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Obésité juvénile - Ottawa lance un dialogue national

Québec partagera son expertise, mais ne souscrit pas à la stratégie pancanadienne

Louise-Maude Rioux Soucy   8 mars 2011  Santé
En un quart de siècle, les taux d’obésité chez les enfants et les jeunes ont presque triplé au Canada.<br />
Photo : Agence France-Presse John Moore
En un quart de siècle, les taux d’obésité chez les enfants et les jeunes ont presque triplé au Canada.
Les ministres de la Santé du Canada ont uni leurs voix hier contre un ennemi commun: l'excès de poids, qui touche plus d'un jeune de 2 à 17 ans sur quatre au pays (18 % en surpoids et 8 % d'obèses). Leur arme de prédilection: un grand dialogue national que les ministres souhaitent ouvert, inclusif et porteur de changements. Un mouvement auquel le Québec ne prendra pas part.

Si le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) partage les intérêts des autres provinces dans ce dossier, celui-ci ne souscrit pas à la stratégie pancanadienne, a fait valoir sa porte-parole, Nathalie Lévesque. Le Québec a en effet développé ses propres programmes de promotion des saines habitudes de vie et entend s'y tenir. Le dialogue n'est pas clos pour autant. «Nous allons continuer à partager l'information et l'expertise avec les autres provinces et territoires.»

Car le problème n'est pas à prendre à la légère. En un quart de siècle, les taux d'obésité chez les enfants et les jeunes ont presque triplé au Canada. Avec eux sont apparus des problèmes de santé que l'on croyait jusqu'alors réservés aux adultes comme un taux de cholestérol élevé, de l'hypertension ou du diabète de type 2. Si ces tendances se maintiennent, cette génération sera la première à vivre moins longtemps que ses parents en raison de maladies chroniques associées à l'obésité.

Heureusement, le mouvement est encore réversible, estime la ministre fédérale de la Santé, Leona Aglukkaq, qui lançait hier à Toronto le programme «Notre santé, notre avenir: dialogue national sur le poids santé», destiné à promouvoir les vertus d'un poids santé chez les jeunes. Les résultats de cette grande conversation sont attendus pour novembre prochain. D'ici là, chacun a rendez-vous au www.notresantenotreavenir.gc.ca, de l'enfant au spécialiste, en passant par ses parents et ses éducateurs.

Il faudra agir vite et tôt. L'enfant obèse à quatre ans sera 20 % plus susceptible de voir son problème de poids persister à l'âge adulte. Chez l'adolescent, ce ratio passe à un alarmant 80 %, calcule la Fondation des maladies du coeur du Canada, qui a salué l'initiative du gouvernement Harper hier.

Invoquant le «droit de nos enfants à un avenir en santé», la fondation presse toutefois Ottawa de bonifier sa stratégie par des outils destinés à faire bouger les jeunes et à mieux les nourrir. Parmi les mesures proposées, celle-ci met en avant l'importance de rendre nos milieux plus propices à l'activité physique, la nécessité de réduire la commercialisation d'aliments riches en gras, en sucre ou en sel et l'amélioration de la disponibilité des aliments nutritifs à prix raisonnable.
 
 
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  • MJ - Inscrite
    8 mars 2011 09 h 31
    Une publicité racoleuse et faisant de la fausse représentation
    Je voyais dernièrement une pub à la télé de la compagnie Coca-Cola qui utilise très habilement les enfants comme consommateurs. Déjà que les boissons gazeuses sont à décrier pour leur teneur très élevée en sucre et qu’elles sont responsables de gain de poids pour les personnes qui en consomment régulièrement!

    Je ne comprends pas que cette publicité de Coca-Cola soit permise puisqu’elle se sert indirectement des enfants pour faire la promotion du produit, qu’elle les encourage à en consommer, qu’elle utilise la fierté enfantine à mauvais escient - le père d’un jeune enfant est camionneur pour Coca-Cola et vient chercher son fils à la sortie de l’école primaire avec son camion fièrement campé devant les autres enfants tout ébahis; la pub continue en vantant les mérites de cette Compagnie qui oeuvre à la conservation de l’eau!; message: "Cool" de boire ce produit!) - et qu’il est reconnu que la consommation excessive de boissons gazeuses est néfaste pour la santé.
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  • Richard Larouche - Inscrit
    8 mars 2011 13 h 06
    Loi oubliée...
    Je suis tout à fait d'accord avec MJ et je me demande comment cette pub de Coca-Cola a pu être autorisée. N'y a-t-il pas une loi au Québec qui interdit la publicité dirigée vers les enfants.

    Hélas, on dirait que cette loi n'est devenue qu'une suggestion : banques, constructeurs automobiles, manufacturiers de boissons gazeuses, tous utilisent des enfants dans leurs publicités de façon très peu appropriée.
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  • genrail - Inscrit
    9 mars 2011 12 h 40
    Dialogue nul fondé sur de fausses prémices (1)
    Bravo au Québec pour avoir résister à l’envie de participer à un dialogue nul fondé sur de fausses prémices. Dans les écrits cliniques classiques, l’obésité n’est pas définie comme une maladie mais plus simplement comme un excès de tissues adipeux. Des intérêts américains (un lobby fort composé des grands de l’industrie pharmaceutique, de la condition physique, de l’assurance, des chirurgies bariatriques et autres acteurs qui ont tout à gagner à médicaliser les gens ordinaires) ont miraculeusement réussi à classer l’obésité comme une maladie et, depuis, une armée de scientifiques à la solde de ces industries nous fait croire à une soi-disant « épidémie d’obésité », un phénomène construit socialement mais qui a néanmoins été élevé au rang des évidences scientifiques dans les écrits médicaux et épidémiologiques. De telles évidences dans la recherche sur l’obésité ont récemment été critiquées par des chercheur-e-s indépendant-e-s. Par exemple, de multiples articles ont été écrits pour remettre en question l’utilisation du mot « maladie » pour parler de l’obésité ou encore la morbidité supposément associée à l’obésité (un mythe à déconstruire). Des chercheur-e-s ont également noté des contradictions en ce qui a trait à l’obésité et à ses causes, sa mesure et ses interventions (dans ce dernier cas, notons que la perte de poids et son maintien sont recommandés même s’ils sont inefficaces pour plus de 90% de la population et même si les recherches démontrent qu’ils n’ont pas d’impact positif sur la santé – en revanche, les diètes à répétition sont reconnues pour leurs effets nocifs). En bref, des écrits récents dans le domaine de l’obésité soulèvent des questions importantes et alimentent des débats vigoureux au sujet de l’obésité mais ils ne feront pas partie du « dialogue national » parce qu’ils vont à l’encontre du discours dominant sur l
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  • genrail - Inscrit
    9 mars 2011 12 h 41
    Dialogue nul fondé sur de fausses prémices (2)
    Au moment où le Canada mène les discussions internationales sur les déterminant sociaux de la santé (Santé Canada et l’OMS s’accordent à dire que le niveau socio-économique est le premier déterminant de la santé), le gouvernement Harper, fidèle à son idéologie néolibérale, oublie ces « évidences » et tente plutôt de nous faire croire que l’obésité est liée à la santé et que pour améliorer notre santé, les jeunes et leurs parents doivent se prendre en main et, par quelque magie behavioriste, arriver à changer leur habitudes de vie. Quand le gouvernement fédéral délaisse ses responsabilités en matière de santé, quoi de mieux que de les repasser à ses citoyens et ainsi culpabiliser les plus pauvres et les plus gros. Le Canada fait piètre figure parmi les pays de l’OCDE en matière de pauvreté et de mortalité infantiles. Plutôt que d’engager les énergies et l’argent des contribuables dans un faux dialogue qui n’aura aucun effet sur la santé de la population, le Québec doit poursuivre sa voie et réduire l’accent mis sur la question du « poids ». De plus, seraient bienvenus une politique de santé et des gestes en matière de santé qui sont moins axés sur les hôpitaux et mieux fondés sur les évidences concernant les déterminants sociaux de la santé.
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