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Pénurie de médecins - Les facultés de médecine devront parrainer des régions

Philippe Couillard demandera aux hôpitaux d'atteindre des cibles budgétaires «réalistes»

Tommy Chouinard   9 juillet 2003  Santé
Une nouvelle structure et des contrôles sévères. Voilà ce que propose le ministre de la Santé, Philippe Couillard, pour régler la pénurie d'effectifs en région et effacer les déficits qu'accumulent les hôpitaux année après année.

Québec — Afin de remédier à la pénurie d'effectifs médicaux en région, Québec mobilise les facultés de médecine et les centres hospitaliers universitaires du Québec. Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, a en effet annoncé hier la création de réseaux universitaires intégrés de santé (RUIS), qui auront la responsabilité de parrainer une région et d'y assurer la présence d'effectifs suffisants.

Quatre RUIS sont créés par Québec: à l'Université Laval, à l'Université de Montréal, à l'université McGill et à l'Université de Sherbrooke. Ces RUIS devront prendre en charge une ou des régions qui sont aux prises avec des pénuries. «On demande à ce que chaque réseau universitaire parraine des régions du Québec, d'une part, en les aidant dans les activités professionnelles et les effectifs et, d'autre part, en faisant de la formation de médecins en région et en assurant l'accueil de médecins en région pour la formation continue», a affirmé hier le ministre, à la sortie de la commission parlementaire qui étudie les crédits budgétaires de son ministère.

Comme les plans d'effectifs médicaux des réseaux universitaires sont largement respectés, M. Couillard estime qu'ils sont en mesure d'assurer de nouvelles responsabilités. «Les gens comprennent que la responsabilité des réseaux universitaires dépasse le simple enseignement et la recherche, mais inclut l'ensemble de l'organisation des soins médicaux au Québec», a souligné le ministre.

Les RUIS devront aussi s'assurer que suffisamment de médecins spécialistes, notamment en chirurgie ou en psychiatrie, se trouvent dans une région. La distribution des régions entre les quatre RUIS se fera à l'automne.

Les RUIS sont sous l'autorité conjointe des facultés de médecine et des centres hospitaliers universitaires et ils sont composés également de représentants de l'université, du ministère et de la Régie régionale de la santé, entre autres.

Cette nouvelle structure s'ajoute aux agences régionales qu'entend créer le ministre afin de remplacer les actuelles régies régionales de la santé et des services sociaux.

Des déficits à résorber

En dépit d'une loi leur interdisant de se retrouver dans le rouge, les hôpitaux ont accumulé des déficits qui atteignent plus de 700 millions de dollars et qui pourraient même dépasser le milliard l'année prochaine. C'est ce que veut empêcher le ministre Couillard en fixant dès maintenant des «cibles réalistes» aux établissements afin qu'ils réduisent ou, dans certains cas, effacent totalement leur déficit. «Cette année, mon objectif est de montrer que, pour la première fois depuis des années, le rythme d'augmentation des déficits accumulés des hôpitaux va s'infléchir», a affirmé le ministre.

Philippe Couillard demandera aux hôpitaux de contrôler la partie du déficit qui est pleinement sous leur responsabilité, c'est-à-dire la gestion administrative. «Plus de patients, plus de médicaments à donner, plus de technologies à se procurer, le gestionnaire est incapable de contrôler ça. Mais il en est autrement pour l'autre partie du déficit, qui est due à des pratiques de gestion inadéquates ou au fait que certains établissements se donnent des missions de service qui n'ont pas été évaluées auparavant et qu'on se retrouve à devoir financer», a expliqué le ministre.

Pour que les hôpitaux déploient des efforts suffisants pour se rapprocher de l'équilibre budgétaire, Philippe Couillard entend resserrer les mécanismes de contrôle actuels. «Il y a des actions qui peuvent aller à l'arrêt des planifications immobilières, l'arrêt du plan d'effectif médical, l'arrêt de la recherche commanditée pour l'hôpital fautif. On va être très sévère», a-t-il indiqué. Il ne serait plus question d'accorder des primes de rendement aux directeurs généraux et aux autres cadres du réseau de la santé sans tenir compte de la performance réelle des établissements. «On va être très attentif à ça. Il faut récompenser les gens qui travaillent bien, et ceux qui travaillent moins bien auront moins de récompenses», a-t-il dit.

Les premiers résultats de ces efforts seront connus à la fin de l'automne.
 
 
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