Même si Statistique Canada rapporte une augmentation du nombre des fumeurs - Les ventes de cigarettes diminuent au Québec
Le Québec a connu en 2002 une étonnante diminution de 15 % de la consommation de tabac par rapport à 2001, selon une recherche effectuée par le porte-parole de l'Association pour les droits des non-fumeurs (ADNF), Francis Thompson.
M. Thompson a analysé les données de Santé Canada concernant la vente de cigarettes manufacturées, de blagues de tabac et de cigarettes qu'il faut assembler (bâtonnets de cigarettes et filtres vendus séparément) et s'est rendu compte qu'il s'était vendu 1576 cigarettes par Québécois en 2002 comparativement à 1860 cigarettes en 2001, soit une diminution de 15 %.
Pourtant, les sondages effectués par Statistique Canada révèlent une augmentation de 3 % des fumeurs québécois entre 2001 et la première moitié de 2002 (de 24 % à 27 %). «Quand j'ai vu les statistiques de Santé Canada, je me suis dit qu'il y avait un problème avec les données et que les ventes de cigarettes n'avaient pas pu diminuer autant, a déclaré dans un entretien téléphonique au Devoir M. Thompson. J'ai vérifié avec Santé Canada et les données sont bien exactes.»
M. Thompson a également vérifié au ministère des Finances du Québec les recettes fiscales concernant la vente de cigarettes, et celles-ci avaient bel et bien diminué.
«C'est impossible que les données de Statistique Canada soient vraies et que les données sur les ventes le soient aussi. Il y a quelque chose qui cloche. Personnellement, j'ai plus tendance à faire confiance aux données sur les ventes. Il n'y a pas de marge d'erreur de 3 % comme dans les sondages», a indiqué M. Thompson.
La contrebande?
M. Thompson ne croit pas que c'est la contrebande qui vient fausser les chiffres. Selon lui, «la contrebande que nous avions dans les années 1990 n'est plus possible aujourd'hui. Depuis 2001 et l'établissement d'une taxe à l'exportation importante au Canada, les grandes compagnies ne font plus passer le tabac aux États-Unis avant de le revendre au Canada. Il ne reste plus de profit possible pour les contrebandiers.»
Les données recueillies par M. Thompson couvrent l'ensemble de l'année 2002, tandis que celles de Statistique Canada n'incluent que la première moitié de l'année. Or, en juin 2002, les taxes sur les cigarettes ont fortement augmenté au Québec. Il sera peut-être possible de voir une diminution des fumeurs lorsque les données de Statistique Canada couvriront toute l'année, souligne M. Thompson.
Autre fait intéressant de cette recherche: les ventes de cigarettes en Ontario n'ont diminué que de 8 % pour la même période. «Il est difficile d'expliquer cet écart de près de 50 % entre le Québec et l'Ontario. Mais il se passe quelque chose au Québec et ça arrive très rapidement: une diminution beaucoup plus rapide que ce qu'on a pu voir dans la très grande majorité des pays ou des États américains», a constaté M. Thompson.
Sensibilisation
«Il y a au Québec une mobilisation des groupes antitabac beaucoup plus importante qu'en Ontario, soutient M. Thompson. Depuis 1996, les Québécois discutent beaucoup du tabac alors qu'en Ontario, c'est un vieux débat.»
Michelle Gosselin, agente de communication au Conseil québécois sur le tabac et la santé, affirme que «les organismes antitabac au Québec ont bâti au cours des années des partenariats solides qui donnent plus de force à nos actions. La sensibilisation et la prévention nous permettent de dire aujourd'hui que le tabac est bien en régression au Québec».
L'agente en communication souligne que les Québécois bénéficient de différents outils pour les aider à arrêter de fumer, dont un site Internet et une ligne téléphonique qui donnent différents conseils pour perdre cette mauvaise habitude.
Elle mentionne également que la prévention a donné des résultats intéressants chez les jeunes du secondaire: une enquête menée auprès de ce groupe en 2002 a révélé une diminution de 6 % des fumeurs entre 2000 et 2002 (de 29 % à 23 %). «On constate que ce n'est plus la norme de fumer chez les jeunes Québécois. La cigarette attire beaucoup moins les jeunes qu'avant», constate Mme Gosselin.
M. Thompson a analysé les données de Santé Canada concernant la vente de cigarettes manufacturées, de blagues de tabac et de cigarettes qu'il faut assembler (bâtonnets de cigarettes et filtres vendus séparément) et s'est rendu compte qu'il s'était vendu 1576 cigarettes par Québécois en 2002 comparativement à 1860 cigarettes en 2001, soit une diminution de 15 %.
Pourtant, les sondages effectués par Statistique Canada révèlent une augmentation de 3 % des fumeurs québécois entre 2001 et la première moitié de 2002 (de 24 % à 27 %). «Quand j'ai vu les statistiques de Santé Canada, je me suis dit qu'il y avait un problème avec les données et que les ventes de cigarettes n'avaient pas pu diminuer autant, a déclaré dans un entretien téléphonique au Devoir M. Thompson. J'ai vérifié avec Santé Canada et les données sont bien exactes.»
M. Thompson a également vérifié au ministère des Finances du Québec les recettes fiscales concernant la vente de cigarettes, et celles-ci avaient bel et bien diminué.
«C'est impossible que les données de Statistique Canada soient vraies et que les données sur les ventes le soient aussi. Il y a quelque chose qui cloche. Personnellement, j'ai plus tendance à faire confiance aux données sur les ventes. Il n'y a pas de marge d'erreur de 3 % comme dans les sondages», a indiqué M. Thompson.
La contrebande?
M. Thompson ne croit pas que c'est la contrebande qui vient fausser les chiffres. Selon lui, «la contrebande que nous avions dans les années 1990 n'est plus possible aujourd'hui. Depuis 2001 et l'établissement d'une taxe à l'exportation importante au Canada, les grandes compagnies ne font plus passer le tabac aux États-Unis avant de le revendre au Canada. Il ne reste plus de profit possible pour les contrebandiers.»
Les données recueillies par M. Thompson couvrent l'ensemble de l'année 2002, tandis que celles de Statistique Canada n'incluent que la première moitié de l'année. Or, en juin 2002, les taxes sur les cigarettes ont fortement augmenté au Québec. Il sera peut-être possible de voir une diminution des fumeurs lorsque les données de Statistique Canada couvriront toute l'année, souligne M. Thompson.
Autre fait intéressant de cette recherche: les ventes de cigarettes en Ontario n'ont diminué que de 8 % pour la même période. «Il est difficile d'expliquer cet écart de près de 50 % entre le Québec et l'Ontario. Mais il se passe quelque chose au Québec et ça arrive très rapidement: une diminution beaucoup plus rapide que ce qu'on a pu voir dans la très grande majorité des pays ou des États américains», a constaté M. Thompson.
Sensibilisation
«Il y a au Québec une mobilisation des groupes antitabac beaucoup plus importante qu'en Ontario, soutient M. Thompson. Depuis 1996, les Québécois discutent beaucoup du tabac alors qu'en Ontario, c'est un vieux débat.»
Michelle Gosselin, agente de communication au Conseil québécois sur le tabac et la santé, affirme que «les organismes antitabac au Québec ont bâti au cours des années des partenariats solides qui donnent plus de force à nos actions. La sensibilisation et la prévention nous permettent de dire aujourd'hui que le tabac est bien en régression au Québec».
L'agente en communication souligne que les Québécois bénéficient de différents outils pour les aider à arrêter de fumer, dont un site Internet et une ligne téléphonique qui donnent différents conseils pour perdre cette mauvaise habitude.
Elle mentionne également que la prévention a donné des résultats intéressants chez les jeunes du secondaire: une enquête menée auprès de ce groupe en 2002 a révélé une diminution de 6 % des fumeurs entre 2000 et 2002 (de 29 % à 23 %). «On constate que ce n'est plus la norme de fumer chez les jeunes Québécois. La cigarette attire beaucoup moins les jeunes qu'avant», constate Mme Gosselin.
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