Projet d'entente entre Québec et les omnipraticiens - Plus de patients pour plus de primes
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Le président de la FMOQ, le Dr Louis Godin, a écrit à ses membres lundi dernier pour leur présenter le contenu du projet d’entente conclu avec Québec et l’a dévoilé hier.
Le projet d'entente conclu à la mi-juin entre le gouvernement du Québec et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) renferme une série de mesures les encourageant à voir plus de patients, afin de résorber la pénurie actuelle de 1175 médecins de famille.
Ce projet de contrat de travail prévoit 122,3 millions de dollars en augmentations paramétriques (non rattachées à des mesures), ce qui correspond à l'augmentation salariale consentie aux employés du secteur public, soit 6 % sur cinq ans.
Le gouvernement du Québec ajoute cependant plusieurs primes, forfaits et autres mesures — totalisant 340 millions — afin notamment de valoriser la prise en charge et le suivi d'un plus grand nombre de patients.
À titre d'exemple, les médecins recevront 100 $ pour chaque nouveau patient qu'ils prendront en charge et suivront et qui était inscrit à un guichet d'accès.
Une prime a aussi été instaurée dans le but d'inciter les médecins à travailler durant un plus grand nombre de journées, soit 50 $ par jour pour ceux travaillant de 180 à 200 journées par année, 200 $ par jour pour ceux travaillant plus de 200 journées par année.
Une autre «prime à la polyvalence» s'adressera aux médecins qui suivent plus de 700 patients tout en travaillant dans un établissement de santé — ce phénomène est une particularité des médecins québécois. Cette prime prévoit une augmentation automatique du revenu pour le travail en établissement, par exemple une prime de 10 % du revenu obtenu en établissement si le médecin suit 1500 patients inscrits et plus.
Ce phénomène de la rémunération suivant le nombre de patients n'est pas tout à fait nouveau, indique le président de la FMOQ, le Dr Louis Godin, mais «c'est une tendance qu'on met de plus en plus à l'intérieur de nos ententes» dans le but d'accroître l'accessibilité aux médecins. «Ce qui est caractéristique cette fois-ci, c'est qu'on met beaucoup plus d'ampleur là-dessus», admet-il.
Une entente «acceptable»
Dans la missive qu'il a adressée à ses membres, le Dr Godin dit juger le projet d'entente «acceptable», mais n'en recommande pas formellement l'acceptation à ses membres. Il les laisse libres de juger.
«On voulait valoriser la médecine familiale. On voulait avoir des mesures concrètes et je pense que c'est à eux que revient la décision de dire si c'est bon ou non. Mais c'est sûr qu'à partir du moment où je la soumets au vote, c'est parce qu'elle est sûrement correcte, qu'elle peut être acceptée. Mais la parole leur revient», explique le Dr Godin.
La «principale déception» du Dr Godin a trait à l'écart de rémunération entre les omnipraticiens et les spécialistes, qui n'a pas été réduit selon leur souhait. Il explique, dans sa missive, que le gouvernement s'était engagé à redresser de 5 % la rémunération des médecins de famille par rapport aux médecins spécialistes, ceci se traduisant par des augmentations supérieures pour les omnipraticiens jusqu'en 2016. Toutefois, compte tenu de l'entente qui a été signée depuis avec les spécialistes, «la correction de l'écart en 2016 risque d'être peu significative et bien loin de nos attentes».
Et cet écart persistant entre omnipraticiens et spécialistes «risque évidemment d'avoir des répercussions négatives sur le choix de carrière des étudiants en médecine», alors qu'il manque toujours près de 1200 médecins omnipraticiens au Québec, déplore le Dr Godin.
«Pour le reste, il est clair que la majorité des choses qu'on avait mises de l'avant, surtout par rapport aux objectifs pour la prise en charge des patients et comment on réussirait à améliorer la situation des patients orphelins au Québec, on retrouve dans ce projet d'entente-là, en tout ou en partie, une réponse à la très grande majorité des propositions qu'on avait mises sur la table», a opiné le Dr Godin.
Les 7800 médecins omnipraticiens devront se prononcer sur le projet d'entente d'ici le 6 août. Le temps de compter ces votes, le résultat devrait être connu à la mi-août. L'entente, si elle est acceptée, sera rétroactive au 1er avril 2010 et aura cours jusqu'au 31 mars 2015. Certaines clauses vont cependant au-delà de cette date et s'étendront jusqu'en 2016-2017.
La FMOQ et le ministère de la Santé et des Services sociaux n'avaient pas voulu révéler le contenu du projet d'entente avant hier. Les médecins devaient tout d'abord en prendre connaissance. Or, le président de la fédération, le Dr Louis Godin, a écrit à ses membres lundi dernier pour en présenter le contenu et il l'a dévoilé hier.
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Avec Le Devoir
Ce projet de contrat de travail prévoit 122,3 millions de dollars en augmentations paramétriques (non rattachées à des mesures), ce qui correspond à l'augmentation salariale consentie aux employés du secteur public, soit 6 % sur cinq ans.
Le gouvernement du Québec ajoute cependant plusieurs primes, forfaits et autres mesures — totalisant 340 millions — afin notamment de valoriser la prise en charge et le suivi d'un plus grand nombre de patients.
À titre d'exemple, les médecins recevront 100 $ pour chaque nouveau patient qu'ils prendront en charge et suivront et qui était inscrit à un guichet d'accès.
Une prime a aussi été instaurée dans le but d'inciter les médecins à travailler durant un plus grand nombre de journées, soit 50 $ par jour pour ceux travaillant de 180 à 200 journées par année, 200 $ par jour pour ceux travaillant plus de 200 journées par année.
Une autre «prime à la polyvalence» s'adressera aux médecins qui suivent plus de 700 patients tout en travaillant dans un établissement de santé — ce phénomène est une particularité des médecins québécois. Cette prime prévoit une augmentation automatique du revenu pour le travail en établissement, par exemple une prime de 10 % du revenu obtenu en établissement si le médecin suit 1500 patients inscrits et plus.
Ce phénomène de la rémunération suivant le nombre de patients n'est pas tout à fait nouveau, indique le président de la FMOQ, le Dr Louis Godin, mais «c'est une tendance qu'on met de plus en plus à l'intérieur de nos ententes» dans le but d'accroître l'accessibilité aux médecins. «Ce qui est caractéristique cette fois-ci, c'est qu'on met beaucoup plus d'ampleur là-dessus», admet-il.
Une entente «acceptable»
Dans la missive qu'il a adressée à ses membres, le Dr Godin dit juger le projet d'entente «acceptable», mais n'en recommande pas formellement l'acceptation à ses membres. Il les laisse libres de juger.
«On voulait valoriser la médecine familiale. On voulait avoir des mesures concrètes et je pense que c'est à eux que revient la décision de dire si c'est bon ou non. Mais c'est sûr qu'à partir du moment où je la soumets au vote, c'est parce qu'elle est sûrement correcte, qu'elle peut être acceptée. Mais la parole leur revient», explique le Dr Godin.
La «principale déception» du Dr Godin a trait à l'écart de rémunération entre les omnipraticiens et les spécialistes, qui n'a pas été réduit selon leur souhait. Il explique, dans sa missive, que le gouvernement s'était engagé à redresser de 5 % la rémunération des médecins de famille par rapport aux médecins spécialistes, ceci se traduisant par des augmentations supérieures pour les omnipraticiens jusqu'en 2016. Toutefois, compte tenu de l'entente qui a été signée depuis avec les spécialistes, «la correction de l'écart en 2016 risque d'être peu significative et bien loin de nos attentes».
Et cet écart persistant entre omnipraticiens et spécialistes «risque évidemment d'avoir des répercussions négatives sur le choix de carrière des étudiants en médecine», alors qu'il manque toujours près de 1200 médecins omnipraticiens au Québec, déplore le Dr Godin.
«Pour le reste, il est clair que la majorité des choses qu'on avait mises de l'avant, surtout par rapport aux objectifs pour la prise en charge des patients et comment on réussirait à améliorer la situation des patients orphelins au Québec, on retrouve dans ce projet d'entente-là, en tout ou en partie, une réponse à la très grande majorité des propositions qu'on avait mises sur la table», a opiné le Dr Godin.
Les 7800 médecins omnipraticiens devront se prononcer sur le projet d'entente d'ici le 6 août. Le temps de compter ces votes, le résultat devrait être connu à la mi-août. L'entente, si elle est acceptée, sera rétroactive au 1er avril 2010 et aura cours jusqu'au 31 mars 2015. Certaines clauses vont cependant au-delà de cette date et s'étendront jusqu'en 2016-2017.
La FMOQ et le ministère de la Santé et des Services sociaux n'avaient pas voulu révéler le contenu du projet d'entente avant hier. Les médecins devaient tout d'abord en prendre connaissance. Or, le président de la fédération, le Dr Louis Godin, a écrit à ses membres lundi dernier pour en présenter le contenu et il l'a dévoilé hier.
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Avec Le Devoir
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