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Lettres - Ce n'est pas un meurtre

Yvon Bureau, Travailleur social et consultant bénévole pour un mourir digne et libre, Québec, le 4 novembre 2010  8 novembre 2010  Santé
Le 28 octobre dernier, à Québec, j'ai donné une conférence à cinquante personnes retraitées de l'enseignement. À un moment donné, je leur ai demandé de fermer les yeux et de répondre à quatre questions, pour un sondage maison indicatif; seul moi gardai les yeux ouverts.

Première question. Qui a fait son testament? Environ 45 sur 50 ont levé la main. Deuxième question. Qui a fait un mandat en prévision de l'inaptitude? Environ 40 sur 50 ont levé la main. Troisième question. Qui a écrit ses directives anticipées de fin de vie? 30 sur 50 ont levé la main.

Quatrième question. Selon vous, lorsqu'un médecin aide une personne mourante en douleur et en souffrance à finir sa vie, à sa demande expresse, éclairé et libre, ce médecin commet-il un meurtre: 0 sur 50 a levé la main.

Cela rejoint les dires du médecin jésuite belge Marc Desmet, oeuvrant en soins palliatifs, de passage en octobre dernier. Cette aide à mourir «n'a rien à voir avec un meurtre». Espérons que plusieurs ultra-religieux québécois se raviseront et cesseront de parler de «tuer» et «d'être tué».
 
 
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  • Nestor TURCOTTE - Inscrit
    8 novembre 2010 09 h 01
    Oui, c'est un meutre
    Monsieur le travailleur social.

    Il faut ajouter un vieillard à votre groupe de retraités de l'enseignement: Jean Rostand, décédé à 83 ans, en 1977.

    Ils y a donc 51 auditeurs devant vous. Vous reposez la question 4. Lui, le grand biologiste et homme de science, lève la main et il est le seul à le faire sans doute. Pourquoi? L’agnostique Rostand vous répond : «Peut-être peut-on aimer assez pour commettre un crime, mais il faut que, légalement, cela reste un crime». Il est le seul à lever la main et par respect pour ce grand homme de science, je dois vous dire qu’il a raison et que, forcément, vous avez tort.

    Dans le cas que vous mentionnez (le suicide qu’on appelle assisté ou euthanasie active), il s’agit bien d’un meurtre ou d’un crime grave. Appelez-le par compassion, par pitié, par amour, ça demeure toujours un meurtre.

    L’agnostique Rostand et ceux que vous appelez maladroitement «les ultrareligieux» se rejoignent : un meurtre reste toujours un meurtre. Et de grâce, ne décidez pas de ce qui est vrai ou faux, admissible ou par, par main levée ou décision de la majorité. Il arrive que la majorité se trompe. Je vous réfère à l’histoire. Les cas sont nombreux. Que de mauvaises décisions ont été prises avec en poche un vote de la majorité.
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    8 novembre 2010 14 h 48
    Comme dans l'affaire Morgentaler
    Le Dr Morgentaler avait admis avoir enfreint sciemment une loi qui l'exposait à 20 ans de prison. Malgré cela, le jury l'a acquitté. Ce serait sans doute la même chose si on poursuivait un médecin ayant commis cet acte, et ça aiderait à clarifier la loi.
    Car je suis persuadé que même ceux qui réprouvent l'aide active au suicide répugneraient à envoyer un médecin dans un pénitencier pour un emprisonnement à vie.
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  • Georges Allaire - Inscrit
    8 novembre 2010 15 h 29
    Moralité d'un jour pour une mort sans lendemain
    Quand des gens de foi condamnaient le duel au nom de l'amour du prochain, méconnaissaient-ils la noblesse? Quand le pape Pie XI disait dans toutes les églises catholiques d'Allemagne qu'il fallait combattre le restaurateur de la fierté allemande, Adolphe Hitler, méconnaissait-il le droit au travail, à une patrie vibrante de confiance en elle et à l'assainissement d'un peuple? Quand le pape Pie XII ouvrait les portes des nombreuses paroisses, maison religieuses et même du Vatican pour y cacher des milliers de Juifs activement recherchés par les occupants nazis de Rome, méprisait-il le droit politique et militaire? Quand les papes Jean-Paul II et Benoît XVI tiennent en horreur la rupture du milieu écologique naturel de l'enfant durant ses mois de croissance dans l'unique mère de sa vie, nient-il à cet enfant le droit du respect de lui-même et nient-il à sa mère le respect de son intégrité? Quand des gens d'Église rappellent le devoir de présence affectueuse et de tenace envers chaque personne qui chemine dans la fin de sa vie, mettriez-vous plutôt votre vie dans les mains levées de tous ceux qui vous entourent et qui en ont silencieusement marre de vous endurer?

    Quelle générosité cachons-nous dans la défense du tueur du faible en moment de faiblesse?
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  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné
    8 novembre 2010 23 h 54
    L’esclave des catégories
    Une fois que M Turcotte, philosophe et théologien, a dit que l’aide à mourir est un meurtre, quelles conclusions en tire-t-il?

    M. Bureau aurait dû poser la question:
    “Faut-il condamner à mort, ou à la prison à perpétuité, le médecin qui aide une personne mourante en douleur et en souffrance à finir sa vie, à sa demande expresse, éclairé et libre?”

    Je crois qu'à cette question les réponses des cinquante personnes retraitées auraient été les mêmes. On ne connaît pas celle de M Rostand.
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