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Coops de santé: Québec dans l'embarras

Le financement provenant de municipalités est au coeur d'un litige que personne n'ose trancher

Louise-Maude Rioux Soucy   11 avril 2011  Santé
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Le modèle coopératif en santé a du plomb dans l'aile. Déjà, trois coopératives sont dans le collimateur de la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ). Au moins une autre, la Coopérative de solidarité santé Shooner-Jauvin, financée en bonne partie par dix municipalités, a fait l'objet d'une plainte au ministère des Affaires municipales, Régions et Occupation du territoire (MAMROT), a appris Le Devoir. Un dossier chaud qui embête aussi le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

C'est que l'enjeu est gros. Il dépasse les questions habituelles entourant la légalité des cotisations annuelles que réclament certaines coopératives. Cette fois, la controverse amène les élus sur un autre terrain: celui des subventions accordées par des municipalités à une poignée de coopératives de santé. Le modèle est marginal, mais il fait déjà beaucoup jaser à Québec. Personne encore n'a osé trancher quant à la légalité de ce nouveau modèle d'affaires.

La loi indique qu'une municipalité peut agir en fonction de ses compétences, explique la porte-parole du MAMROT, Émilie Lord. Or «ces compétences n'incluent pas le financement ni la subvention d'un établissement commercial, y compris les coopératives».

C'est sous ce principe que huit citoyens de Yamaska ont fait parvenir une plainte au MAMROT en 2009. Ceux-ci reprochaient à leur municipalité de s'être engagée à débourser 18 000 $ par année pendant cinq ans pour financer la coop située dans la municipalité voisine de Pierreville.

Ils y faisaient valoir que le financement des services de santé est de compétence provinciale. Ils affirmaient aussi que le financement consenti par leur municipalité était en fait une subvention allouée à une entreprise, chose interdite au Québec. Dans un avis rendu le 26 janvier 2010 dont Le Devoir a obtenu copie, la direction régionale de la Montérégie leur avait donné raison. Le dossier a donc été transmis au Comité de coordination des plaintes du MAMROT.

Ébranlé, le conseil municipal de Yamaska s'est alors rangé du côté des contestataires. Il a donc retenu sa contribution pour les années 2010 et 2011. Avisé de cette décision, le coordonnateur au traitement des plaintes du MAMROT a fermé le dossier avant même d'avoir eu à se prononcer. «La plainte a été fermée puisque la municipalité a suspendu son aide», explique Émilie Lord.

Sur le terrain toutefois, le conflit est resté entier. Le retrait de Yamaska a plongé la coopérative dans une position intenable, déplore son président, André Descôteaux. «Quand on a monté le projet, on a calculé un budget serré. Yamaska nous a mis dans une situation déficitaire», relève celui qui est aussi maire de la municipalité de Pierreville, où loge la coopérative.

Selon Françoise Lacasse, directrice générale de la coopérative, le contrat signé en 2008 par les dix municipalités — contrat d'une valeur totale de près de 600 000 $ sur cinq ans — est «parfaitement valide et doit donc être honoré». «Tout est légal de fond en comble. Notre avocate nous affirme que les municipalités peuvent avancer des fonds pour servir leur population dans un établissement de santé.»

C'est aussi ce qu'affirme Benoit Caron, directeur général de la Fédération des coopératives de services à domicile et de santé du Québec (FCSDSQ). «Les dix municipalités ont convenu conjointement de financer les opérations de la coopérative de façon à éviter aux citoyens d'avoir à assumer une contribution annuelle qui aurait pénalisé les moins nantis. C'est un modèle marginal, avec lequel je suis plus ou moins confortable, mais ce n'est pas interdit.»

Zones grises

Pas d'accord, répond la conseillère municipale de Yamaska, Diane de Tonnancourt. Le problème, c'est que personne à Québec ne veut se prononcer. Le MARMOT a fermé le dossier et le MSSS renvoie le tout à la RAMQ, qui, elle, rappelle que «l'accès à un médecin ne doit jamais être conditionnel au paiement d'une somme d'argent». «La coopérative n'en est pas encore arrivée à cette extrémité, mais elle y a songé», déplore Mme de Tonnancourt, qui craint des représailles.

Dans une lettre datée du 8 septembre 2010, la coop a en effet écrit à la municipalité de Yamaska pour la prévenir, que, faute de respecter ses obligations, «nous aviserons aussi votre population que nous devrons temporairement cesser d'accepter de nouveaux membres et que les membres actuels en attente de médecin, ne pourront avoir recours aux services de la coop». La lettre a choqué Mme de Tonnancourt qui y a vu la menace d'un frein à l'accessibilité aux soins de santé.

La coopérative s'en défend bien. Il n'a jamais été question de limiter l'accès aux médecins, chose interdite par la loi, affirme Mme Lacasse. «C'est seulement la partie coop qui était concernée. Et même ça, on l'a laissé tomber. On a eu d'autres réunions depuis et nous avons décidé de remettre le tout entre les mains des avocats.» Yamaska a fait la même chose. À leur grand regret, les deux parties se parlent donc désormais par l'entremise de leurs avocats-conseils.

Les deux parties estiment avoir été abandonnées à leur sort par Québec. «Je suis conscient qu'il y a une zone grise, note M. Descôteaux. Et je pense qu'elle est entretenue par le gouvernement qui ne met pas ses culottes. C'est ben commode les coops pour eux, on désengorge les urgences et c'est aux municipalités de s'arranger avec ça.» C'est aussi l'avis de Mme de Tonnancourt. «Le gouvernement fait la sourde oreille. Il ne veut clairement pas toucher à ça. Et, plus le problème grossit, plus il se braque.»

Si le gouvernement n'est pas prêt à trancher, il dit être préoccupé par la situation. La question du financement des coopératives par les municipalités est toujours en analyse au MAMROT. Le MSSS a été sollicité de même que les deux cabinets concernés. «C'est le gouvernement qui va statuer lorsque cet examen sera terminé», promet-on au cabinet du ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard. Aucun échéancier n'a été encore arrêté.
 
 
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  • Claude Kamps - Inscrit
    11 avril 2011 06 h 59
    En fait, comme dans beaucoup de dossiers chauds
    Ce gouvernement de Charest, remet à après la prochaine élection la prise de décision ou pire le calcul du financement réel d'un dossier... Donc remet au suivant qui aura a se débrouiller avec une multitude de projet, promis, commencés et vraiment financés. Le PLQ sera soulagé de remettre le pouvoir au suivant... Et lui reprochera en tant qu’opposition de creuser de déficit du Québec....

    Une COOP est financée par ses usagés, si ce sont les communes qui se chargent du financement, c'est un service à la population offert par la ou les municipalités et si il y a des bénéfices ou des pertes ce sont elles qui assument et pas les usagés.

    Mais la ça devient du folklore, les usagés payent des taxes à la municipalité, mais n'on aucun levier sur le fonctionnement de la COOP, ou sur la rémunération des médecins par exemple... ou sur le fait de prendre ou ne pas prendre de patients.
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  • Jean Peupu - Inscrit
    11 avril 2011 07 h 21
    toujours payer
    c est coop sont des formes déguisé de taxage déjà tous et chacun paie des taxes et des impôts qui servent a financer le ministère de la santé. en plus maintenant il faut payer une coop et certains médecins et il y a aussi les chers ppp qui se pointe le nez tous ses beau système se partagent le même nombre de médecins et d infirmières alors ou est la solutions ? peut être donner le droit aux médecin d avoir une clientèle non limitées ,et gérer avec un ministre responsable de façon adéquate ce ministère qui ressemble a un gouffre sans fond ou il y a plus de chefs que d indiens et aussi se poser la question avons nous besoins d un services mur a mur entre autre pourquoi s être embarqué dans l assurance médicaments qui devient aussi un autre gouffre et la grande question nos élus demeurent ils sur la même planète que nous depuis les années Bouchard ce ministère va de mal en pis
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    11 avril 2011 07 h 34
    La santé publique va-t-elle se métamorphoser en combat de Titans du privé?
    La boîte de Pandore est désormais ouverte. Êtes-vous content monsieur Charest? Ce dernier sait que nous ne vivons pas dans une dictature, sauf preuve du contraire.

    Magouilleur en son genre, monsieur Charest, se croyant orgueilleusement fin stratège politique, utilise tout en son pouvoir pour sortir en catimini le domaine de la santé publique vers le privé.

    Ici, est-ce l'avant scène d'un dommage collatéral de ce fin finaud de Charest? Une société civilisée avec un système de santé privée de plus en plus le devient de moins en moins civilisée.

    Ça devient plutôt un rudimentaire combat de Titans du privé...
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  • François Dugal - Abonné
    11 avril 2011 09 h 12
    Nommez
    Nommez un seul dossier dans lequel «Québec» n'est pas dans l'embarras?
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  • TRIPOD - Inscrit
    11 avril 2011 11 h 14
    Les contribuables québécois paient déjà BEAUCOUP TROP CHER ...
    Les contribuables québécois paient déjà BEAUCOUP TROP CHER pour un système de Santé auquel ils n'ont souvent que partiellement accès, on en a des exemples éloquents tous les jours !

    John James Charest a lui-même ouvert la boîte de Pandore, à lui de la refermer ! En plus de ne pas recevoir les paiements pour la Santé auxquels nous avons droit du fédéral et d'être déjà surtaxés par nos villes pour des services quasi-inexistants, le "parrain" du PLQ va-t-il maintenant carrément nous menacer avec un sytème de Santé "usuraire" où le mot d'ordre de ce sytème "mafieux" sera : "Tu paies ou tu crèves !" Il n'a pas à en rajouter, c'est PRESQUE déjà ça !

    Encore une fois, que ce gouvernement "pourri" commence donc par taxer les entreprises et les "mieux nantis", de la société selon ce qu'ils gagnent ou selon leurs profits, FINIS les paradis fiscaux, et déjà la Santé financìère du Québec ne s'en porterait que mieux !

    Comment voulez-vous que ça marche dans une société où seulement une faible proportion de la population détient TOUTE la richesse et qu'en plus, ces gens, paient encore moins de taxes et d'impôts que le québécois moyen ? Il y une inéquité certaine dans ce mode de fonctionnement parce que les sommes CONSIDÉRABLES que ces entreprises et que ces personnes RICHES ne paient pas se trouvent réparties à l'ensemble de la classe moyenne qui paie déjà ici, au Québec et au Canada, BEAUCOUP PLUS que sa part ! On n'a pas de SALAIRE D'APPOINT, nous !!!
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  • Daniel Berube - Abonné
    12 avril 2011 15 h 22
    C'est dommage...
    Il est quand même dommage que huit citoyens, pour dix municipalités, soient en train de jeter le tout à l'eau... car combien d'heure de travail souvent bénévole ont été nécessaire pour organiser le tout et le mettre en marche ? !
    Et il faut considérer que le tout n'était pas pour profiter ou abuser de la population, mais tenter d'apporter solution à grand nombre de familles ayant problème concernant le médecin de famille ou la rapidité des services.

    Et je ne serais pas surpris que de ces huit citoyens, la majorité soient des riches avec grosse évaluation et qui furent scandalisé d'une hausse possible de 0.5% de leur compte de taxe... mais eux n'étant pas affecté, ayant généralement accès à leur clinique privée...

    Et vive le capitalisme ! Tout pour toi jusqu'a en jeter, et laisse crever les autres...

    Nos grands-parents doivent se retourner dans leurs tombes...
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