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Crise aiguë en gynécologie

Les médecins dénoncent la «gestion complètement déconnectée» de Québec

Louise-Maude Rioux Soucy   14 janvier 2011  Santé
«Un suivi de grossesse raté, ça ne fait pas de bruit. Un cancer diagnostiqué trop tard, à peine plus. [...] C’est tragique, mais ça ne fait pas de bruit comme un mort à l’urgence.»<br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
«Un suivi de grossesse raté, ça ne fait pas de bruit. Un cancer diagnostiqué trop tard, à peine plus. [...] C’est tragique, mais ça ne fait pas de bruit comme un mort à l’urgence.»
Des femmes qui accouchent sans avoir été suivies sont désormais chose quotidienne au Québec. Tout comme on diagnostique de plus en plus de cancers gynécologiques avancés, faute de ressources. C'est que la crise en obstétrique et en gynécologie a atteint un sommet inégalé, affirme le président de l'Association des obstétriciens et gynécologues du Québec (AOGQ). Et il n'y a rien dans les cartons à Québec pour redresser la situation, accuse le Dr Robert Sabbah.

En entrevue avec Le Devoir, le Dr Sabbah n'a pas mâché ses mots pour illustrer le péril qui guette cette spécialité pressurisée par la «gestion complètement déconnectée» du ministère de la Santé et des Services sociaux. Le président de l'AOGQ a pu jeter un oeil au nouveau plan quinquennal de planification des effectifs médicaux qui sera rendu public le mois prochain. Et ce qu'il a vu l'a renversé.

Son domaine a beau être soumis à de fortes turbulences en raison d'une pénurie de 50 obstétriciens-gynécologues, Québec a sciemment choisi d'en faire fi en proposant le statu quo, s'indigne le Dr Sabbah. «Un suivi de grossesse raté, ça ne fait pas de bruit. Un cancer diagnostiqué trop tard, à peine plus. [...] C'est tragique, mais ça ne fait pas de bruit comme un mort à l'urgence. [...] Ce que j'en comprends, c'est que la santé de la femme est le parent pauvre de la médecine au Québec.»

Ce statu quo lui paraît d'autant plus condamnable qu'il ne tient pas compte du mini baby-boom — qui s'est stabilisé cette année — ni du nouveau programme gratuit de procréation médicalement assistée (PMA) qui prévoit 3500 cycles cette année et 1000 de plus à terme. À l'époque, le ministre de la Santé, Yves Bolduc, avait pourtant promis des ressources supplémentaires pour faire face à ces nouvelles grossesses: des lits, du personnel, du matériel. Six mois plus tard, rien ne s'est encore matérialisé, dénonce le Dr Sabbah. «Je trouve cela parfaitement scandaleux.»

Tout cela vient ajouter un poids supplémentaire sur les épaules de ces spécialistes déjà aux prises avec un gros problème d'effectifs. Sur les 417 gynécologues québécois, la moitié a plus de 50 ans, le quart plus de 60 ans. «Au CHUM, quatre de ces spécialistes ont plus de 75 ans. Évidemment, ceux-là ne font plus de garde, mais le ministère les calcule quand même dans sa planification, ce qui force les plus jeunes à faire plus que leur part», raconte le président de l'AOGQ.

Quant à la relève, majoritairement féminine, elle n'a pas l'intention de maintenir encore longtemps ce rythme. «Ça, ça veut dire que la crise ne fait que commencer», anticipe le Dr Sabbah. Son association a donc proposé des aménagements au ministre: des demi-tâches, un calcul réel des forces en présence qui tienne compte de ceux qui ne font plus de garde ou pas d'obstétrique. Rien n'a été retenu. «Le ministère a choisi une approche strictement populationnelle qui ne tient pas compte de ce déséquilibre, ni de la lourdeur de la tâche dans les hôpitaux, ni de l'enseignement. C'est déplorable.»

À ce jeu complexe, Montréal, déjà très fragile, ressortirait encore plus défavorisée, calcule l'association. L'automne dernier, le ministre de la Santé, Yves Bolduc, s'était réjoui du fort taux de natalité à Montréal, allant jusqu'à dire que son ministère «n'avait pas prévu tant d'accouchements». Il avait alors promis d'augmenter le nombre d'obstétriciens et de hausser de 5 % à 10 % la capacité d'accueil en obstétrique à Montréal. Rien de tout cela n'aurait été retenu dans les plans quinquennaux, selon le Dr Sabbah.

Les régions ne seraient pas plus choyées, elles qui ont déjà du mal à assurer ne serait-ce que les services essentiels. «Toutes les semaines, nous recevons des appels de détresse des directions de santé publique qui font face à des ruptures de services. Ce sont souvent nos vieux médecins qui vont dépanner. Mais, bientôt, ils ne seront plus là et il n'y aura personne pour les remplacer.»

Ce n'est pas faute de candidats. La spécialité a beau être parmi les plus exigeantes avec ses gardes et ses quarts de nuit, les étudiants en médecine sont encore nombreux à poser leur candidature. Mais voilà, les facultés reçoivent trois fois plus de propositions qu'elles n'en retiennent en raison des quotas ministériels. Parmi ceux qui sont retenus et qui décident de se spécialiser, certains ne se trouvent pas de poste au retour de leur stage de perfectionnement (fellowship).

Tous ces éléments font dire au Dr Sabbah que cette spécialité est «en danger» au Québec. Le constat le heurte d'autant plus qu'il a des solutions à proposer, mais personne ne veut l'écouter à Québec, affirme-t-il. En faisant cette sortie, le gynécologue-obstétricien espère en quelque sorte forcer les choses. Il est conscient toutefois que les problèmes vécus par sa spécialité ne lui sont pas exclusifs. D'autres spécialités les vivent aussi durement.

Sans oublier les médecins de famille, dont le bras de fer avec Québec est suivi de près par la population. Pas question toutefois de tomber dans la rhétorique des dernières semaines, prévient le Dr Sabbah. La croisade des omnipraticiens est légitime. Mais celle des spécialistes ne l'est pas moins. «Le danger maintenant, c'est d'imaginer que le problème de la santé se résume au manque de médecins de famille. La crise touche aussi durement les spécialités.»
 
 
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  • Pierre Miron - Inscrit
    14 janvier 2011 07 h 14
    La faute en partie aux facultés de médecine
    Les arguments apportés par le Dr Sabbah sont bien réels. Par contre, la faute peut être en partie attribuée aux Facultés de médecine qui ont par leurs critères d'admission féminisé presque entièrement la spécialité en obstétrique-gynécologie.
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  • asclepios - Inscrit
    14 janvier 2011 08 h 02
    Les informations ne manquent pas...
    et je suis certains qu'il existe des gens capables d'analyser la situation en santé. Malheureusement, lorsque je parle avec des professionnels du milieu, des économistes ou que je lis des compte-rendus d'entrevue, je me rend compte que personne n'a de véritable vue d'ensemble. Chacun est prêt à pointer du doigt un responsable. Pour un, c'est le Collège des médecins, pour un autre, ce sont les gros syndicats, pour encore un autre, ce sont les entrepreneurs privés. Je constate beaucoup de sentionalisme, et ça marche très bien pour susciter des réactions fortes : personne ne veut être malade et délaissé. Mais il se dépense beaucoup d'énergie à dénigrer et peu à réfléchir. Les journalistes aussi ont un travail à faire dans l'élaboration et la diffusion de cette réflexion de société.
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  • France Marcotte - Abonnée
    14 janvier 2011 08 h 21
    Quel mort crie le plus fort?
    "Ce n'est pas faute de candidats. La spécialité a beau être parmi les plus exigeantes avec ses gardes et ses quarts de nuit, les étudiants en médecine sont encore nombreux à poser leur candidature. Mais voilà, les facultés reçoivent trois fois plus de propositions qu'elles n'en retiennent en raison des quotas ministériels" dit le médecin Sabbah.

    Alors monsieur Miron, s'il vous plaît...
    De plus le docteur Sabbah ajoute: "Parmi ceux qui sont retenus et qui décident de se spécialiser, certains ne se trouvent pas de poste au retour de leur stage de perfectionnement", ce qui paraît tout à fait incompréhensible suite à ce qu'il vient d'expliciter mais on reste dans la brume.
    Une chose est sûre: il y a des morts qui crient plus fort que d'autres selon qui les représente et le ministre de la santé ne sait plus où donner de la tête et que son écoute est sélective.
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  • alen - Inscrit
    14 janvier 2011 08 h 33
    Ben, voyons donc!
    @ Pierre Miron

    C'est ça, Monsieur Miron, ne pouvant plus blâmer le PQ et Pauline Marois pour la crise, 15 ans après les coupures de 1996, on va maintenant rejeter la faute sur les universités et les femmes... Non mais vous vous rendez compte de ce que vous dîtes?

    Est-ce si difficile de constater, Messieurs les libéraux, libertariens, fans du privé, ou je ne sais quoi, que les libéraux de Jean Charest ont minutieusement préservé les compressions de Lucien Bouchard, ont fait, font, et feront encore du millage la-dessus, tant qu'ils pourront blâmer le précédent gouvernement.

    Ça a marché au-dela de toute espérance, la crédulité des québécois et des québécoises étant sans fond à cet égard. Bon, je vous concède que Michel David, qui se réveille aussi la nuit pour haïr Pauline Marois, entretien bien ce sentiment.

    Et je convie ceux qui voient le privé partout en santé à bien écouter ces âmes bien pensantes qui nous disent par les temps qui courent que le problème en Haïti est qu'il y a beaucoup d'organismes sur le terrain pour aider. Quelle hérésie, hein! La compétition n'est pas une panacée en HaÏti mais une calamité

    Vous avez oublié la phrase de Péloquin (je pense) ou (pour les plus jeunes) vous ne l'avez jamais vu <vous êtes pas tannés de mourir, bande de caves?> au Grand Théâtre de Québec. Ouais! C'est vrai que c'est pas l'endroit le plus fréquenté non plus.

    Il est juste là le problème: on se laisse étourdir, diviser, manipuler, crever, sans jamais se tanner. Vous avez oublié les derniers milles de Robert Bourassa en 1975-1976. Dans ce temps là on savait faire savoir son ras-le-bol... dans la rue!
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  • Sanzalure Sanzalure - Inscrit
    14 janvier 2011 08 h 55
    Et les sages-femmes ?
    Heureusement pour certaines mères, il y a des sages-femmes qui font du bon travail avant, pendant et après l'accouchement.

    Serge Grenier
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  • Nicole Lamarre - Inscrit
    14 janvier 2011 09 h 07
    Cuba
    Solution: faire venir des médecins de Cuba
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  • lune99 - Inscrit
    14 janvier 2011 09 h 08
    et les sages-femmes??
    Dans ce débat, il ne faut pas oublier les sages-femmes! de nombreuses femmes choisissent, ou plutôt aimeraient choisir une approche plus naturelle de la naissance (4 femmes sur 5 qui font une demande pour une sage-femmes se la font refuser, faute d'effectifs). Là aussi, je gouvernement doit investir! je comprends les besoins pour plus de spécialistes, ils sont nécessaires, mais pour la majorité des grossesses, qui sont normales, on a aussi droit à des sage-femmes (qui d'ailleurs coûtent beaucoup moins cher à la société qu'un spécialiste vu qu'elles favorisent un accouchement sans de couteuses interventions trop souvent inutiles)
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  • Michel Desautels - Abonné
    14 janvier 2011 10 h 09
    le capital politique des libéraux...
    Surveillez bien les libéraux de Charest. Vous vous souvenez des larmes de Julie Schneider dans le dossier de la procréation assistée?? de la compassion de notre sinistre de la santé qui se penxche sur elle devant les «kodack»?? Comment se faire un maximum de crédit politique avec un minimum d'effort. C'est ce que font brillamment les libéraux depuis qu'ils sont au pouvoir. Quand vous verrez un ministre faire une annonce d'investissement, demandez vous combien de service ont été coupés sournoisement pour permettre uun «déblocage de fonds» surmédiatisé.
    Celles qui accouchent sans suivi comme nos grands-mères ont pourtant payé leur impôt. J'ai reçu mon courrier du ministère du revenu québécois cette semaine, ça commence mal l'année.
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  • Claude Kamps - Inscrit
    14 janvier 2011 11 h 25
    On a fait d'un acte naturelle, un acte médicale qui rapporte gros....
    La plupart des accouchements sont fait par des infirmières qui au dernier moment appel un médecin, pas le médecin de la patiente si il est au dîner ou pas de garde..., pour finaliser l'affaire naturelle qui se passe là.

    Voici mon histoire !
    En 1965 en Belgique, la plupart des femmes sont suivie par une accoucheuse, infirmière spécialisée en accouchement, durant toute leur grossesse.
    Il y a visite au médecin de famille tout les 3 mois pour auscultation et palpation, maintenant on ajouterait une analyse de sang...
    Lorsque le bébé veut sortir, c'est personne en dehors de lui qui prend cette décision naturellement, il prévient comme depuis des millénaires sa maman.

    Celle ci se dirige vers une salle d’accouchement dans un hôpital ou par exemple 5 salles sont a la disposition des mamans avec en plus une salle plus spécialisée pour les naissance difficile ou il y a un gynécologue de garde.

    Les accouchements normaux (95%?) se font sans médecin et libèrent ceux ci pour les cas difficile ou leurs connaissances et expériences est plus que nécessaire.

    Mais ici on a réussit à mettre dans le sub-conscient populaire qu'il faut un «docteur» pour accoucher et ça permet de pouvoir mieux rentabiliser la profession.

    La grande faute de Charest est de ne pas avoir pousser le programme des accoucheuses et des infirmières spécialisées qu'il a mis en route avec tant de publicité mais a plier devant les syndicats médicaux et à accoucher d'une souris....
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  • Frederic - Inscrit
    14 janvier 2011 11 h 30
    Jusque quand la population du Québec continuera de tout accepter?
    Je vivais en France et j'avais une bonne situation et puis j'ai décidé de tenter l'aventure au Québec. Pour faire court, j'étais le premier lorsque je vivais en France à trouver le nombre de grèves ou manifestations incroyables et pénibles... C'est complètement différents au Québec. Les opinions et les espérances des Québécois et des Français sont les mêmes de façon générale sauf que ici ça m'attriste de dire ça mais le population québécoise accepte toujours tout et ne manifeste jamais! C'est bien de parler sur les forums, mais cela soulage plus ce n'est efficace.
    Je suis très observateurs de ce qui ce passe ici depuis quelques années et je suis certain aujourd'hui qu'à moins que les Québécois descendent en masse dans la rue, utilise des moyens de pressions, ce gouvernement ou ceux qui viendront continueront de faire que la qualité de vie au Québec va régresser. Nous sommes les plus taxés mais pourquoi, l'accès au système de santé est un désastre, la politique corrompue, les systèmes de transport plus mauvais que dans certaines villes du tiers monde etc... heureusement vous êtes très sympathiques et le Québec est magnifique! Mais réagissez dans votre intérêt!
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  • Geneviève Guérin - Abonnée
    14 janvier 2011 11 h 35
    sages-femmes et médecins de famille - renforcer la première ligne
    Oui pour les sages-femmes, mais elles pratiques seulement 2% des suivis de grossesses et accouchements au Québec, très peu de femmes peuvent bénéficier de leur suivi. Tout comme les obstétriciens-gynécos, elles ont du mal à se trouver du travail à la fin de leurs études!?...Malgré la demande!

    Il faudrait valoriser la pratique des sages-femmes ET des médecins de familles pour les suivis de grossesses normales et libérer les spécialistes pour les suivis plus complexes...Cela serait déjà un début je pense.
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  • M. Lefebvre - Inscrite
    14 janvier 2011 11 h 54
    Les chiffres sur les effectifs médicaux
    Sur le site internet de l'Institut canadien d'information sur la santé, on trouve un document intitulé "Nombre, répartition et migration des médecins canadiens 2009". À la page 133 du document, on trouve les données sur le nombre de médecins par 100 000 habitants, selon la spécialité et la province.

    Voici les données pour l'obstétrique et la gynécologie pour les provinces les plus populeuses :
    Moyenne canadienne : 5 par 100 000 habitants
    Québec : 6 par 100 000
    Ontario : 6 par 100 000
    Alberta : 5 par 100 000
    Colombie-Britannique : 5 par 100 000

    Le nombre d'obstétriciens et de gynécologues au Québec est au dessus de la moyenne canadienne. Il est faux de soutenir que les problèmes d'accessibilité au Québec sont liés simplement à une pénurie de médecins. Le problème n'est pas la main d'œuvre, toutes les recherches sur le sujet le confirment : au Québec, le problème c'est l'organisation des soins.

    Les médecins ont le droit et le devoir de défendre leur profession et leurs conditions de travail, mais ils ont aussi le devoir de le faire de manière honnête, et non pas sur un ton alarmiste et accusateur. Le problème de main d'oeuvre est dénoncé ici parce qu'embaucher plus de médecins serait une solution facile, alors qu'un réforme structurelle complète du système de santé québécois demanderait un immense effort collectif de remise en question.

    Pour plus d'information, vois aussi le rapport "Mirror Mirror on the Wall" (2010) du Commonwealth Fund, qui soutient que les problèmes de temps d'attente au Canada ne sont pas liés à des pénuries de main-d'œuvre ou un manque de financement, mais à des lacunes structurelles.
    http://www.commonwealthfund.org/~/media/Files/Publ Report/2010/Jun/1400_Davis_Mirror_Mirror_on_the_wall_2010.pdf
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  • SPronovost - Abonnée
    14 janvier 2011 12 h 13
    Solution: Imposez des quotas pour les accouchements normaux!!!
    Les sages-femmes étant formées pour suivre les grossesse normales, et les gynécos pour les complications, la solution réside dans le développement des services sages-femmes. Surtout que 24% des femmes voudraient avoir un suivi avec une SF et seulement 2% y ont accès. C'est un vrai gaspillage de ressources de faire faire des suivis de grossesses normales par des gynécologues. On ne va pas voir un pneumologue pour un rhume!!! Alors, je crois que développer la pratique sage-femme et limiter les suivis de grossesses normales par les gynécos, cela leur libérerait du temps pour les cancers, fécondations et autres tâches qui ne peuvent être déléguées à d'autres. D'autant plus que les sages-femmes coûtent beaucoup moins cher, alors pour la même "job" mieux faite, on sauverait de l'argent et des vies. Allumez, monsieur le ministre. Arrêtez de parler et agissez!
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  • Caroline Dubois - Inscrit
    14 janvier 2011 16 h 08
    Contre les sages-femmes : fini l'époque des grand-mères
    Je suis une femme et je songe sérieusement à la grossesse, et pour moi les sages-femmes ne sont vraiment pas une option. Pourquoi revenir à l'époque de nos grands-mères? Beaucoup de femmes mourraient à cette époque. Les sages-femmes, c'est trop dangereux. Ce ne sont pas des médecins, elles n'ont pas les connaissances, ni les équipements et le personnel requis. C'est seulement les femmes considérées comme n'était pas "à risque" qui peuvent aller chez les sages-femmes, mais des imprévus à l'accouchement peuvent toujours survenir chez tout le monde. Qu'est-ce que la sage-femme peut faire, si une hémorragie se déclare chez la femme? Si le bébé se présente mal? Ou tout autre problème? Lors d'un accouchement, tout se passe très très vite et seul le médecin dans un hôpital peut réagir vite, en appelant à l'aide des autres spécialités présentes dans l'hôpital.

    De plus, une sage-femme nécessite quand même un vrai suivi médical avec un vrai médecin durant la grossesse. Ça ne règle pas le problème de pénurie de médecins du tout. Il faut évaluer l'état de santé général de la femme.
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  • June R. Massoud - Inscrite
    14 janvier 2011 17 h 58
    Gynecologie au Quebec - Besoin de medecine et education preventive a cet egard
    Trop souvent, nous ne parlons pas de ce qui importe le plus, face a ces problemes de penurie de gynecologues. Il y a un probleme grave qui existe dans la societe: trop peu de gens et de jeunes savent comment bien gerer leur sexualite, leur vie sexuelle, et la contraception si necessaire. C'est la verite. Demandez a n'importe quel(le) jeune s'il ou elle connaisse cela et la reponse et 'non'; ils/elles iront voir leur medecin qui leur dira tout. En realite, le medecin n'a pas le temps de tout expliquer, chaque individu doit faire de la recherche eux-meme sur internet ou en lisant des livres, ou encore mieux, ce que je recommanderai, c'est de donner des cours au citoyens sur la sexualite, la contraception, la grossesse et les maladies transmises sexuellement. De plus, ce dont nous avions besoin pour tous les peuples du monde, c'est de developper des moyens de contraception non-chimiques, et le plus naturel possible, pour que les gens ne soient pas nocivement affectes. Tout le monde pense que la pillule contraceptive ou un autre moyen chimique est la meilleure facon d'eviter la grossesse, mais souvent ces moyens ont des effets secondaires graves sur le corps et sont nocifs au bien etre de l'humain. Nous avons besoin de developper des moyens naturels et peut etre plus proche aux condoms masculins, feminins, etc. des preservatifs de differentes sortes a inventer par les ingenieur(e) biomedicales, qui pourraient aider le monde entier. Quant aux questions de maladies transmises sexuellement, la meme chose pour cela, et pour le cancer aussi. De plus, les immigrants ont souvent besoin d'avoir de l'education sur la sexualite, ainsi que les citoyens vivants dans les regions du Quebec. Je suis certaine si vous demandiez aux gynecologues leur avis sur mes opinions, ils seront d'accord avec moi. Nous avons besoin d'une medecine et education preventive, sage, propre, intelligente, face a la sexualite au Quebec et au monde entier. Mlle June R. Massoud, ingenieure et enseignante.
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  • Louise Hurteau - Abonnée
    14 janvier 2011 21 h 37
    @ M. Lefebvre - Excellent point !
    Je partage votre avis entièrement. Il nous manque les données que nous fournirait une étude complète et sérieuse sur le pourquoi somme-nous en crise. Certains disent, que c'est le nombre élevé de femmes, d'autres sont outrés de ces allégation, mais d'aucun n'a vraiment les faits pour évaluer la situation de façon informée ...

    Vous l'avez dit, nous avons plus de gynécologue que la moyenne nationale, il en est de même pour la médecine générale ... mais alors qu'est ce qui se passe au juste ? À quand une étude exhaustive de la situation et de nos lacunes structurelles, je me demande.
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  • dompo - Inscrit
    14 janvier 2011 22 h 55
    @Caroline Dubois
    Chère Madame,
    Du temps de nos grands-mères, les médecins n'en savaient pas plus que les sages-femmes. C'est la science qui a évolué et les connaissances. Les sages-femmes passent quatre ans et demi à l'Université pour apprendre leur profession. Elles ont l'obligation d'être membres de l'Ordre des sages-femmes du Québec pour pouvoir pratiquer.
    Pour s'y inscrire, elles sont obligées de suivre une formation en réanimation néonatale avancée tous les deux ans et en urgences obstétricales tous les trois ans. Ces formations sont les mêmes que celles données aux médecins qui, eux, ne sont pas obligés de les refaire aussi souvent. La formation AMPRO est même donnée, actuellement, dans les équipes hospitalières et, non seulement les sages-femmes y participent, mais plusieurs sont également des formatrices. Cette formation s'adresse tant aux médecins, qu'aux infirmières et aux sages-femmes.
    Les temps ont changé depuis nos grands-mères et, croyez-moi, les sages-femmes sont extrêmement bien formées pour faire face aux problèmes éventuels qui n'auraient pu être détectés auparavant.
    Ceci dit, ce qui importe, c'est les femmes et les familles aient le choix du professionnel qui leur convient! Et il y a de la place pour tous les professionnels et répondre aux attentes de chacun.
    Maintenant, vous connaîtrez mieux les deux côtés de la médaille pour faire le choix qui vous appartient...
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  • Caroline Guenette - Inscrit
    15 janvier 2011 00 h 48
    Méconnaissance Sage-femme
    @Caroline Dubois et aux autres citoyens qui méconnaissent la profession Sage-femme

    La profession sage-femme est pour moi une évidence pour aider à régler une partie de la crise en gynécologie.

    Malheureusement, le terme "sage-femme" et ce qu'il implique aujourd'hui en 2011 au Québec est méconnu. La sage-femme est membre d'un ordre professionnel (Ordre des Sage-femme du Québec). Elle est titulaire d'un diplôme universitaire. Elle peut prescrire des médicaments selon une liste utile pour sa clientèle typique et sait utiliser ces derniers (ex: lors d'une hémorragie de la délivrance). Elle sait intuber et procéder à une réanimation d'urgence. Bref, les sage-femme ont les connaissances, les équipements et les ressources nécessaires pour agir. Et agir rapidement si nécessaire, même si c'est une idée fausse que de croire que toutes les urgences se passent toujours très très vite et que c'est une autre idée fausse que de croire qu'à l'hôpital, la réaction est instantanée.

    La sage-femme est la spécialiste de l'accouchement physiologique. Elle est formée pour reconnaître les situations inquiétantes avant qu'elles ne dégénèrent et comme sa présence est constante tout au long de l'accouchement d'une femme à la fois, elle peut être très attentive. Elle assure un "vrai suivi médical" en prénatal, durant l'accouchement et jusqu'à 6 semaines après la naissance.

    Ce n'est pas régresser que de comprendre que trop de technologie n'est pas souhaitable dans tous les cas.
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  • gacdnrj - Inscrit
    15 janvier 2011 08 h 54
    Sages-femmes
    Revenir dans le temps de nos grands-mères avec un suivi sage-femme? Impossible!!! Les protocoles font en sorte que dès un semblant de doute d'une grossesse ou d'un accouchement à risque, les femmes concernées sont transférées aux obstétriciens.
    De plus, les sages-femmes sont les professionnels de la santé les mieux formés et outillés pour le suivi d'une grossesse à faible risque, tout comme les obstétriciens sont les mieux formés et outillés pour agir lors de complications.
    Si nous avions assez de sages-femmes québécoises pour suivre toutes les femmes qui désirent un tel suivi, nous aurions le meilleur des 2 mondes. N'oubliez pas que les sages-femmes sont des bachelières avec un cours de 4 ans à l'Université. Ce ne sont pas des 2 de pique! 4 ans sur la grossesse et l'accouchement à faible risque... C'est quelque chose!
    Allez voir l'expérience néerlandaise: 70% des femmes sont suivies par des sages-femmes.
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  • Gaetane DeRome - Inscrit
    15 janvier 2011 17 h 39
    Besoin de Gynecologues ou autres professionnels???
    Dans l'article on parle de problemes de suivis de grossesses mais aussi de pathologies plus graves,tels des cancers gynecologiques...A mon avis il y a suffisammant de gyneco. sauf que sans aucun doute ceux-ci sont mals distribues dans la province.Et aussi,parce qu'a mon avis ils font souvent des taches que des omnis peuvent tres bien faire.Et,la preuve,c'est qu'en region eloignee,la ou il y a peu de specialiste,ces taches en questions(comme les suivis de grossesse,les accouchements)sont accomplis par les omnipraticiens..!Il faut dire que ds ces regions j'ai vu peu de sages-femmes aussi..
    Alors,si les specialistes accomplissaient leurs taches de specialistes,i.e faire les cesariennes(pour les grossesses compliquees) et traiter les pathologies graves (cancers et cie).Il y auraient assez de ces specialistes.
    C'est sans doute la premiere ligne de soins qu'il faut renforcer pour alleger la tache aux gyneco.
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  • Angèle Trudeau - Abonné
    20 janvier 2011 15 h 54
    Les sages-femmes: un élément de solution
    Une partie de la solution existe déjà: l’Université du Québec à Trois-Rivières forme depuis 1999, dans le programme de baccalauréat en pratique sage-femme, 16 nouvelles sages-femmes par année. Celles-ci se spécialisent pendant 4 ans dans les processus physiologiques normaux que sont la grossesse, l’accouchement et la période post-natale.

    Le Ministère tarde à développer les maisons de naissance dans lesquelles pratiquent ces sages-femmes, faisant en sorte que les nouvelles diplômées se retrouvent actuellement SANS EMPLOI à la fin de leurs études, ou sont contraintes, malgré elles, à accepter des postes à temps partiel ou de remplacement temporaire.
    Angèle Trudeau

    Voici des forces vives et disponibles dont notre société ne profite pas!

    La Présidente du Regroupement Les Sages-femmes du Québec, Claudia Faille, affirmait avec justesse sur les ondes de Radio-Canada, le lundi 4 janvier dernier, que le suivi de grossesse effectué par un obstétricien gynécologue équivalait à aller voir un pneumologue pour un rhume. Il est essentiel que les bons soins des obstétriciens gynécologues soient prodigués prioritairement aux femmes présentant une grossesse à risque et que les sages-femmes soient reconnues comme étant une partie incontournable de la solution aux problèmes posés par la pénurie actuelle en obstétrique.

    Les Maisons de naissance tardent à voir le jour :
    http://wap.src.ca/emissions/desautels/2010-2011/ar
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