Obésité - Taxer la calorie vide
Le problème d'obésité chez les jeunes est à ce point grave qu'il détériore leur condition cardiaque, ce qui alarme la communauté médicale. Dans ce contexte, il ne faut pas craindre de taxer la calorie vide, en ciblant les boissons sucrées.
Il n'a pas suffi que l'Organisation mondiale de la santé parle d'une épidémie de l'obésité. Il n'a pas suffi non plus qu'on nous abreuve de statistiques à fort volume sur la tendance inquiétante des enfants à souffrir de surpoids — au Québec, un enfant sur quatre entre désormais dans cette catégorie. Au Canada, c'est plutôt un sur trois.
Malgré les signaux d'alarme, les sombres constats, les tentatives de prévention, le plus récent verdict médical est alarmant: certains jeunes affichent des taux de cholestérol attendus chez des patients âgés de 65 ans. Leur coeur est amoché.
«On risque de perdre une génération entière de jeunes Canadiens.» Les experts semblent effarés par ce qu'ils ont sous les yeux. Lundi, en effet, au Congrès canadien de santé cardiovasculaire, le Dr Marco Di Buono n'a pas caché son inquiétude. Les spécialistes craignent une escalade des maladies cardiovasculaires chez de jeunes candidats, un effet physiologique concret du surpoids et de l'obésité chez les jeunes.
Ces messages, si troublants soient-ils, n'atteignent pas, hélas, la population la plus vulnérable à ces excès. Comment comprendre autrement la popularité d'un nouveau sandwich lancé récemment par la chaîne américaine PFK, un condensé de gras, de calories et de sodium défiant toute concurrence? Coincés entre deux morceaux de poulet frit tenant lieu de pain, du bacon et du fromage complètent cette cagnotte de 540 calories, 30 grammes de gras et 1740 milligrammes de sel. La «chose» vient tout juste d'atterrir au Canada, mais aux États-Unis, où on la sert depuis quelque temps, il s'agit du meilleur vendeur de l'histoire de la chaîne...
Ceci explique donc cela. Tentés par la restauration-minute, plus sédentaires que jamais, les jeunes souffrent d'un déséquilibre entre les calories consommées et celles dépensées. Accrocs de l'écran, sous toutes ses formes, ils sirotent la boisson sucrée — que des calories, aucun apport nutritif! — tout en suivant de manière effrénée la moindre activité sur leur profil Facebook. De précieuses heures de sommeil sont perdues au profit d'une dépendance à diverses formes de réseautage, ce qui prédispose au surpoids.
Dans ce contexte, et pour s'attaquer à ce fléau, l'idée d'une taxe sur les boissons sucrées est tout à fait bienvenue. La Coalition québécoise sur la problématique du poids plaide depuis longtemps pour des interventions plus vigoureuses en santé publique. Au Québec, on sait que 44 % des adolescents de 15-16 ans sont tentés tous les jours par les grignotines, les bonbons ou les boissons gazeuses. Les garçons de 14-18 ans consommeraient plus d'un demi-litre de ces boissons sucrées tous les jours — les filles, ce serait un tiers.
Si cette taxe permet d'engranger des sommes destinées à contrer l'obésité, tant mieux. Si, surtout, elle peut décourager la tentation quotidienne de succomber à une bouteille de calories vides, encore mieux. La consommation quotidienne de ces boissons accroît le risque d'obésité de... 60 %. C'est énorme.
Il n'a pas suffi que l'Organisation mondiale de la santé parle d'une épidémie de l'obésité. Il n'a pas suffi non plus qu'on nous abreuve de statistiques à fort volume sur la tendance inquiétante des enfants à souffrir de surpoids — au Québec, un enfant sur quatre entre désormais dans cette catégorie. Au Canada, c'est plutôt un sur trois.
Malgré les signaux d'alarme, les sombres constats, les tentatives de prévention, le plus récent verdict médical est alarmant: certains jeunes affichent des taux de cholestérol attendus chez des patients âgés de 65 ans. Leur coeur est amoché.
«On risque de perdre une génération entière de jeunes Canadiens.» Les experts semblent effarés par ce qu'ils ont sous les yeux. Lundi, en effet, au Congrès canadien de santé cardiovasculaire, le Dr Marco Di Buono n'a pas caché son inquiétude. Les spécialistes craignent une escalade des maladies cardiovasculaires chez de jeunes candidats, un effet physiologique concret du surpoids et de l'obésité chez les jeunes.
Ces messages, si troublants soient-ils, n'atteignent pas, hélas, la population la plus vulnérable à ces excès. Comment comprendre autrement la popularité d'un nouveau sandwich lancé récemment par la chaîne américaine PFK, un condensé de gras, de calories et de sodium défiant toute concurrence? Coincés entre deux morceaux de poulet frit tenant lieu de pain, du bacon et du fromage complètent cette cagnotte de 540 calories, 30 grammes de gras et 1740 milligrammes de sel. La «chose» vient tout juste d'atterrir au Canada, mais aux États-Unis, où on la sert depuis quelque temps, il s'agit du meilleur vendeur de l'histoire de la chaîne...
Ceci explique donc cela. Tentés par la restauration-minute, plus sédentaires que jamais, les jeunes souffrent d'un déséquilibre entre les calories consommées et celles dépensées. Accrocs de l'écran, sous toutes ses formes, ils sirotent la boisson sucrée — que des calories, aucun apport nutritif! — tout en suivant de manière effrénée la moindre activité sur leur profil Facebook. De précieuses heures de sommeil sont perdues au profit d'une dépendance à diverses formes de réseautage, ce qui prédispose au surpoids.
Dans ce contexte, et pour s'attaquer à ce fléau, l'idée d'une taxe sur les boissons sucrées est tout à fait bienvenue. La Coalition québécoise sur la problématique du poids plaide depuis longtemps pour des interventions plus vigoureuses en santé publique. Au Québec, on sait que 44 % des adolescents de 15-16 ans sont tentés tous les jours par les grignotines, les bonbons ou les boissons gazeuses. Les garçons de 14-18 ans consommeraient plus d'un demi-litre de ces boissons sucrées tous les jours — les filles, ce serait un tiers.
Si cette taxe permet d'engranger des sommes destinées à contrer l'obésité, tant mieux. Si, surtout, elle peut décourager la tentation quotidienne de succomber à une bouteille de calories vides, encore mieux. La consommation quotidienne de ces boissons accroît le risque d'obésité de... 60 %. C'est énorme.
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