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L'obésité progresse toujours au Canada - Une personne sur quatre est maintenant considérée comme obèse au pays

Contrairement au Canada, le taux d’obésité plafonne désormais aux États-Unis, où les Américains sont maintenant 34,4 % à souffrir d’obésité, soit plus d’un sur trois.<br />
Photo : Agence Reuters Lucas Jackson Contrairement au Canada, le taux d’obésité plafonne désormais aux États-Unis, où les Américains sont maintenant 34,4 % à souffrir d’obésité, soit plus d’un sur trois.
En 20 ans, la multiplication des politiques de santé publique pour faire bouger les Nord-Américains et les inciter à mieux se nourrir n'aura pas suffi à brider la progression de l'obésité. Les plus récentes données publiées hier suggèrent que le mouvement a toujours le vent en poupe au Canada, où une personne sur quatre (24,1 %) est maintenant considérée comme étant obèse.

L'étude signée conjointement par Statistique Canada et les CDC américains (Centres de prévention et de contrôle des maladies) montre qu'en 20 ans, l'obésité n'a cessé de croître des deux côtés de la frontière chez les 20 à 79 ans. Mais si le phénomène ne semble pas vouloir s'essouffler au Canada, ce ne serait plus le cas aux États-Unis, note Didier Garriguet, analyste principal à Statistique Canada. «On note un certain plafonnement aux États-Unis, pas au Canada.»

Il faut dire que les voisins américains ont déjà pris une bonne longueur d'avance. Ils sont maintenant 34,4 % à souffrir d'obésité, soit plus d'un sur trois. Parmi ceux-là, 6 % sont des obèses dits morbides, dont l'excès de poids est si important qu'il perturbe les fonctions physiologiques comme la respiration et la marche. Au Canada, c'est la moitié moins (3,1 %).

Différences démographiques

Mais attention, ces chiffres ne prennent pas en compte les différences démographiques qui séparent les deux pays. Si on enlève de l'équation les Noirs et les hispaniques de l'Oncle Sam, dans les rangs desquels la prévalence de l'obésité est plus élevée, et les Canadiens d'origine asiatique, généralement plus minces, les raisons de pavoiser diminuent.

«Quand on enlève le facteur démographique, on voit bien qu'il y a une différence qui persiste entre les deux pays, mais cet écart apparaît comme étant moins important», confirme

M. Garriguet. Les données parlent d'elles-mêmes. Au Canada, près de 26 % de la population blanche non hispanique de 20 à 79 ans était dite obèse lors du dernier coup de sonde, contre 33 % aux États-Unis. Ce qui fait passer l'écart de dix points de pourcentage à seulement sept.

Globalement, toutes les cohortes adultes ont vu leur nombre d'obèses augmenter au cours des dernières décennies, certaines plus rapidement que d'autres. Chez les hommes, l'augmentation la plus marquée a été mesurée chez les 60 à 74 ans (17 points de pourcentage au Canada, 18, aux États-Unis). Chez les femmes, ce sont les plus jeunes qui ont connu les hausses les plus fortes, soient celles de 20 à 39 ans (11 points de pourcentage ici contre 13 au sud de la frontière).

L'avenir

Fait intéressant, les chiffres que l'on observe aujourd'hui pour les jeunes Canadiennes sont ceux que l'on voyait il y a 20 ans chez les Américaines. Peut-on conclure que c'est le sort qui attend les Canadiennes à terme? «Pas vraiment, répond M. Garriguet. Une foule de facteurs pourraient intervenir d'ici là. On peut regarder le passé pour éclairer le présent, mais pas pour prédire le futur.»

N'empêche que ces données permettent d'en dire long sur l'état de santé des deux populations, rappelle le statisticien. «Les chiffres sont plus bas ici, mais il n'y a pas là de quoi se consoler, les chiffres demeurent importants et les impacts sur la santé sont bien réels.» Les risques de développer des maladies chroniques augmentent en effet progressivement avec l'indice de masse corporelle (IMC). On pense notamment aux maladies cardiovasculaires, au diabète, à des troubles musculo-squelettiques ou à certains cancers.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime d'ailleurs que l'obésité est désormais passée au rang d'épidémie mondiale. Elle calcule qu'au moins 2,6 millions de personnes décèdent chaque année du fait de leur surpoids ou de leur obésité.
 
 
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