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Un pacte avec les médecins de famille

François Legault dévoile sa proposition en santé

Louise-Maude Rioux Soucy   18 mai 2011  Santé
Le Québec compte deux millions de patients orphelins.<br />
Photo : Agence Reuters Hyungwon Kang
Le Québec compte deux millions de patients orphelins.

À retenir

    600 millions qui ne coûteront rien

    Investissements à réaliser
    • Incitatifs consentis aux médecins de famille: 500 millions
    • Rémunération du personnel de soutien dans les GMF: 50 millions
    • Nouvelles responsabilités octroyées aux pharmaciens: 50 millions
    Sources de financement
    • Révision des honoraires des pharmaciens: 250 millions
    • Recours réduit aux médicaments d'origine: 250 millions
    • Abolition des agences de santé et de services sociaux: 100 millions
La Coalition pour l'avenir du Québec croit avoir trouvé la solution aux patients sans médecin. Le tandem formé par l'ancien ministre François Legault et l'homme d'affaires Charles Sirois propose de signer un pacte avec les médecins de famille. Ce pacte serait assorti d'une augmentation de salaire substantielle — 60 000 $ en moyenne de plus par année — mais supposerait aussi plus de responsabilités en matière de volume et d'accessibilité par l'entremise d'un réseau de première ligne désormais accessible sept jours sur sept, 24 heures sur 24.

Selon M. Legault, on ne peut plus tolérer le fait que le Québec compte deux millions de patients orphelins. «Il y a 8200 médecins de famille au Québec, c'est assez pour couvrir les besoins de toute la population.» Pour cela, la Coalition propose l'ajout d'incitatifs «substantiels» à ceux qui prendront en charge de 1000 à 1500 patients selon qu'ils pratiquent en cabinet et à l'hôpital ou exclusivement en cabinet.

«Évidemment, cela va vouloir dire plus de volume, donc des coûts additionnels», a admis M. Legault. Au bas mot, 600 millions de dollars, soit 500 millions en salaires, 50 millions en soutien infirmier et administratif et 50 autres pour l'octroi de nouvelles responsabilités aux pharmaciens. «C'est beaucoup, mais nous croyons que c'est là qu'il faut intervenir.» Autrement, c'est la «survie de notre réseau public» de santé qui sera «en péril», a insisté l'ancien ministre péquiste.

Pour les médecins de famille, cela suppose des semaines plus chargées que les trois ou quatre jours de travail auxquels la moyenne est habituée. La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec est prête à relever le défi. «C'est exactement ce que nous demandons depuis deux ans. Des incitatifs à la prise en charge et du support à la pratique», rappelle son président, le Dr Louis Godin, qui apprécie que cela se fasse sur «une base incitative et non coercitive».

La transformation devra se faire sans pression financière additionnelle pour les contribuables. Pour y arriver, la Coalition propose d'abolir les agences de santé et de services sociaux (1000 postes supprimés) et de donner plus de latitude aux 95 centres de santé et services sociaux. Des économies de 100 millions.

Cette marge de manoeuvre est la bienvenue, juge l'Association québécoise d'établissements de santé et de services sociaux. «Nous souscrivons à tout cela, à une chose près: conservons les agences, qui ont un rôle de coordination régionale à assumer, mais allégeons-le», propose sa directrice générale, Lise Denis.

La Coalition s'attaque aussi au contrôle du coût des médicaments par un recours moindre aux médicaments d'origine (250 millions) et une révision des honoraires des pharmaciens (250 millions). La mesure a été jugée «irréaliste» par l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires. Selon elle, faire passer «le renouvellement des ordonnances de 30 à 90 jours est une fausse solution» qui, au-delà des enjeux budgétaires, peut avoir des conséquences «sur le suivi et l'observance des thérapies».

La place du privé


Quant à la place du privé en santé, la Coalition a sciemment choisi de ne pas s'y frotter. En la matière, «nous prônons le statu quo», a dit M. Legault en précisant que, dans l'état actuel du réseau, «il faut aller à l'essentiel». D'autant que les retombées espérées seraient moindres que celles qu'on laisse miroiter, «pas plus de 100 millions» selon lui.

Ce pari en faveur du public a été salué par la Fédération des médecins spécialistes du Québec, qui s'est dite «essentiellement favorable» au plan de la Coalition. «Nous sommes très contents qu'il n'y ait pas d'ouverture au privé alors que le régime public n'a pas atteint son plein potentiel», a commenté son président, le Dr Gaétan Barrette.

À Québec, le ministre de la Santé, Yves Bolduc, n'a pas été impressionné par le plan Legault-Sirois, qu'il juge déconnecté de la réalité québécoise. «Tout a été fait ou est en train de se faire, il n'apporte rien de nouveau.» Y compris sur le plan de la rémunération? «Ce sont déjà des discussions que l'on a avec les médecins de famille», affirme le ministre.

Prudence aussi à la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), qui estime que de donner plus de pouvoirs aux médecins «ne réglera pas tous les problèmes du réseau». «Nous aurions souhaité un meilleur partage des compétences et des mesures concrètes pour favoriser la loi 90 [sur la collaboration interprofessionnelle]», a dit sa présidente, Régine Laurent.
 
 
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  • Jean Lapointe - Abonné
    18 mai 2011 08 h 13
    Désolant.

    On dirait qu'il y a des gens qui cherchent des solutions miracles aux problèmes qui existent dans le domaine de la santé.

    C'est pitoyable de les voir tous se blâmer les uns les autres et de se lancer des chiffres par la tête et les journaux en rajoutent.

    J'en suis venu à ne plus sentir les médecins et j' essaye à 75 ans de me passer d'eux le plus possible.

    Ces gens-là se foutent de nous complètement.

    Ils semblent ne chercher que le profit personnel ou les honneurs ou je ne sais quoi.

    Ça fait dix ans que je vois tous les ans un médecin spécialiste. A mon dernier rendez-vous en janvier dernier ce cher médecin m'a demandé si on se connaissait et quel âge j'avais. Il n'avait manifestement pas regarder mon dossier.Drôle de surprise de ma part.

    Comment peut-il en être ainsi? Est-ce de sa faute ou est-ce parce qu'il voit trop de patients ?

    Je ne connais pas la cause d'un tel désintérêt pour ses patients mais je trouve cela tout à fait inexplicable.

    Je dois avouer par contre qu'au moins j'ai l'avantage d'être suivi par deux spécialistes et par un généraliste même si ça laisse parfois à désirer.

    Mais j'espère bien ne pas dépasser les 80 ans si je dois passer le reste de ma vie dans des bureaux de médecins à attendre les heures de rendez-vous.

    Il faudrait quand même faire mieux .

    J'ai l'impression parfois que dans l'esprit de bien des gens la maladie a pris toute la place. Ce qui est devenu important ce n'est pas d'essayer de mieux vivre mais de ne pas être malade.

    C'est ça l'avenir?
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  • Michel Page - Inscrit
    18 mai 2011 10 h 08
    Plus de cohérence et plus de sens de l'évaluation seraient requises

    J'ai lu en diagonale ce que les journaux disaient de votre texte de réflexion.


    J’estime que de donner plus de pouvoirs aux médecins et d’établir un pacte de rémunération plus qu’avantageuse aux médecins ne réglera pas les problèmes du réseau de santé, ni même le seul d’engorgement aux urgences, etc. Bien entendu ce type de pacte par récompense monétaire fera que les médecins seront satisfait, un temps, jusqu’à la prochaine ronde de revendications sur la rénumération.
    Mais, la question des médecins de famille et des Groupes de médecine familiale sont là en Ontario depuis plus de 20 ans… mais il y a résistance ici au Québec. Pourquoi? Les problèmes de santé sont largement liés à la prévention et à l’éducation.. là plus de place aux infirmières spécialisées / aux super/infirmières etc doit faire partie de la résolution de problèmes; un partage des compétences et des mesures concrètes pour favoriser la collaboration interprofessionnelle s’imposent.
    La surnumération des médecins vous attirera certes la faveur … des médecins et des fédérations corporatistes… mais suscite un problème d’éthique important. En particulier, vous devez prendre en considération que la formation des médecins est défrayée par l’ensemble de la population Donc vous ne pouvez pa en toute honnêteté apporter une surénumération sans exiger que les médecins qui ont reçu une formation payée par le public remboursent le différentiel avec les coûts de la formation dans les autres provinces. Vous devez donc poser dans la balancer « révisionniste » des modes contractuels qui rappelleront aux médecins qu’ils auront bénéficié de subventions à la formation qui n’ont de sens moral que dans la mesure où les médecins apportent un réel service social à la population afin de revendiquer des hausses de rémunérations. Vous devez dons aussi revoir le mode de financement des formations universitaires pour introdu
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