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    Vers un hôpital adapté pour les aînés

    Québec veut adapter la culture hospitalière pour éviter que les personnes âgées ne sortent des établissements plus diminuées qu'à leur arrivée

    21 juin 2011 | Louise-Maude Rioux Soucy | Santé
    Une hospitalisation non adaptée peut rapidement conduire la personne âgée à un état confusionnel aigu appelé delirium et à des déclins fonctionnels.<br />
    Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir Une hospitalisation non adaptée peut rapidement conduire la personne âgée à un état confusionnel aigu appelé delirium et à des déclins fonctionnels.
    Un hôpital ami des aînés. Au-delà du label lancé hier au Centre universitaire de santé McGill (CUSM), c'est à un véritable changement de philosophie qu'appelle le ministre de la Santé, Yves Bolduc. Nombre de pratiques courantes dans nos hôpitaux doivent en effet être adaptées aux besoins des personnes âgées. Faute de quoi, le remède risque fort de faire plus de mal que de bien.

    La littérature est formelle. Une hospitalisation non adaptée peut rapidement conduire la personne âgée à un état confusionnel aigu appelé delirium (dans 20 à 50 % des cas) et à des déclins fonctionnels (dans 30 % des cas): incontinence, incapacité physique, confusion ou perte d'autonomie pour ne nommer que ceux-là. Sans approche adaptée, «on peut se retrouver avec des gens qui rentrent [à l'hôpital] malades, qui y deviennent très malades» et qui en ressortent diminués, a expliqué le ministre Bolduc. «Ces gens-là, on ne les aide pas.»

    Ce genre de torts, trop souvent irréparables, sont pourtant évitables, assure la Dre Nadine Larente. Pour la directrice associée de la division de gériatrie du CUSM, «il est primordial de s'assurer qu'en opérant le coeur d'une personne on ne l'envoie pas dans un CHSLD parce qu'on n'a pas su éviter le delirium et le déficit fonctionnel». Pour cela, il faut mettre en branle «une série de gestes simples, non spectaculaires» qui exigent néanmoins «un virage à 180 degrés de notre culture hospitalière».

    L'approche doit en effet être systématique pour qu'elle mène à des résultats. Deux ou trois gestes comme veiller à ce que la personne soit bien hydratée et alimentée, que sa douleur soit bien contrôlée, sa médication revue ou l'alitement minimisé ne suffiront pas, prévient la gériatre. Un investissement exigeant, certes, mais qui peut rapporter gros. «Si on prend le modèle américain [...], le modèle Help, il y a un investissement initial, mais les économies encourues en font une approche neutre en termes de coûts.»

    Une méthode approuvée


    Cette approche a déjà fait l'objet d'un important état des lieux publié par des experts des instituts de gériatrie de Montréal et de Sherbrooke l'an dernier. Sitôt leur imposant document imprimé, le ministre Bolduc l'avait fait suivre à tous les établissements de santé du Québec avec la consigne de s'en inspirer. Un an plus tard, le ministre est ravi de constater que personne dans le réseau n'ignore désormais la pertinence d'une approche adaptée pour les personnes âgées.

    «On a fait un grand bout», estime Yves Bolduc qui octroie une note de sept sur dix au réseau québécois. «Pour aller chercher le neuf sur dix [le dix sur dix étant impossible], il faut que cette approche soit généralisée à la grandeur des établissements du Québec.» L'initiative «hôpital ami des aînés» lancée hier par le CUSM grâce à une subvention de 300 000 $ du ministère des Aînés contribuera à faire avancer la réflexion.

    Le CUSM en profitera pour revoir ses pratiques, lancer des campagnes et élaborer des programmes de prévention du delirium et des pertes d'autonomie. Un mouvement appelé à faire des petits, croit la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, qui y voit «une bougie d'allumage [...] pour faire évoluer les pratiques.»

    Un effort dont bénéficiera tout le réseau, calcule Yves Bolduc. «Je vous rappellerai une donnée: 5 % des gens consomment 50 % des services, et généralement ce sont des personnes âgées.» En prenant ces gens en charge plus efficacement, Québec compte minimiser le phénomène du patient yoyo qui alourdit inutilement le réseau public.
     
     
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