Paul Farmer en Haïti - L'indispensable optimisme
Tracy Kidder, traduction de l'anglais par Daniel Poliquin
Boréal, Montréal, 2011
385 pages
Paul Farmer n'est pas pessimiste. Son métier ne le lui permet pas. Il faut dire que le médecin anthropologue œuvre depuis de nombreuses années en Haïti, l'un des pays les plus pauvres de la planète.
En anglais, le médecin vient de lancer le livre Haiti, After the Earthquake, aux éditions Public Affairs, en français, sa biographie, Soulever les montagnes, écrite par le journaliste Tracy Kidder, vient d'être traduite par Daniel Poliquin aux éditions du Boréal, avec une préface de Régine Chassagne, d'Arcade Fire.
On le joint au téléphone, à l'hôpital de Brigham, relié à l'Université Harvard, où Paul Farmer enseigne.
Tout récemment encore, il était en Haïti et mesurait, à travers son travail de tous les jours, le chemin parcouru depuis le terrible tremblement de terre du 12 janvier 2010. Et, en effet, pas question ici d'être pessimiste. «Nous avons reconstruit un centre de formation médical au centre d'Haïti, dit le directeur de l'organisation Partners in Health, qui soutient de nombreux projets pour la santé dans le monde. Le tremblement nous a obligés à être à la hauteur de promesses que nous faisions depuis longtemps de prodiguer une formation de meilleure qualité», dit-il.
Dans son livre, Tracy Kidder nous présente un homme profondément moral, hanté par la nécessité d'aspirer à un système de santé plus égalitaire, en Haïti comme ailleurs. Un homme qui, devant l'urgence des cas à traiter, réussit à faire baisser de façon phénoménale le prix des médicaments, pour traiter le sida et la tuberculose, par exemple.
«En ce qui concerne la trithérapie pour traiter le sida, nous avons réussi à obtenir des traitements qui reviennent à 150 $ par année en Haïti, plutôt que les 10 000 $ par patient et par année payés au Canada et aux États-Unis», dit-il en entrevue. En fait, selon les sources officielles, l'épidémie de sida en Haïti a été réduite de moitié, par la prévention et par les traitements.
Paul Farmer est également présenté dans la biographie de Kidder comme un admirateur de Cuba, que les deux hommes ont visité ensemble il y a quelques années.
Encore aujourd'hui, Paul Farmer aime citer la quantité de médecins cubains oeuvrant en Haïti, et ce, même avant le tremblement de terre. Aujourd'hui encore, il y a 1500 médecins cubains qui travaillent en Haïti, dit Farmer. «J'espère ne pas être trop romantique au sujet de Cuba», dit le médecin.
Reste que Paul Farmer ne donne pas une si bonne note au système de santé américain, qui ne peut garantir des soins, même de mauvaise qualité, aux personnes pauvres, et ce, bien qu'il compte des hôpitaux de très haut niveau. Et il ne donne pas non plus une bonne note au système de santé haïtien, calqué sur le système américain, à travers lequel environ 300 000 Haïtiens ont une assurance pour les soins de santé dans un pays de 10 millions d'habitants.
Anthropologue de formation, Paul Farmer insiste beaucoup auprès des médecins qu'il forme pour qu'ils apprennent la langue créole parlée en Haïti. «Je suis toujours étonné de voir à quel point c'est difficile à obtenir.»
Proche de Jean-Bertrand Aristide, selon Tracy Kidder, Paul Farmer dit agir essentiellement dans le domaine de la santé, et non de la politique. Reste qu'il croit que traiter la tuberculose sans traiter la malnutrition, c'est comme se laver les mains et les essuyer par terre.
En anglais, le médecin vient de lancer le livre Haiti, After the Earthquake, aux éditions Public Affairs, en français, sa biographie, Soulever les montagnes, écrite par le journaliste Tracy Kidder, vient d'être traduite par Daniel Poliquin aux éditions du Boréal, avec une préface de Régine Chassagne, d'Arcade Fire.
On le joint au téléphone, à l'hôpital de Brigham, relié à l'Université Harvard, où Paul Farmer enseigne.
Tout récemment encore, il était en Haïti et mesurait, à travers son travail de tous les jours, le chemin parcouru depuis le terrible tremblement de terre du 12 janvier 2010. Et, en effet, pas question ici d'être pessimiste. «Nous avons reconstruit un centre de formation médical au centre d'Haïti, dit le directeur de l'organisation Partners in Health, qui soutient de nombreux projets pour la santé dans le monde. Le tremblement nous a obligés à être à la hauteur de promesses que nous faisions depuis longtemps de prodiguer une formation de meilleure qualité», dit-il.
Dans son livre, Tracy Kidder nous présente un homme profondément moral, hanté par la nécessité d'aspirer à un système de santé plus égalitaire, en Haïti comme ailleurs. Un homme qui, devant l'urgence des cas à traiter, réussit à faire baisser de façon phénoménale le prix des médicaments, pour traiter le sida et la tuberculose, par exemple.
«En ce qui concerne la trithérapie pour traiter le sida, nous avons réussi à obtenir des traitements qui reviennent à 150 $ par année en Haïti, plutôt que les 10 000 $ par patient et par année payés au Canada et aux États-Unis», dit-il en entrevue. En fait, selon les sources officielles, l'épidémie de sida en Haïti a été réduite de moitié, par la prévention et par les traitements.
Paul Farmer est également présenté dans la biographie de Kidder comme un admirateur de Cuba, que les deux hommes ont visité ensemble il y a quelques années.
Encore aujourd'hui, Paul Farmer aime citer la quantité de médecins cubains oeuvrant en Haïti, et ce, même avant le tremblement de terre. Aujourd'hui encore, il y a 1500 médecins cubains qui travaillent en Haïti, dit Farmer. «J'espère ne pas être trop romantique au sujet de Cuba», dit le médecin.
Reste que Paul Farmer ne donne pas une si bonne note au système de santé américain, qui ne peut garantir des soins, même de mauvaise qualité, aux personnes pauvres, et ce, bien qu'il compte des hôpitaux de très haut niveau. Et il ne donne pas non plus une bonne note au système de santé haïtien, calqué sur le système américain, à travers lequel environ 300 000 Haïtiens ont une assurance pour les soins de santé dans un pays de 10 millions d'habitants.
Anthropologue de formation, Paul Farmer insiste beaucoup auprès des médecins qu'il forme pour qu'ils apprennent la langue créole parlée en Haïti. «Je suis toujours étonné de voir à quel point c'est difficile à obtenir.»
Proche de Jean-Bertrand Aristide, selon Tracy Kidder, Paul Farmer dit agir essentiellement dans le domaine de la santé, et non de la politique. Reste qu'il croit que traiter la tuberculose sans traiter la malnutrition, c'est comme se laver les mains et les essuyer par terre.








