lundi 28 mai 2012 Dernière mise à jour 00h38
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Plus de médecins pour moins de soins

Le problème est canadien, mais le Québec est à la traîne du reste du pays

Louise-Maude Rioux Soucy   27 juin 2011  Santé
<br />

Les rangs des médecins ont beau se regarnir peu à peu, l'accès aux soins continue de se fragiliser. Un important coup de sonde rendu public aujourd'hui montre que les délais d'attente continuent de s'allonger au Canada tandis que le temps consacré en soins directs aux patients est à la baisse. Une combinaison qui inquiète les médecins canadiens.

Publié ce matin, ce troisième sondage national a permis de prendre le pouls de 18 000 médecins qui posent un regard critique sur leur pratique en mutation. Premier constat: ni l'apport de nouvelles forces vives ni les milliards investis ces dernières années n'auront permis ne serait-ce que de stabiliser l'accès aux soins.

Les patients ont en effet attendu plus longtemps en 2010 que lors de l'exercice précédent tenu en 2007. Seuls 47 % des patients ayant un problème urgent ont eu accès à un médecin en moins de 24 heures, contre 39 % au Québec. Pour les soins non urgents, 26 % des Canadiens ont eu des soins en moins d'une semaine, contre 11 % au Québec. Ce qui le place en queue de peloton pour ces deux indicateurs.

En décortiquant les chiffres, on constate que le Québec figure parmi les derniers dans plusieurs autres indicateurs, notamment pour le nombre de patients suivis par les médecins de famille en une semaine, soit 80 pour une moyenne canadienne de 107. C'est aussi ici que les médecins ont les plus petites pratiques: 1433 patients contre 2275 à Terre-Neuve et Labrador.

Le Québec est souvent à la traîne, convient le Dr Jean-Bernard Trudeau, porte-parole de l'Association médicale canadienne, qui a réalisé cette recherche de concert avec le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada et le Collège des médecins de famille du Canada. «Je crois que l'organisation des soins explique en grande partie ce retard. Je n'ai pas vu le contenu des ententes [annoncées la semaine dernière par Québec], mais je sais que cela fait partie des enjeux majeurs de la dernière négociation.»

Le problème de l'accès n'est pas uniquement québécois, mais canadien, tempère le Dr Trudeau. Plusieurs éléments expliquent cette fragilisation croissante. «L'élément qui revient le plus, c'est que la médecine d'aujourd'hui n'est pas celle d'hier: 72 % des répondants ont dit avoir vu leur pratique se complexifier.» Les médecins citent aussi le vieillissement de la population et la nécessité de prendre en charge de plus en plus de malades chroniques, ce qui accapare beaucoup de leur temps.

«Les patients sont aussi de plus en plus informés et donc de plus en plus "demandants", ajoute le Dr Trudeau. Ce n'est pas une mauvaise chose. De plus en plus d'études démontrent que plus on passe du temps avec la personne, plus elle s'approprie ses soins. Elle devient alors un partenaire de soins et elle requiert moins de soins de santé par la suite.»

Mais encore faut-il que les médecins aient du temps à consacrer à leurs patients, ce qu'ils ont de moins en moins. La paperasse et l'administration mobilisaient en 2010 plus de temps que lors du dernier coup de sonde effectué en 2007. À l'inverse, la part consacrée aux soins directs a diminué. Ce n'est pas faute de travailler. La semaine moyenne des médecins compte 51,4 heures, le Québec fermant encore une fois la marche avec 48,4 heures.

Pour le Dr Louis Hugo Francescutti, président du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada, tous ces chiffres commandent une réaction musclée. «Les constatations tirées du SNM démontrent clairement qu'il faut intervenir immédiatement dans deux domaines fondamentaux du système de santé du Canada: l'accès aux soins en temps opportun et la viabilité du système.» Il en va de l'efficacité de notre réseau, prévient-il.
<br />
Mais encore faut-il que les médecins aient du temps à consacrer à leurs patients, ce qu'ils ont de moins en moins.
 
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Claude Kamps - Inscrit
    27 juin 2011 09 h 39
    «Se réaliser» est devenu le plus important
    La féminisation de la profession à fait en sorte de diminuer le temps consacré à sa pratique, les femmes ayant une plus grande charge familiale, surtout quand elles choisissent, pour bien des motifs valables actuellement, de devenir «mère célibataire».

    Anciennement les hommes avait comme principale occupation leur métier, bien plus d'heures en dehors de chez eux . Maintenant ils ont à partager la vie du ménage avec une compagne qui travaille aussi, ce qui la rend certainement plus autonome en cas de séparation qui arrive à 50% des couples.

    «Se réaliser» est devenu plus important que de construire une vie et un esprit de famille, ce qui veut dire que l'individualisme à son extrême est une des composantes de la vie de communauté exécrable que nous nous bâtissons...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • ragazzino - Inscrit
    27 juin 2011 10 h 36
    Une pénurie organisationnelle
    Il n'y a pas pénurie de médecins au Québec... nous sommes la province qui compte le plus de médecins par habitant au Canada! Comment diable peut-il y avoir pénurie? Ce prétendu "manque" criant de médecins a été créé de toute pièce!

    Si les médecins du Québec commençaient par accepter plus de patients et si on cessait d'accorder de la conciliation travail-famille qui permet à certains de ne travailler qu'à peine 3 jours par semaine, ce serait déjà beaucoup mieux. Il faudrait peut-être rappeler à certains qu'ils n'ont pas une vocation comme les autres. S'ils voulaient un travail de fonctionnaire, qu'ils changent d'emploi.

    Garnir les bancs des facultés de médecine avec des étudiants qui ont nulle part où faire leur stage... c'est d'un ridicule proprement québécois.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Wilbrod Eastman - Inscrit
    27 juin 2011 10 h 49
    la véritée des faits
    Plusieurs femmes médecins, ont des charges familiales. Mais beaucoup aussi font de la médecine en dilettante. Un cardiologue me racontait que dans son service il y a quatre femmes spécialistes, mais qui viennent très rarement, (pas forcement parce que mère de famille) ce qui l’oblige lui, a travailler 12 heures par jour. Quand il rentre a la maison les enfants dorment.
    Le Québec reçois beaucoup d’étudiants, francophones ou bilingues d’autres provinces. Qui âpres leur diplôme en poche retournent chez eux. Le gouvernement du Québec devrait comme il se fait dans certains pays d’Europe. Exiger qu’ils exercent leur profession au moins trois an dans le pays d’étude.

    D’autre part, quand des médecins français veulent pratiquer au Québec, beaucoup sont refusés pour mauvaise formations? ha!bon. En fait moins il y a de médecins au Québec plus ces derniers font des pressions pour une rallonge monétaire, exemple un anesthésiste peut gagner jusqu'à 400.000$ par an.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • camelot - Inscrit
    27 juin 2011 11 h 51
    Changement demandé
    La rétribution des médecins à l'acte doit cesser. Il est non-productif et incite, les spécialistes surtout, à des abus. On devrait payer les médecins à la semaine, comme en France où leurs salaires sont moins élevés.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Allophone - Inscrit
    27 juin 2011 13 h 16
    A Bidule:
    "Le Québec reçois beaucoup d’étudiants, francophones ou bilingues d’autres provinces. Qui âpres leur diplôme en poche retournent chez eux. Le gouvernement du Québec devrait comme il se fait dans certains pays d’Europe. Exiger qu’ils exercent leur profession au moins trois an dans le pays d’étude."

    Mais ils SONT dans leur pays d'etude! Ontario et Quebec sont dans le meme pays!!! :)) Vous voulez surement dire qu'ils devraient etre obliges d'exercer leur profession au moins 3 ans dans la PROVINCE d'etude.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Pascal Lessard - Inscrit
    27 juin 2011 13 h 48
    Une pénurie organisationnelle (2)
    Monsieur Ragazzino a presque raison : nous sommes en effet la province qui compte le plus de médecins par habitant au Canada, mais le Québec est également la seule province qui oblige les médecins de famille à travailler à l'urgence, à l'hôpital, dans les CHSLD. C'est en obligeant les médecins de famille à faire des AMP (activités médicales particulières) dans les années 1990 que le Québec a fait disparaitre l'offre de service en bureau. Il faut bien comprendre que le temps consacré au soin en dehors du bureau fait mathématiquement disparaître le temps de travail en bureau. Le pire, c'est que c'est un système qui s'auto-entretien : plus de gens consultent à l'urgence car il y a moins d'accessibilité en bureau, et parce qu'il y a plus de demande à l'urgence, cela justifie les décisions gouvernementales d'obliger les médecins de famille à aller travailler dans les urgences...

    Par contre, monsieur Camelot a tout à fait tort : les médecins les moins efficaces du système de santé au Québec sont les médecins des CLSC. Et ils sont payés à taux horaire, contrairement à leurs collègues qui travaillent en bureau.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • ragazzino - Inscrit
    27 juin 2011 17 h 16
    Abus
    Je confirme les abus sans scrupule encouragés par le rémunération à l'acte... j'en vois tous les jours dans le cadre de mon travail.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • JAMAIS UN QUeBEC PAYS - Inscrit
    27 juin 2011 21 h 07
    Les médecins des employés de l'états?
    Si oui, alors pourquoi ne pas leurs imposer des heures de travail? Il pourait y avoir des quart de travail imposés de 9 à 5 et de 5 à minuit? De cette façon il y aurait TOUJOURS un médecin de disponible.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Yvon Bureau - Abonné
    27 juin 2011 22 h 05
    Responsabilité du malade
    Sommes en naissance d'une nouvelle façon de soigner et d'être soigné

    Primsauté au maldade.

    Une relation intense avec le md.

    Le seul intérêt du patient.

    Des consentements et des refus éclairés et libres.

    Une certitude : les médecins ne sauvent pas des vies, masi en retardent la fin.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • L.Gauthier - Inscrit
    28 juin 2011 08 h 11
    OÙ EST LE MÉDECIN ALTRUISTE D'AUTREFOIS? QUE FAIT LE GOUVERNEMENT?
    Àfin de me faire soigner "gratuitement" par un spécialiste, santé exige, je vais passer le prochain week-end à l'urgence de l'hôpital.
    Je vais monopoliser encore un medecin généraliste afin de voir le spécialiste à l'hôpital au seul endroit dont ses soins sont "gratuits."

    Quel belle administration de notre système public.

    Les spécialistes dont j'ai besoin de services, ne se contentent plus du salaire donné par le système, Ils chargent pour tout et pour rien, des abus scandaleux. Rien, pour aider à libérer nos urgences. seul endroit gratuit. La majorité de nos vieux n'ont pas les moyens de payer les gouttes, les analyses, les radios etc Pourtant, ils ont payer leurs formations. Quel reconnaissance!
    Que fait le gouvernement?
    Ils encourragent la création de richesse qui est de plus en plus mal partagée.
    Médecine privée pour faire concurrance à notre système public. Comme si notre système public avait besoin de ça.
    On manque d'effectifs et on les partage avec le privé BRAVO!

    Quelle belle solution aux problèmes de notre système de santé signée Charest endosséepar Harper.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • L.Gauthier - Inscrit
    28 juin 2011 10 h 27
    3 médecins pour 1 bobo.
    Le médecin en clinic ou au CLSC ne peut faire une requête pour un traitement ou un examen donné à l'hôpital.
    Les patients doiventt voir un autre médecin à l'urgence de l'hôpital pour enfin être vu par le spécialiste pour recevoir le traitement ou passer l'examen.
    MANQUE-T-ON DE MÉDECINS OU MANQUE-T-ON DE LEADERSHIP
    QUI DÉCIDE ?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • L.Gauthier - Inscrit
    28 juin 2011 10 h 39
    OÙ EST LE MÉDECIN ALTRUISTE DAUTREFOIS?
    Le privé dans notre système de santé empire le problème.
    Les urgenses débordent de gens qui n'ont pas les moyens de payer les frais pour les gouttes, les analyses, les examens etc chargés dans les cliniques.
    Les ambitions pécunières de nos médecins détruisent notre système de santé.
    Le système public devrait être gratuis. Ce n'est plus le cas.

    Il n'y a pas de services de santé pour les pauvres travailleurs, les pauvres retraités, les assistés sociaux autres que ceux donnés à l'urgence des hôpitaux.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • - Abonné
    28 juin 2011 20 h 45
    Le Québec, moins bien que la moyenne canadienne.
    Le Québec, moins bien que la moyenne canadienne. Et le Canada qui fait déjà bien triste mine dans le monde :

    Nombre de médecins par 1000 habitants : Cuba : 6,4, Italie : 4,2, Norvège : 4,1, Suisse : 4,1, Royaume Uni : 3,7, France : 3,5, Australie : 3,0, Belgique : 3,0, Nouvelle-Zélande : 2,4, et le Canada : 1,9.

    Nombre de lits d'hôpitaux par 1000 habitants : France : 7,1, Nouvelle-Zélande : 6,2, Suisse : 5,5, Belgique : 5,3, Cuba : 4,9, Norvège : 4,1, Australie : 4,0, Italie : 3,9, Royaume Uni : 3,6, et le Canada : 3,4.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
13 réactions
1 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012