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    L'obésité, ennemi du XXIe siècle

    Les jeunes d'aujourd'hui appartiennent à la première génération d'enfants dont l'espérance de vie ne dépassera pas celle de leurs parents

    8 janvier 2011 |Caroline Montpetit | Santé
    Photo: Newscom
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    Grâce aux progrès de la médecine et de l'hygiène, l'espérance de vie n'a cessé de s'accroître au cours des derniers siècles. Or elle pourrait se mettre à régresser au cours des prochaines décennies, de la faute même de l'homme. En fait, selon les professionnels de la santé, les jeunes d'aujourd'hui appartiennent à la première génération d'enfants dont l'espérance de vie ne dépassera pas celle de leurs parents. Et la première cause en est l'obésité infantile, qui croît en proportions alarmantes dans la population. Ces enfants obèses sont plus à risque de développer des maladies du cœur, de l'hypertension, un diabète et des AVC, et à un âge beaucoup plus précoce que les générations précédentes. En fait, des variations subtiles de pression artérielle ont déjà été observées chez des enfants obèses de 10 ans.

    L'ancienne présidente de l'Association médicale canadienne, Ruth Collins-Nakai, a déjà évalué que l'obésité ferait reculer la longévité canadienne moyenne de trois à quatre ans au cours des 40 prochaines années. L'agronome français Claude Aubert, le chimiste André Cicolella et le médecin-nutritionniste Laurent Chevalier, qui signaient un article dans Le Monde sur la question l'automne dernier, établissent quant à eux la perte de longévité liée à l'obésité à entre 5 et 15 ans.

    À la Fédération de l'âge d'or du Québec, on signale que le taux d'obésité chez les jeunes Canadiens a triplé au cours des 25 dernières années. En fait, un enfant ou un adolescent sur quatre, âgé de 2 à 17 ans, est obèse ou souffre d'embonpoint. Aux États-Unis, la proportion d'obèses dans la population est de un sur trois, pas très loin devant le Canada. 50 % des enfants canadiens âgés de 5 à 17 ans ne sont pas assez actifs physiquement pour maintenir une croissance normale et un développement optimal. «Le mode de vie d'aujourd'hui est conçu pour nous éviter de faire de l'activité physique, signalait le Dr George Honos, cardiologue et porte-parole de la Fondation des maladies du coeur en 2006. Chaque fois que vous appuyez sur un bouton [...], chaque appareil électronique conçu pour vous faciliter la vie évite de faire un effort physique. Ajoutez à cela les aliments de restauration rapide souvent riches en sel et en lipides, des portions grand format et une abondance d'aliments à faible valeur nutritive, et la recette est parfaite pour ce que j'appelle une société obésogène».

    En effet, seulement 20 % des jeunes de 6 à 12 ans consomment les portions de fruits et légumes recommandés quotidiennement, selon les données de la FADOQ. Les jeux vidéo qui remplacent le soccer et, à partir de l'adolescence, la possibilité de conduire une voiture n'arrangent rien à l'affaire.

    À l'heure actuelle, l'espérance de vie est de 84,5 ans pour les femmes et de 77,8 ans pour les hommes. Au cours des dix dernières années seulement, les gains en longévité ont été de trois années pour les hommes et de deux ans pour les femmes, selon les signataires de l'article du Monde.

    «L'augmentation actuelle de l'espérance de vie à la naissance est essentiellement celle de personnes nées au début du XXe siècle, principalement en milieu rural, dans un environnement peu pollué et avec un mode de vie plutôt sain du moins jusqu'à l'âge adulte, écrivent-ils. La tendance actuelle, en matière d'espérance de vie, risque de s'inverser lorsque les générations nées après la guerre vont vieillir. Ces dernières ont vécu dans un environnement complètement différent de celui de leurs aînés. Polluées dès la vie foetale par les substances chimiques de synthèse, elles ont mangé, souvent dès la naissance, une nourriture plus ou moins équilibrée (trop de sucre, d'aliments raffinés, de produits appauvris par des transformations industrielles, etc.), effet amplifié par le développement de la sédentarité.»

    En fait, l'Organisation mondiale de la santé estime que les maladies chroniques, dont plusieurs sont les conséquences de l'obésité, composent «l'un des principaux défis du XXIe siècle». Elles se substitueront vraisemblablement aux maladies infectieuses comme cause dominante de mortalité et de morbidité. Alors que les maladies infectieuses reculent devant les nouveaux progrès de la médecine, les maladies chroniques, elles, seraient en voie de s'installer à demeure.

    En 2007, la Fondation des maladies du coeur demandait que soit menée une étude portant sur toute la vie afin de surveiller l'évolution de la santé des Canadiens et des Canadiennes.

    On sait déjà que l'obésité est prédominante dans les milieux défavorisés, mais en 2009, une étude de l'Institute for Clinical Evaluative Sciences, de Toronto, relevait que l'obésité avait augmenté dans toutes les couches de la société, entre 1994 et 2005. Elle avait augmenté de 20 % dans le groupe le plus pauvre, mais de 25 % dans la classe moyenne, de 33 % dans le groupe aux revenus élevés et de 37 % dans le groupe aux revenus les plus élevés. Ces tendances se vérifiaient dans toutes les provinces canadiennes, même si on observe les plus hauts taux d'obésité au pays dans les provinces atlantiques et les moins élevés, en Colombie-Britannique.

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