasse aucune activité physique la met autant à risque de subir une défaillance cardiaque que si elle fumait un paquet de cigarettes par jour», illustre le spécialiste.

    Vient ensuite, comme facteur de risque pour la santé, la consommation de drogues, l'alcool en premier lieu. «Bien qu'il soit plus difficile de déterminer quel est l'impact des drogues sur la santé, il ne fait aucun doute que c'est un important facteur de cause de maladies», soutient-il.

    Ce médecin de famille s'intéresse de près aux questions de santé publique. «Mon cas est un peu particulier, dit-il en souriant, puisque je m'occupe de médecine préventive, de recherche et de formation professionnelle et d'enseignement auprès des infirmières, des pharmaciens et d'autres professionnels de la santé.»

    La médecine préventive porte sur tout ce qui permet de prévenir les maladies, les blessures et les problèmes psychosociaux, par l'interaction d'un professionnel de la santé et d'un patient. Elle porte aussi sur la santé globale des populations. «Nous examinons quels sont les facteurs déterminants de la santé, indique le chercheur, facteurs déterminants qui sont génétiques, environnementaux ou sociaux. Il y a aussi les facteurs déterminants reliés aux habitudes de vie qui touchent aux risques auxquels on s'expose délibérément, tels que comportements, alimentation et consommation, carence en activité physique, sexualité non protégée et traumatismes.»

    Puisque la moitié des maladies sont évitables, il devrait être relativement facile d'améliorer la santé de tout et chacun, poursuit le Dr Groulx. «Il s'agit de sensibiliser les gens quant aux conséquence de leurs choix de vie, de les inciter à avoir de meilleures habitudes de vie. On peut aussi faire du dépistage individuel de facteurs de risque et attirer l'attention sur ce que nous faisons de bien et de moins bien dans notre quotidien. En procédant de façon systématique et efficace, on devrait prévenir les maladies cardiovasculaires et éviter les cancers.»

    Les intervenants en santé publique, comme le Dr Groulx, observent aisément que l'un des facteurs sociaux importants conditionnant l'état de santé est la pauvreté. «On sait que les populations défavorisées sont beaucoup plus touchées par les maladies, ont moins accès aux services de santé, se débrouillent moins bien à cause de leurs difficultés à utiliser et à gérer l'information qu'elles reçoivent, etc.», relate-t-il.

    Par conséquent, beaucoup d'efforts doivent être faits par les services publics pour cerner les problèmes de santé auprès de ces populations et pour sensibiliser nos gouvernements afin d'agir concrètement pour aider les populations défavorisées. Or, comme chacun sait, combattre la pauvreté passe par l'éducation, l'alphabétisation et la sensibilisation.

    «Hélas, nous vivons dans une société où les priorités ne sont pas toujours en faveur de la santé des plus démunis, constate avec amertume Stéphane Groulx. Nous vivons dans une société capitaliste basée sur la recherche du profit! C'est dire que nous, en santé publique, on doit souvent lutter à contre-courant...»

    Les spécialistes constatent que, à l'échelle de la planète, la situation s'améliore... justement parce que la pauvreté recule. «Les données nous disent que, au chapitre de la santé mondiale, la situation s'améliore de façon considérable, surtout en raison de l'amélioration des conditions économiques dans les pays émergents, indique le Dr Stéphane Groulx. L'humanité fait des progrès assez remarquables en matière de santé.»

    ***

    Collaborateur du Devoir












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