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    Le ministre Yves Bolduc demeure serein

    «D'ici quatre ans, ça devrait bien aller»

    1 octobre 2011 |Claude Lafleur | Santé
    Yves Bolduc<br />
    Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Yves Bolduc
    «Nous bénéficions de l'un des meilleurs systèmes de santé au monde, affirme sans hésiter Yves Bolduc. On se compare très, très bien aux systèmes américain, anglais, etc., bien que notre système ne soit certes par parfait.» S'il y a faille, c'est dans la difficulté d'y accéder pour quelqu'un «qui n'est pas déjà dans le système. Mais, une fois qu'on y est, les soins sont excellents»

    Le ministre de la Santé souligne que, chaque année au Québec, 37 millions de consultations médicales sont réalisées et que sont effectuées 500 000 interventions chirurgicales. «Il y a toujours bien du monde qui a accès au système!, lance-t-il sur un ton bon enfant. Il y a donc une bonne accessibilité, sauf pour la personne malade pour la première fois.»

    Même après trois années passées à la tête du ministère de la Santé, Yves Bolduc demeure toujours aussi enthousiaste. «C'est la plus belle job!, lance-t-il, ravi. Chaque matin, je me lève en sachant que ma journée sera très agréable, stimulante et valorisante. Chaque matin, j'ai hâte d'aller travailler!»

    Ses journées commencent tôt. «À 5 heures, raconte-t-il, j'écoute les nouvelles TVA, puis, à 5h30, en déjeunant, j'écoute RDI. Je lis ensuite les journaux sur mon iPad et la revue de presse qu'on m'a préparée», un document de 40 à 125 pages selon les jours.

    «Et non, enchaîne-t-il, je ne suis pas frustré [par le traitement que lui infligent les médias]. Vraiment pas, car je pratique la "sérénité intérieure"; je fais une analyse objective et j'accepte que les autres aient des points de vue différents ou qu'ils défendent leurs propres intérêts.»

    M. Bolduc souligne ainsi que, chaque jour, 10 000 patients se présentent aux urgences des hôpitaux, alors qu'on effectue plus de 1500 chirurgies. «Il est donc assuré que des cas malheureux surviendront, dit-il, qu'il y aura des délais et des complications, puisque rien n'est parfait.»

    C'est dire que, avec de tels volumes, un système de santé qui serait efficace à 99 % «maltraiterait» néanmoins chaque jour une centaine de patients et qu'une quinzaine de chirurgies poseraient problème. C'est ainsi que les cas scandaleux de maltraitance qu'on nous sert parfois «ne représentent pas l'ensemble du réseau, fait valoir le ministre. Souvent même, ces cas relèvent de la compétence des docteurs — on ne peut tout de même pas blâmer le système, même si on essaie toujours de mettre en place des mécanismes afin d'éviter les erreurs. On espère faire en sorte que ça ne se produira plus... Mais il y aura toujours des cas malheureux.»

    Le Dr Bolduc rappelle que, avant de devenir ministre, il était médecin de famille et que la majeure partie de son travail était passé en clinique, au bureau, à l'urgence et aux soins intensifs dans un hôpital d'Alma. En outre, il dirigeait un groupe de médecins de famille. «Ma pratique médicale occupait probablement 60 % de mon temps, estime-t-il, alors qu'environ 20 % était consacré à la gestion d'un hôpital et 20 % à un travail de consultant dans des endroits du réseau de la santé en grande difficulté. Je connaissais donc bien les problèmes.»

    Il se considère comme un ministre de terrain qui demeure en contact direct avec les hôpitaux. Ainsi, un dimanche soir, il peut fort bien envoyer une quinzaine de courriels à divers hôpitaux afin de savoir «comment ça va». Il visite en outre régulièrement les hôpitaux — récemment Notre-Dame et Maisonneuve-Rosemont. «Je travaille avec les gens sur le terrain, insiste-t-il. Je leur parle régulièrement pour résoudre les problèmes. Par exemple, à Maisonneuve-Rosemont, on est passé de 60 patients en attente d'hébergement à seulement 10. Pour cela, il a fallu que tout le monde s'y mette.»

    Espoir en vue

    Depuis trois ans, le Dr Bolduc a mis en chantier un train de mesures, notamment au chapitre de l'administration des hôpitaux, ainsi que pour favoriser la création de groupes de médecine familiale. «Ce qu'il faut maintenant faire, dit-il, c'est améliorer l'accessibilité des services. Actuellement, on travaille beaucoup sur notre première ligne en créant des groupes de médecins de famille, généralement une dizaine de médecins qui travailleront de concert avec des infirmières et d'autres spécialistes. Nous en avons déjà implanté plus de 240, j'en signe un par semaine et j'annoncerai bientôt plusieurs groupes de médecine familiale à Montréal», dit-il avec satisfaction.

    Le système de santé a vécu une grave pénurie de médecins, qui semble devoir se résorber progressivement. «Actuellement, on peut dire que, du côté des médecins spécialistes, on est presque en équilibre, indique Yves Bolduc. Il en manque encore 500 à 600, ce qui représente 5 % du nombre total de spécialistes. Or il est facile de compenser un tel manque.»

    Quant aux omnipraticiens, il en manquerait environ 10 %, un manque qui s'amenuise désormais chaque année. «Cette année, nous disposons de 150 médecins de famille de plus que l'an dernier, rapporte fièrement le ministre. Et, l'an prochain, il y en aura davantage encore, puisqu'on a augmenté les cohortes d'étudiants en médecine depuis 2003. De plus, grâce aux nouvelles mesures incitatives qu'on a implantées, on constate qu'un certain nombre de médecins sur le point de prendre leur retraite ont décidé de demeurer en fonction. On parle à présent d'un manque de mille médecins sur les huit mille dont on a besoin.»

    Le ministre fait valoir que la récente entente avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec valorise l'accès à un médecin de famille. «Il y a une tarification accordée aux médecins qui prennent en charge de nouveaux patients et ceux qui dépassent un certain nombre de patients bénéficient d'un genre de prime au travail. De plus, ceux qui prennent en charge des patients vulnérables reçoivent des montants additionnels...»

    «Je puis donc dire que, chaque année, ça va de mieux en mieux et que, d'ici quatre ans environ, on devrait à peu près avoir atteint l'équilibre, estime M. Bolduc. Bien sûr, on ne satisfera probablement jamais 100 % de nos besoins, mais ça devrait bien aller.»

    ***

    Collaborateur du Devoir












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