Alimentation - 12 000 vies
S'ils étaient menés avec sérieux et diligence, les efforts destinés à diminuer l'apport en sodium dans l'alimentation des Canadiens pourraient contribuer à sauver 12 000 vies par année. La consommation moyenne quotidienne désastreuse de 3400 mg de sodium est à la source de graves problèmes d'hypertension et de troubles cardiovasculaires. Le sel est un ennemi d'autant plus sournois pour la santé que nombre de consommateurs ne savent pas qu'ils en absorbent des quantités démesurées.
Un bilan suffisant, croyait-on naïvement, pour convaincre les autorités d'activer une stratégie destinée à contrer le fléau. Même les États-Unis, la première dame Michelle Obama en tête, poussent l'industrie à viser une alimentation saine au lieu d'engranger les profits. Le Canada, retardataire cancre, ne suit absolument pas cette cadence.
Le démantèlement récent et imprévu du Groupe de travail sur le sodium (GTS) par Ottawa ajoute au climat d'inquiétude. Ce groupe, créé en 2007, avait tout juste déposé son rapport cet été: avec un objectif central de réduction de l'apport en sodium fixé à 2300 mg d'ici 2016, les experts recommandaient une stratégie ciblée tant sur la responsabilisation de l'industrie que sur l'éducation faite aux consommateurs. Qu'adviendra-t-il des 27 recommandations remises à Santé Canada maintenant que ce groupe a disparu?
La réponse est préoccupante. D'autant plus que le gouvernement fédéral, qui une fois de plus offre une belle mesure du peu de confiance qu'il octroie au milieu scientifique, s'en remet, dirait-on, à l'autorégulation! Le comité consultatif sur lequel il s'appuie pour mener le combat contre le sodium compte une solide représentation de l'industrie agroalimentaire, que l'on ne connaît pas particulièrement pour sa priorité santé.
Les aliments consommés au restaurant et les mets préparés achetés dans les supermarchés sont les grands responsables de cette surdose de sodium ingurgitée dans la plus totale indifférence par les Canadiens. Et c'est bien là le pire des maux, qui commande une action flamboyante. À côté des gras trans, contre lesquels la bataille a été bruyamment menée, la surdose de sodium cause des dommages d'autant plus nuisibles que l'on n'en sait rien au moment de l'acheter et de le consommer — les céréales du matin contiennent des tonnes de sel! — et que l'on n'en sent ensuite pas les effets — l'hypertension est difficile à deviner.
Le rapport du GTS contenait toutes ces mises en garde, et bien plus encore. Il est honteux que ses auteurs soient laissés sur le carreau au moment crucial de la mise en action de leurs recommandations.
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machouinard@ledevoir.com
Un bilan suffisant, croyait-on naïvement, pour convaincre les autorités d'activer une stratégie destinée à contrer le fléau. Même les États-Unis, la première dame Michelle Obama en tête, poussent l'industrie à viser une alimentation saine au lieu d'engranger les profits. Le Canada, retardataire cancre, ne suit absolument pas cette cadence.
Le démantèlement récent et imprévu du Groupe de travail sur le sodium (GTS) par Ottawa ajoute au climat d'inquiétude. Ce groupe, créé en 2007, avait tout juste déposé son rapport cet été: avec un objectif central de réduction de l'apport en sodium fixé à 2300 mg d'ici 2016, les experts recommandaient une stratégie ciblée tant sur la responsabilisation de l'industrie que sur l'éducation faite aux consommateurs. Qu'adviendra-t-il des 27 recommandations remises à Santé Canada maintenant que ce groupe a disparu?
La réponse est préoccupante. D'autant plus que le gouvernement fédéral, qui une fois de plus offre une belle mesure du peu de confiance qu'il octroie au milieu scientifique, s'en remet, dirait-on, à l'autorégulation! Le comité consultatif sur lequel il s'appuie pour mener le combat contre le sodium compte une solide représentation de l'industrie agroalimentaire, que l'on ne connaît pas particulièrement pour sa priorité santé.
Les aliments consommés au restaurant et les mets préparés achetés dans les supermarchés sont les grands responsables de cette surdose de sodium ingurgitée dans la plus totale indifférence par les Canadiens. Et c'est bien là le pire des maux, qui commande une action flamboyante. À côté des gras trans, contre lesquels la bataille a été bruyamment menée, la surdose de sodium cause des dommages d'autant plus nuisibles que l'on n'en sait rien au moment de l'acheter et de le consommer — les céréales du matin contiennent des tonnes de sel! — et que l'on n'en sent ensuite pas les effets — l'hypertension est difficile à deviner.
Le rapport du GTS contenait toutes ces mises en garde, et bien plus encore. Il est honteux que ses auteurs soient laissés sur le carreau au moment crucial de la mise en action de leurs recommandations.
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