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Libre opinion - La lente agonie

Rosemarie C. Soucy, Montréal  15 juillet 2011  Santé
Je suis résidente en psychiatrie. Au cours de ma formation, je dois apprendre à soigner des personnes de tous âges, de tous statuts, de toutes personnalités. Je dois apprendre à les comprendre et à les aider sans jamais perdre de vue les limites économiques du système de santé. Autrement dit, faire le mieux avec le moins.

Ce souci d'économie est devenu partie intégrante de mon quotidien de médecin, et je m'en accommode habituellement assez bien. Je défends même les bienfaits possibles d'une telle ascèse: examen des actes médicaux, réglementation des pratiques, délaissement des traitements désuets ou inefficaces, efforts de collaboration, délégation des pouvoirs... Le patient devrait, en toute logique, sortir gagnant de ces transformations. Et globalement, il l'est (ou le sera) souvent. Surtout s'il est jeune.

Parce qu'en gérontopsychiatrie, les bienfaits du manque de ressources sont plus difficiles à trouver. Essayez pour voir, à travers cette histoire trop simple, trop banale, saisie au cours de mon stage.

C'est une dame âgée en attente de placement. Elle a eu des symptômes de dépression il y a quelques mois et on a jugé qu'elle était devenue trop vieille pour sa résidence. Comme elle était d'accord, on l'a gardée à l'hôpital en attendant de lui trouver un endroit parfait. On l'a gardée... en psychiatrie.

Psychiatrie: cette unité où dépression profonde, exaltation et psychose se côtoient, où l'on entend pleurer, crier, jurer, chuchoter aux fantômes, où les contentions existent et servent. Unité où se cachent parfois des poètes, mais où la détresse, d'abord, a élu domicile: c'est là qu'elle se lève, fait les cent pas, mange et souffre d'insomnie. Et c'est là que la dame de mon histoire l'a malheureusement côtoyée, jusqu'à en devenir tout imbibée.

Rien cependant n'aurait pu nous le faire prévoir, alors qu'au début de son séjour, on l'a inscrite à un programme spécialement conçu pour les personnes âgées: une équipe externe qui agit comme intermédiaire entre votre future résidence et vous, qui s'assure d'un «fit» parfait. Sauf que parfois, c'est long. Pour notre petite dame, la résidence charmante se fait encore attendre... après cinq mois. Cela lui a laissé le temps de se remettre de sa dépression puis d'y replonger, de s'inquiéter, d'angoisser, de s'isoler, d'avoir peur, de devenir paranoïaque...

Puis il y a eu le transfert de l'unité psychiatrique à un hôpital pour personnes âgées pour évaluer, pardon, pour «coter» plus avant ses besoins. Car après quatre mois d'hospitalisation, personne n'était encore en mesure de préciser si elle peut aller à la toilette, faire ses déplacements, manger seule. Personne.

Les nouveaux docteurs du nouvel hôpital ont vite reconnu la marque «psychiatrique» chez leur patiente et s'inquiètent de son état. Ils envoient donc une demande de consultation pour qu'un psychiatre réponde aux questions suivantes: «Dépression? Délire? Revoir médication.» D'où ma visite de psychiatre en herbe et cette histoire aujourd'hui sous vos yeux. En écoutant la dame, je note effectivement, avec la même inquiétude que ses nouveaux docteurs, quelques phrases choquantes: «J'étais en prison.» «On m'a enfermée pour me contrôler.» «Qu'ai-je fait pour mériter cela?» «Si c'était simple, je m'enlèverais la vie.» «Je ne mange ni ne dors plus tellement j'ai peur.» «On va peut-être finir par tuer les vieux pour s'en débarrasser.»

Je note également l'angoisse palpable qui émane de son regard, de son visage encore beau mais tourmenté, de ses gestes malhabiles qui trahissent un mélange de méfiance et d'imploration. Je me sens devant elle comme devant les images d'un tsunami rapportées par une caméra jusque dans le confort de mon salon. Impuissante.

Il faut malgré tout rendre un rapport de consultation. Est-elle psychotique? Sans doute. Sauf qu'à ce compte-là, moi aussi. Faut-il la traiter? Sans doute. Sauf qu'à ce compte-là...

Je me demande si je ne dois pas nous prescrire des pilules à toutes les deux. Cela m'aiderait peut-être à oublier que je traite trop souvent, sans dire un mot, non pas des personnes, mais un système déficient. Un système dit «centré sur le patient». Ce même système que certains croient suffisamment bon pour gérer avec éthique l'euthanasie si elle en venait à être légalisée. Je manque de mots pour qualifier ma réaction devant tant de naïveté. Il faut vraiment ne pas vouloir regarder l'évidence, qui se résume à ceci: beaucoup de personnes âgées, pas de ressources, et de la bureaucratie, en veux-tu, en voilà. Qui défendra la population vieillissante? Qui se battra pour obtenir plus d'argent pour bien soigner et bien accompagner les plus vulnérables, bientôt les plus nombreux, déjà les plus «coûteux» de nos concitoyens?

Peut-être que mes propos manquent de nuances. Peut-être que je généralise, que j'exagère. Mais je me demande quelle exagération pourrait vraiment donner la mesure du cynisme désolant de notre «système», cynisme dont mes patients sont les victimes. Victimes angoissées devant leur solitude et leur vulnérabilité, victimes souffrantes, agonisantes avant l'heure!

***

Rosemarie C. Soucy, Montréal
 
 
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  • Ysabelle Charest - Abonnée
    15 juillet 2011 08 h 35
    merci
    Dr Soucy

    voir un jeune médecin doté d'autant de compassion et d'humanité est encourageant.

    Ysabelle Charest
    pharmacienne en milieu hospitalier
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  • Denis Miron - Inscrit
    15 juillet 2011 09 h 49
    Merci pour ce témoignage
    Autrefois les gens pensaient qu’une vie de péchés pouvait conduire en enfer après la mort, mais avec le recul des croyances religieuses qui ont été remplacées par des croyances envers le libre marché (L’économie d’abord), l’enfer a changé de position. Il précède la mort. Conséquence direct d’une logique productiviste. On ne se gène pas pour investir 200 millions dans un amphithéâtre en période d’incertitude économique sous prétexte que c’est une nécessité pour une capitale nationale. Mais que fait-on de nos personnes agées? Combien de personnes âgées sont dans la même position que vous nous décrivez et qui sont traités par le système comme des phénomènes isolés? Votre constat est effectivement déchirant pour la conscience non seulement professionnelle mais aussi et surtout humaine. Merci de votre témoignage.
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  • Michel Groulx - Abonné
    15 juillet 2011 09 h 54
    Merci beaucoup
    Dc Soucy, enfin une lueur d'espoir il existe dans le système des êtres humains qui font le même constat que moi, ce système coule et dérive vers les bas-fonds, personne ne semble vouloir comprendre ni voir les dégats et les abérations qui jours en jours on court en ce moment, si plus de gens intègre fesait comme vous dans le système, oserait dire les vraies choses, il y aurait peut-être espoir, mais ce système est bien au fond et ne peu remonter, aucun personnage politique n'oserait dire les vrais choses tout les ministres de la santé vont se suivre un après l'autre et se passer le baillon, mes parents ont respectivement 94 et 92 ans et ils ont décidés de finir leur jours chez eux, et rien au monde ne va changer ceci, tant et aussi longtemps que moi et mon frère seront en ce bas monde, nous serons là pour soigner nos parents avec l'aide extraordinaire de tout les autres intervenants dans le systèmes, je lance un message claire à la population Québécoise, il faut s'occuper de nos parents car l'état n'en veut tout simplement pas car ils ne sont pas productif, aidont des médecins comme Mme Soucy avant qu'ils ne sombre eux aussi dans l'indifférence, nous devons bien ça à nos parents.
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  • Michel Groulx - Abonné
    15 juillet 2011 10 h 00
    Michel Groulx
    Je m'excsue j'ai totalement oublier de signe mon commentaire je suis Michel Groulx de St-Hubert je viens de poster mon message
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  • Michele - Inscrite
    15 juillet 2011 11 h 54
    La démographie et le dépassement du système
    Il me semble qu'il faille oublier l'ancien système qui ne peut répondre à la demande actuelle, trop forte en raison de l'augmentation du nombre de personnes agées. Il faut penser et agir autrement, le support de la famille est une des avenues qui mériterait d'être explorée.
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  • Geoffroi - Abonné
    15 juillet 2011 14 h 51
    Un système déficient d'une société malade
    Merci pour votre texte Mme Soucy.

    «Je me demande si je ne dois pas nous prescrire des pilules à toutes les deux. Cela m'aiderait peut-être à oublier que je traite trop souvent, sans dire un mot, non pas des personnes, mais un système déficient.»

    Ce système déficient, encore pour longtemps, a tout de même un bel avenir. Il n'y aura pas d'encombrement, puisque les nombreux "malades" que l'on rencontre sur les routes ne se font jamais soignés. Il paraît, selon une étude parue dans les médias, qu'une personne sur cinq peut souffrir de troubles mentaux au cours de sa vie. Je le constate presque tous les jours.
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  • Florence - Abonné
    15 juillet 2011 15 h 02
    La vieille dame digne
    La dame dont la Dre Soucy parle n'est pas folle, mais furieuse, indignée, craintive: cadeau du système aveuglet, d'une bureaucratie indifférente. Elle va mourir droguée dans des conditions inhumaines.
    Qui ne voudrait pas mettre fin à ses jours dans ces conditions?
    Ce sera peut-être mon cas dans quelques années et j'espère d'ici là trouver le moyen d'en finir plutôt que de devenir une morte-vivante avant de mourir dans l'indignité.

    Louise Martin
    abonnée
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  • Yvon Bureau - Abonné
    15 juillet 2011 16 h 36
    Loin de la naïveté et avec éthique
    Dr C. Soucy, merci pour ce texte lourd, triste, mais nécessaire à notre réflexion et surtout à notre action sociétale appropriée.

    Un commentaire suivra votre phrase :«Un système dit «centré sur le patient». Ce même système que certains croient suffisamment bon pour gérer avec éthique l'euthanasie si elle en venait à être légalisée. Je manque de mots pour qualifier ma réaction devant tant de naïveté.»

    J’aime vous écrire que la Hollande, la Belgique et le Luxembourg gèrent avec éthique l’aide médicale active à mourir, sous conditions. Centrée sur la personne en fin de vie et sur son libre-choix. Cela se vit loin de la naïveté, très près du réel de la réalité de la fin de la vie. Et le Québec saura le faire avec éthique, compassion et humanité.

    Espoir : des ressources suffisantes et appropriées pour les personnes âgées.
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  • Richard Cloutier - Abonné
    15 juillet 2011 18 h 15
    La folie partagée...
    Ecrire et dire ce que l'on observe et on pense, indépendamment de décider de prendre des pilules ou pas devant ce constat déprimant et inquiétant me semble un mouvement de bonne santé.
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  • asclepios - Inscrit
    16 juillet 2011 00 h 33
    Merci pour ce beau texte
    Et merci aussi d'avoir choisi la profession de psychiatre. Le système de santé subi de fortes pressions et ça se sent chez tous les intervenants en santé. Vous avez ma plus profonde admiration. Ne lâchez pas. Le vieillissement de la population connaîtra son peak et se résorbera pendant votre carrière. Les dysfonctionnements actuels ne sont pas permanents. Plusieurs personnes intelligentes et remplies de compassion essaient de trouver des solutions pour sauvegarder notre système de santé. Pas facile, mais pas impossible. Bon courage!

    François Genest
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  • Fernande Trottier - Abonnée
    16 juillet 2011 14 h 22
    l'agonie lente...
    Dr Soucy...tant qu'il y aura des médecins comme vous, prête à vous investir pour rendre meilleure la vie des aînés, ne serait-ce que le temps de votre stage, je vais encore espérer un changement afin que le gouvernement dépense à la bonne place notre argent. Il y a bcp trop de chefs et pas assez d'indiens ! Le système a besoin d'être réorganisé...mais cela il faut le vouloir. Tous les ministres de la santé qui se sont succédés ont réalisé qu'ils ne pouvaient rien faire. Et le P.M. n'ose pas de crainte de ne pas être réélu. Il est là pour gérer la province pour le mieux être de tous.. ce qu'il semble avoir oublié. La santé et l'éducation tous de-
    vraient avoir à coeur une réorganisation pas demain, mais hier..ça urge ! le gouv.
    n'économise rien, au contraire ça coûte de plus en plus cher et on en a pas pour notre argent, surtout les aînés. Les malades qui sont entrés dans le système pour un cancer quelconque ont les meilleurs soins qu"ils puissent avoir.. j'ai la chance d'avoir un médecin de famille, où ça ne va surtout pas, c'est dans
    les CHSLD publics ou privés... manque de personnel, de surveillance, surtout la nuit (il n'y en a pas), on peut tomber en bas de son lit et être trouvé le len-
    demain matin... (surtout dans le privé), etc.. à quel saint faudra-t-il se vouer
    pour obtenir un changement ? les causes désespérées, c'est le domaine de St-Jude.. les privés sont là pour faire bcp d'argent.. ce ne sont pas de bons
    samaritains.. mais tant qu'il y aura des médecins comme vous Dr Soucy, je vais espérer.. je suis contre l'euthanasie.. je souhaite mourir dans mon appt.,
    mais je suis seule, si nécessaire qui m'aidera ? Je vais donc m'en remettre
    à St-Jude... et merci d'avoir laissé parler votre coeur qui doit être grand, très grand.. et de nous avoir montré la vraie face du système. Bonne route !
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  • Fernande Trottier - Abonnée
    16 juillet 2011 14 h 26
    triste réalité...
    @ Godefroy... ce que j'ai entendu à RDI dernièrement c'est "trois personnes sur quatre vont souffrir de problèmes psychologiques au cours de leur vie"...ce n'est pas rien mon bon monsieur !
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  • Bibiane Beauregard - Abonnée
    18 juillet 2011 13 h 09
    La maladie amplifiée... Qui aurait dit...!
    Ouf! Quels propos pertinents de la part de cette future médecin. Elle-même se considère impuissante à faire changer ou évoluer les choses. Au moins, elle constate, juge, s' indigne et se prépare tout de même à oeuvrer auprès des personnes malades. J' aimerais tant qu' elle soit là s' il m' arrivait_ une fois devenue vraiment vieille, de me retrouver dans la même situation que cette femme ayant juste eu la chance (ou la malchance) de vivre longtemps...
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  • Ginette Masse-Lavoie - Inscrit
    19 juillet 2011 12 h 58
    Tellement désespérant!
    Dr.Soucy, votre lettre est très touchante , inquiétante. Je tavaille en milieu hospitalier depuis 25 ans et la détresse des personnes âgées en perte continuelle d'autonomie me fait réfléchir et me désespère en même temps. Ayant à m'occuper de ma mère et de ma belle-mère en équipe avec d'autres membres de la famille, je me dis de plus en plus que tant que ce sera possible nous les garderons à la maison même si ça représente beaucoup de travail et de soucis à cause de leur déficiences physiques et psychologiques (alzheimer, sénilité, mobilité réduite). Tout ça même si nous ne prendrons pas notre retraite bientôt. Notre système de santé est trop mal foutu avec entre autre chose sa bureaucratie à outrance. Dès qu'on sort nos ainés de la maison pour un rendez-vous chez le médecin, ils sont tout perdus, imaginez quand on les sort de leur environnement pour de bon et qu'on les transfère de place une fois ou deux et qu'en plus on les fait attendre dans un milieu non approprié... Ils en perdent encore plus et là on leur pose des" diagnostics" qui signent leur arrêt de mort à plus ou mois brève échéance. Je sais bien que quand la santé physique et mentale s'en vont, on ne doit pas persister à garder une personne en vie sans toutefois l'euthanasier! Mais au moins ayons la décence de ne pas leur faire vivre l'enfer avant leur mort comme écrivait un monsieur plus haut. On aurait des leçons à prendre de d'autres sociétés dans ce domaine, ça s'appelle peut-être le respect de nos ainés pour ce qu'ils ont étés et pour ce qu'ils nous ont appris. Dr. Soucy, vous avez bien du courage et vous en méritez du respect!
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  • Yvon Bureau - Abonné
    20 juillet 2011 09 h 27
    Commentaire du Dr Marcel Boisvert (1)
    Votre texte < La lente agonie > dans Le Devoir du 15 juillet, incite à une saine – bien que morne –réflexion. Il est difficile de ne pas acquiescer à votre propre intuition : oui, vos propos manquent quelque peu de nuances.

    Alors que la télé nous martèle qu’à Saint-Lambert, certains employés d’un CHSLD auraient manqué de compassion, d’autres résidents, devant la caméra, se sont dits très satisfaits des soins reçus. Vous avez raison de déplorer le sort de votre patiente – et il y en a vraisemblablement des centaines d’autres comme elle – mais vous ne pouvez ignorer les dizaines de milliers de patients/résidents, (dont des amis) et qui sont généralement bien accompagnés, en dépit des limites économiques dont vous faites mention.
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  • Yvon Bureau - Abonné
    20 juillet 2011 09 h 28
    Commentaires du Dr Marcel Boisvert (2)
    Le lien causal manque, qui vous mène à conclure d’une triste histoire, que pouvoir gérer éthiquement une dépénalisation de l’euthanasie relève d’une extravagante naïveté. Même si le temps vous manque, poursuivez vos glanures, vous apprendrez que dans toutes les législations où l’euthanasie bien balisée est accessible, les données et les témoignages confirment que les soins de fin de vie ont connu un essor significatif synchrone, sans les abus que vous appréhendez (1,2,3,4). Et le privilège de dialoguer avec des médecins qui ont su répondre à l’appel de certains mourants (à rechercher), vous enseignera que la naïveté n’est pas toujours ce qu’on pense.
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  • Yvon Bureau - Abonné
    20 juillet 2011 09 h 29
    Commentaires du Dr Marcel Boisvert (3)
    Dans la mesure où il manquera toujours des ressources, on ne peut désinvestir dans les services déjà dérisoires aux jeunes autistes dont tout l’avenir est à risque, pour améliorer les soins aux mourants, auxquels j’ai consacré la moitié de ma carrière. Les efforts consentis doivent mener à améliorer sans cesse les soins de fin de vie pour la majorité, tout en reconnaissant que pour une minorité qui le demande lucidement, le premier devoir du médecin n’est pas de sauver la vie à tout prix «mais de respecter la liberté de choix de son patient » (4), puisque « ce n’est pas la vie qui est sacrée, c’est la personne » (5), dont l’éthique nous dit de respecter l’autonomie. Cette compassion, qui n’oblige pas le médecin, débouche sur la généreuse notion < d’autonomie-en-lien> dont parle Marc Desmet, jésuite et médecin en Soins palliatifs (6), ce qui devrait intéresser une future psychiatre.
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  • Yvon Bureau - Abonné
    20 juillet 2011 09 h 30
    Commentaires du Dr Marcel Boisvert (4)
    C’est le prix de la grandeur pascalienne, laquelle consiste non pas à se tenir à une extrémité, mais à toucher les deux à la fois.
    Marcel Boisvert md
    1 Boer A.T. Beyond Flourishing : Euthanasia in a Welfare State Intern’al Conference P Th U June 2009
    2 Rietjens JAC. Two Decdes of Research on Euthanasia Bioethical Inquiry 2009; 6 :271-283
    3 Cassell E. When SufferingPatients Seek Death in Physician – Assisted Suicide J.Hopkins U. Press 2004,p.75
    4 Baudouin JL. Rapport de synthèse Ass,n H.Capitant Journées suisses juin 2009
    5 Fuchs E. Entrevue Euthanasie L’Actualité médicale 14 sept. 1990 p.4
    6 Desmet M. Euthanasie et soins palliatifs Conférence U.Laval 21 oct. 2010
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