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Santé - Québec prédit une forte pénurie de main-d'oeuvre

La Presse canadienne   22 août 2011  Santé
Selon les chiffres du ministère de la Santé, l’ampleur de la pénurie d’infirmières auxiliaires explosera de 900 % d’ici cinq ans. Sur la photo: une journée portes ouvertes à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont en avril 2010 pour recruter des infirmières.<br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Selon les chiffres du ministère de la Santé, l’ampleur de la pénurie d’infirmières auxiliaires explosera de 900 % d’ici cinq ans. Sur la photo: une journée portes ouvertes à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont en avril 2010 pour recruter des infirmières.
Toutes les manchettes sur le manque d'infirmières dans les hôpitaux québécois ne décrivent que la partie visible de l'iceberg: les pénuries de main-d'œuvre toucheront une multitude de corps d'emploi, parfois gravement, et ce, dans cinq ans seulement.

Selon de nouvelles données du ministère de la Santé obtenues par La Presse canadienne, l'ampleur de la pénurie d'infirmières auxiliaires explosera de 900 %. En chiffres absolus, le nombre de postes que les hôpitaux ne réussiront pas à pourvoir sera multiplié par onze pour ce corps d'emploi.

La pénurie de préposés aux bénéficiaires et de travailleurs sociaux triplera, alors que le manque d'infirmières, lui, doublera.

Si elles se confirment, les prévisions de Québec annoncent une situation catastrophique pour les patients de la province, notamment pour les aînés, dénonce le Parti québécois. Mais le ministre de la Santé, Yves Bolduc, veut se faire rassurant et plaide que la population n'en ressentira pas les effets. Et il se fie aux travailleurs de la santé qui seront en place pour combler les lacunes.

«Lorsqu'on a entre 10 et 15 % de pénurie, quel que soit le secteur, la main-d'oeuvre qui est là est capable de compenser, a-t-il plaidé. C'est un réseau où les gens sont des gens de coeur.»

Sur douze corps d'emploi jugés vulnérables par le ministère, seulement quatre — les ergothérapeutes, les orthophonistes, les technologues en électrophysiologie médicale et les technologues en médecine nucléaire — devraient voir une amélioration de leur situation d'ici cinq ans. Dans le dernier cas, l'amélioration est minime: Québec prévoit qu'un seul poste supplémentaire sera pourvu.

La situation se dégrade cependant pour les huit autres corps d'emploi. Il s'agit des infirmières, des infirmières auxiliaires, des préposés aux bénéficiaires, des physiothérapeutes, des pharmaciens d'établissement, des psychologues, des travailleurs sociaux et des technologistes médicaux.

Par exemple, Québec prévoit qu'en 2015-2016, il sera incapable de pourvoir un poste de psychologue sur cinq dans le réseau public, ce qui représente 547 postes, deux fois plus que les niveaux actuels. Il manque aujourd'hui 233 psychologues au système de santé, soit 10 % de la main-d'oeuvre normale.

Des effets qui inquiètent

L'optimisme du ministre Bolduc semble loin d'être répandu dans le réseau public.

La pénurie de main-d'oeuvre qui attend la province dès 2015 aura des impacts majeurs sur les patients, plaident les représentants des professionnels de la santé.

«Ça veut dire moins de monde sur les unités pour donner les services», a illustré Michel Mailhot, vice-président de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, le syndicat qui représente la plupart des infirmières du Québec. «Ça veut dire attendre plus longtemps à l'urgence, ça veut dire attendre plus longtemps avant d'être opéré aussi, parce que ces pénuries-là vont aussi être dans les salles d'opération.»

La présidente de l'Ordre des psychologues, Rose-Marie Charest, qualifie ces nouvelles prévisions de très inquiétantes. Les conditions de travail actuelles poussent les nouveaux diplômés à ouvrir ou à rejoindre un cabinet de consultation privé.

«Il y a des psychologues qui travaillent dans le réseau public, même s'ils gagnent beaucoup moins cher, a fait valoir Mme Charest. Sauf qu'il y a une limite à tolérer la différence entre les deux.»

Pour sa part, le ministre Bolduc fait valoir que les employés du réseau public pourront en faire plus grâce à la réorganisation du travail. Les prévisions de son propre ministère doivent donc être prises avec circonspection, a-t-il expliqué en entrevue téléphonique.

«Ça fait 26 ans que je suis dans le réseau, et tout le monde a toujours prédit ça, a-t-il dit, en référence à la pénurie annoncée. Les patients, ils sont là et il faut s'en occuper.»

Le ministre avance aussi que les étudiants sont de plus en plus attirés vers les professions de la santé. Certains emplois qui nécessitent une formation courte, comme les préposés aux bénéficiaires, pourraient ainsi obtenir de nombreux nouveaux candidats assez rapidement.

«Avec tout ce qu'on fait, on devrait amenuiser de beaucoup la pénurie de main-d'oeuvre.» Toutefois, «je ne dis pas qu'il n'y aura pas une certaine pénurie», a-t-il admis.

Une «certaine pénurie» qui fait beaucoup plus peur à Agnès Maltais, porte-parole du Parti québécois en matière de santé. «Les infirmières et les infirmières auxiliaires, on ne le dit pas souvent, mais ce sont les deux corps d'emploi qui donnent véritablement des soins», a-t-elle cité en exemple, au cours d'une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

«Quand on voit passer la proportion d'infirmières manquantes de 4 à 8 %, alors qu'on est déjà en déficit dans plusieurs régions du Québec, alors qu'on s'arrache actuellement les infirmières à travers le Québec, là il y a un sérieux problème qui s'en vient. Un très sérieux problème.»
 
 
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  • Turbine - Abonné
    22 août 2011 01 h 23
    La seule solution
    Augmenter les frais de scolarité... Des farces...
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  • Raymond Vaillancourt - Abonné
    22 août 2011 08 h 14
    Pourquoi s'en étonner ?
    Il n'y a pas lieu de s'étonner de cette pénurie présente et qu ira en s'accroissant lorsque l'on a mis tellement d'emphase sur l'aspect médical de notre système de santé. Il y a déjà belle lurette que notre système se santé n'est plus qu'un système se soins. Alors, tout ce qui ne touche pas la médecine a été dévalorisé. Faut-il alors se surprendre de l'abandon des professions d'aide et de soutien ?

    Raymond Vaillancourt
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  • François Dugal - Abonné
    22 août 2011 08 h 33
    Changement de titre
    Le titre de cet article aurait dû être: «L'organisation du travail fait fuir la main d'œuvre.»
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  • alen - Inscrit
    22 août 2011 08 h 50
    J'en reviens pas!..
    Pourquoi,alors, votre gouvernament verse des milliards de $ aux industries miniêre, gazière et autres, sous prétexte de créer des emplois dans ces domaines, alors que les emplois sont lâ dans la santé, qu'il suffit de les financer...

    Puis, des préposés, des infirmiêres, des médecins et du personnel de soutien bien traités créent autant d'emplois indirects...

    On le voit bien, la santé n'a jamais été votre priorité. Mais les routes par exemple... Alors dites nous, Dr Bolduc, qu'elle différence y a-t-il entre payer des travailleurs dans la santé et payer des travailleurs sur les routes?.. Ah! Bien sûr, les retour d'ascenceurs!..
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  • Pascal Auger - Inscrit
    22 août 2011 10 h 02
    Bravo M. Bolduc
    Bravo M. Bolduc,

    si se passer de 15% du personnel de la santé ne devrait pas paraître dans la population, pourquoi ne pas couper 15% des fonctionnaires?

    Si, comme vous affirmer, ça n'aura pas d'impact sur la population, au moins ça va en avoir un sur les finances...
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  • alen - Inscrit
    22 août 2011 12 h 32
    Au fait, Dr Bolduc,...
    ... 15 % de moins de députés, vous croyez que ça paraîtrai?
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  • Gaetane DeRome - Inscrit
    22 août 2011 14 h 13
    Plus de service pour ceux qui ont payes..
    Les 50 ans et quelques qui,comme moi,ont payes toute leur vie des impots pour ce systeme de sante n'auront plus de service quand ils en auront vraiment besoin...C'est ce que j'en deduis.En plus,on sait qu'en ville ou est la plus grande concentration de medecins de famille,il y a 70% d'entre eux qui partiront a la retraite sous peu..Donc,les etudiants en medecine sachant cela ne veulent meme plus faire de la medecine de famille.Medecins,infirmieres,pharmaciens d'etablissement tous des travailleurs importants...C'est vrai qu'on pourrait,par contre,se passer bien souvent de certains politiciens.....;)Pas tous,bien sur. Gaetane
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  • Viviane Salette - Inscrit
    23 août 2011 16 h 45
    Il ne faut pas jouer à l'autruche
    Incroyable! Monsieur Bolduc nous surprendra toujours. Peut-il nous berner sur les problèmes de la santé en plaidant que la population n'en ressentira pas les effets. Il se fie aux travailleurs de la santé qui seront en place pour combler les lacunes. « Les patients sont là et il faut s’en occuper. »

    Le ministre Bolduc fait valoir que les employés du réseau public pourront en faire plus grâce à la réorganisation du travail. Quand les références en terme d’administration du ministre de la Santé s’inspirent du modèle Toyota, faut-il se surprendre que l’aspect humain soit oublié sur la chaîne de montage ? Malheureusement, en médecine, on ne peut faire un rappel pour réparer ses erreurs.

    Pourquoi le ministre Bolduc trouverait des solutions concrètes quand un laissé allé sèmera le chaos dans le secteur public et ainsi permettra au gouvernement de renier ses responsabilités historiques en matière de santé publique et abandonner les Québécois malades à la cupidité de l’entreprise privée.

    Viviane Salette
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  • Boileau - Abonné
    24 août 2011 00 h 10
    Administrer, c'est l'art de prévoir.
    Nos dirigeants sont vraiment des incompétents qui se plaisent à énumérer les malheurs à venir, sans lever le petit doigt pour les éviter. On évalue clairement les pénuries des 5 prochaines années mais on ne prévoit aucune solution pour les éviter. Ai-je bien compris ce que j'ai lu? Il me semble qu'il ne s'agirait que d'ouvrir les portes à la formation du personnel requis dans les prochaines années pour éviter ces pénuries. Et ces jeunes et moins jeunes qui se cherchent des emplois ou même une carière? Ça abaisserait le taux de chômage.

    Dire qu'une pénurie de 10 ou 15% du personnel ça peut toujours être comblé par les personnes en place, c'est manquer de considération et de respectenvers ses employés. C'est abuser d'eux sciemment. C'est aussi abuser des fonds publics en payant inutilement du temps supplémentaire quand, avec la quantité d'employés requis: 1° on les paierait en temps simple; 2° le personnel serait moins sous pression; 3° moins fatigué et écoeuré; 4° absent moins souvent; 5° plus heureux avec des horaires allégés et 6° de meilleures conditions de travail. Des administrateurs d'une telle incompétence seront toujours trop rémunérés. En plus, on leur accorde de généreux bonis alors qu'ils ne rencontrent pas leurs objectifs. Est-ce de la fraude des fonds publics?

    Quand aurons-nous de vrais administrateurs pour gérer nos ministères? Pour mieux gérer leurs employés avec respect et dignité? Nos élus ont mauvaise réputation parce qu'ils ne respectent pas leurs employés ni la population qu'ils se sont engagés à servir ni leurs propres engagements pris sous serment. Ils ne veulent pas entendre le peuple qui crie de douleur. Ils trouvent normal de prendre 24 ou 48 hres pour traiter des malades exigeant des soins URGENTS. Et que dire des malades qui pendant des mois engoissent en attendant lequel arrivera en premier: le traitement, l'opération ou la mort? La population surtaxée et écoeurée de payer. Nos
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  • Marjolaine Goudreau - Inscrit
    24 août 2011 09 h 00
    Changement de titre !!!!
    Effectivement le titre aurais du être l'organisation du travail fait fuir la main d'oeuvre vers le privé.

    Saviez-vous qu'il y a une étude qui spécifie qu'il y a en moyenne 1 cadre par employéEs ?. Remettons la moitié des cadres sur le plancher auprès de la clientèle. Comme ca ces dits cadres cesserons de nous fabriquer des papiers. protocoles. statistiques,Nous les employéEs du réseau de la santé dénoncons l'augmentation effarante des cadres ainsi que de l'augmentation tout aussi effarante de remplissage de papier. Trop c'est trop !

    Tous les gestionnaires le savent que près de la moitié de notre temps est pris pour l'aspect admnistratifs, mais nous sommes obligéEs de le faire sinon..............il y aura des conséquences pour qui vous croyez ? Les employéEs et oui !

    Alors M. Bolduc foutaise que cette réorganisation du travail dans le réseau on en peut plus !

    Marjolaine Goudreau
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  • Daniel Berube - Abonné
    24 août 2011 12 h 23
    Serait-il possible ?
    Que le tout soit dû à un peu tout le monde ?

    Patients: avec les années, la gratuité des soins de santé aurait eu influence, faisant en sorte que... l'on voit beaucoup moins souvent une maman donné de l'huile de foie de morue à ses enfants, bien mangé ses portions de viandes et légumes, fruits, quotidiennement, pour se maintenir EN SANTÉ, et aussi éviter ce qui n'est pas réellement nutritif...

    Système: avec vision à court terme, classant ainsi au rang secondaire la prévention à moyen et long terme. Ayant aussi, avec les années, mis en place un système embauchant plus de bureaucrate que de personnel de santé, et ayant jeté à la poubelle tout (ou presque) ce qui vient de la nature, pour n'avoir foie qu'aux chimique et synthétique crée par l'ÊTRE SUPRÊME : l'homme...

    Avoir interdit l'utilisation de produits extrêmement nocif pour la santé au Québec ou au Canada, mais sans s'occuper de ces mêmes produits retrouvés dans quantité de produits importés... car, il ne faut surtout pas nuire aux marchés...

    Et enfin, reconnaître une chose : la mort fait partie de la vie...
    Avec les années, les décénies, voir les siècles, où s'arrêtera la médecine avec les nouvelles technologies internationnales pour maintenir en vie, souvent avec une qualité de vie... souvent a discutter.

    Remarquez, je ne veux pas par ces dires ''blanchir'' les dirigeants politiques, mais faire comprendre que même si les problèmes mentionnés plus haut seraient résolus... je ne suis pas sûr que le système fonctionnerait A1...
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  •  
  • Alain CYR - Inscrit
    12 mars 2012 11 h 10
    une Solution, LA Solution...
    Les problèmes de pénurie dans les services de soins de santé et de services sociaux au Québec sont présents depuis plusieurs années et ne font que s’aggraver avec le vieillissement de la population. Ces problèmes sont en partie causés par l’exode grandissant des professionnels vers le système privé qui semble plus attrayant que le système public, ainsi que par le manque d’attraction de la pratique régionale pour les professionnels en général. LA SOLUTION pallier à ces situations et régler, une fois pour toute, la problématique en quatre ans et moins seulement. La pénurie engendre :•l’essoufflement, la démotivation et l’absentéisme croissant du personnel en place •les dépassements de coûts pour les établissements et les iniquités salariales pour le personnel causés par le recours aux professionnels dépanneurs ou aux agences privées.
    •etc •à la limite, une possibilité de rupture de services dans un département plus fragilisé LA SOLUTION c’est guérir définitivement, en quatre ans ou moins, les problèmes des services de soins de santé et de services sociaux dans toute la province de Québec.
    Pour pallier à l’exode des effectifs vers le privé,impose la réquisition des étudiants finissants dans toutes les professions de la santé et services sociaux pour un minimum d’un an partout où il y a pénurie, en priorisant les établissements nécessitant un correctif des effectifs immédiat. La continuité s’effectuerait avec la relève des étudiants finissants de l’année suivante. ne se veut pas une réponse à un problème particulièrement urbain ou rural, réduit par le fait même les couts engendrés par le recours aux dépanneurs ou aux agences privées qui offrent des services à des prix exorbitants .règle définitivement la crise, sans égard au fait qu’elle soit urbaine ou régionale, empêche l’exode massif des professionnels en début de carrière vers le privé et garantie l’accès
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