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Pénurie de personnel en santé - Les syndicats accusent le ministre Bolduc de prendre la situation à la légère

Amélie Daoust-Boisvert   25 août 2011  Santé
Devant la pénurie de personnel qui promet de s'aggraver dans le secteur de la santé d'ici cinq ans, les syndicats des travailleurs de ce secteur accusent le ministre Yves Bolduc de prendre la crise à la légère.

Selon les données obtenues par La Presse canadienne publiées lundi dans Le Devoir, la pénurie d'infirmières auxiliaires explosera de 900 %, alors que celle de préposés aux bénéficiaires et de travailleurs sociaux triplera. Et ce ne sont que des exemples puisque la situation se dégradera aussi pour les infirmières, physiothérapeutes, pharmaciens, psychologues et plusieurs autres.

«Lorsqu'on a entre 10 et 15 % de pénurie, quel que soit le secteur, la main-d'oeuvre qui est là est capable de compenser, a répondu le ministre Yves Bolduc à La Presse canadienne. C'est un réseau où les gens sont des gens de coeur.»

Une réponse qui a «estomaqué» Dominique Verreault, la présidente de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS). Elle juge que le ministre minimise la gravité de la situation. «Je trouve le ministre de la santé très, très optimiste et je pense qu'il ne tient pas compte de la réalité des travailleurs du réseau, dit-elle. Se fier aux travailleurs pour combler les lacunes lorsqu'on a entre 10 et 15 % de pénurie... Écoutez, compenser pour une journée l'absence de 10 % de nos collègues ça peut se faire, mais à long terme, c'est impossible», ajoute-t-elle, d'autant que «les travailleurs sont [déjà] au bout de leur rouleau pour la plupart».

Elle précise que pour certains métiers, la pénurie ne tient pas à une insuffisance de main-d'oeuvre, mais plutôt à la maigre attraction qu'exerce le système public sur les professionnels. «Quand ils peuvent aller vers le privé, ils le font, ça permet une plus grande flexibilité et une meilleure rémunération», observe Mme Verreault. Pour elle, les solutions tiennent à une bonification des conditions de travail, comme des mesures de conciliation travail-famille.

Pour la Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ), le ministre Yves Bolduc «joue à l'autruche». Sa présidente, Claire Montour, estime qu'il «nie la situation et se désengage de ses responsabilités sur le dos du personnel. Nous ne pouvons plus travailler dans de telles conditions et ce sera aussi vrai dans les prochaines années», écrit-elle dans une lettre envoyée aux médias hier. Elle estime illusoire de compter sur un redoublement d'effort du personnel restant pour compenser la pénurie: «Bien sûr qu'ils sont des gens de coeur et même de passion, mais de là à se saigner à blanc; ils sont épuisés par le travail et exténués de voir qu'on leur confie, à eux seuls, le sort du Réseau de la santé et des services sociaux.»
 
 
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  • André Michaud
    Inscrit
    jeudi 25 août 2011 09h52
    attirer avec du vinaigre ?
    Les conditions de travail IMPOSÉES aux gens qui travaillent dans les hôpitaux ne donnent surtout pas le goût aux jeunes de se lancer dans ces types d'emplois....heures de travail impossibles, IMPOSITION de rester faire des 8 heures supplémentaires sinon MENACES, rare congés, peu de possibilité de prendre des congés en été, manque de personnel, surcharge de travail, vie familiale et personnelle impossible..etc etc...

    QUI VEUT ALLER TRAVAILLER DANS CES CONDITIONS??? Un masochiste ou une personne pour qui sa job est une mission religieuse ??

    OUI le ministre joue à l'autruche, et qui en paiera le prix croyez-vous?

  • Viviane Salette
    Inscrit
    jeudi 25 août 2011 11h19
    « C’est un réseau où les gens sont des gens de cœur »

    Le ministre Bolduc peut se permettre de prendre la crise du réseau de la santé à la légère. Cette situation, elle est désirée par Monsieur Bolduc et son gouvernement. Son objectif, la mise en place d’un réseau privé.

    Le désengagement du gouvernement de nos richesses, comme dans les gaz de schiste et le « Plan Nord » en est un autre exemple. Où s’arrêtera l’hémorragie? La population doit être consciente de ce qui se passe réellement, car c’est leur santé qui est à vendre.

    « C’est un réseau où les gens sont des gens de cœur ». Malheureusement, il y a une limite, les professionnelles sont au bout du rouleau : dépressions, épuisement professionnel, etc. La salariée est surchargée par le non-remplacement des absences, elle doit faire des heures supplémentaires, se voient refuser ses congés faute de personnel en place.

    Épuisé, stressé par les demandes qui fusent de toute part, l’irréparable se produit : erreur de médicament, soins donnés avec du retard, famille inquiète. La plainte arrive et, avec une facilité déconcertante, le réseau se déresponsabilise et sacrifie cette professionnelle en jetant tous les torts sur elle, souvent même en mettant son emploi en jeux.

    Le problème n’est pas réglé puisque la surcharge est toujours bien présente et la prochaine personne en place devra la subir (Méthode Toyota). Cette mauvaise gestion se répercute encore directement sur la population. Nos jeunes ne sont pas fous, ils ne veulent pas vivre ce que leurs ainés subissent et fuit le réseau.

    Merci Monsieur Bolduc et le gouvernement Charest pour la dilapidation éhontée d’une de nos grandes richesses : la santé sans discrimination de sa population

    Viviane Salette

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