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    Prévoir le surmenage en analysant la salive

    23 février 2011 |Pauline Gravel | Santé
    L'épuisement professionnel qui frappe un nombre croissant de travailleurs n'est pas toujours bien diagnostiqué par la communauté médicale, qui le confond souvent avec la dépression. Des chercheurs de Montréal ont découvert dans le sang et la salive des signes qui semblent prédire l'imminence d'un surmenage professionnel. Ils publient leurs résultats dans la revue Psychoneuroendocrinology.

    Les symptômes de l'épuisement professionnel, qui incluent notamment des problèmes de sommeil et le manque de motivation au travail, sont en effet très semblables à ceux de la dépression. Toutefois, les déprimés se distinguent des victimes de l'épuisement professionnel par leur taux élevé de cortisol, l'hormone de stress qui, chez les personnes atteintes de maladies psychiatriques reliées à la fatigue, telles que la fibromyalgie, le syndrome de fatigue chronique et l'épuisement professionnel, présente à l'opposé des taux inférieurs que la normale.

    Effet domino

    Sachant que le dérèglement des hormones de stress peut entraîner par effet domino divers problèmes métaboliques, cardiovasculaires, voire immunitaires, le doctorant Robert-Paul Juster et sa directrice Sonia Lupien, directrice du Centre d'études sur le stress humain du Centre de recherche Fernand-Seguin, se sont appliqués à vérifier si l'indice de charge allostatique, qui est une mesure du stress chronique, tel que ressenti par les divers systèmes biologiques du corps, en combinaison avec les taux de cortisol mesurés dans la salive pouvait leur permettre de dépister les prémisses d'un épuisement professionnel.

    Pour déterminer l'indice de charge allostatique, Robert-Paul Juster a analysé dans un échantillon sanguin 15 biomarqueurs, dont notamment les niveaux de cholestérol et de la protéine C réactive, un marqueur de l'inflammation qui témoigne de l'état immunitaire de la personne, ainsi que ceux du fibrinogène, un facteur de coagulation qui reflète le risque cardiovasculaire. «Nous nous sommes intéressés aux valeurs qui s'éloignaient de la normale sans pour autant être significatives cliniquement, et nous les avons reliées au stress chronique vécu au travail ou à l'épuisement professionnel que nous avaient révélés dans un questionnaire les 30 sujets qui ont participé à notre étude», précise le jeune chercheur.

    Il est ainsi apparu que les participants qui avaient affirmé ressentir les symptômes de stress chronique ou d'épuisement présentaient non seulement des niveaux bas de cortisol dans leur salive, mais aussi un indice élevé de charge allostatique qui témoignait de dérèglements dans divers autres systèmes physiologiques. Par contre, aucune corrélation n'a pu être établie entre l'indice de charge allostatique et la dépression, qui par ailleurs était associée généralement à des niveaux de cortisol plus élevés.

    Ces nouvelles données devraient aider les médecins à poser le bon diagnostic, ce qui permettra d'éviter que des personnes souffrant d'épuisement professionnel soient traitées avec des antidépresseurs qui réduisent le cortisol, alors que ces individus présentent déjà des niveaux de cortisol anormalement bas.












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