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Obésité - Taxer la calorie vide

Marie-Andrée Chouinard   27 octobre 2010  Santé
Le problème d'obésité chez les jeunes est à ce point grave qu'il détériore leur condition cardiaque, ce qui alarme la communauté médicale. Dans ce contexte, il ne faut pas craindre de taxer la calorie vide, en ciblant les boissons sucrées.

Il n'a pas suffi que l'Organisation mondiale de la santé parle d'une épidémie de l'obésité. Il n'a pas suffi non plus qu'on nous abreuve de statistiques à fort volume sur la tendance inquiétante des enfants à souffrir de surpoids — au Québec, un enfant sur quatre entre désormais dans cette catégorie. Au Canada, c'est plutôt un sur trois.

Malgré les signaux d'alarme, les sombres constats, les tentatives de prévention, le plus récent verdict médical est alarmant: certains jeunes affichent des taux de cholestérol attendus chez des patients âgés de 65 ans. Leur coeur est amoché.

«On risque de perdre une génération entière de jeunes Canadiens.» Les experts semblent effarés par ce qu'ils ont sous les yeux. Lundi, en effet, au Congrès canadien de santé cardiovasculaire, le Dr Marco Di Buono n'a pas caché son inquiétude. Les spécialistes craignent une escalade des maladies cardiovasculaires chez de jeunes candidats, un effet physiologique concret du surpoids et de l'obésité chez les jeunes.

Ces messages, si troublants soient-ils, n'atteignent pas, hélas, la population la plus vulnérable à ces excès. Comment comprendre autrement la popularité d'un nouveau sandwich lancé récemment par la chaîne américaine PFK, un condensé de gras, de calories et de sodium défiant toute concurrence? Coincés entre deux morceaux de poulet frit tenant lieu de pain, du bacon et du fromage complètent cette cagnotte de 540 calories, 30 grammes de gras et 1740 milligrammes de sel. La «chose» vient tout juste d'atterrir au Canada, mais aux États-Unis, où on la sert depuis quelque temps, il s'agit du meilleur vendeur de l'histoire de la chaîne...

Ceci explique donc cela. Tentés par la restauration-minute, plus sédentaires que jamais, les jeunes souffrent d'un déséquilibre entre les calories consommées et celles dépensées. Accrocs de l'écran, sous toutes ses formes, ils sirotent la boisson sucrée — que des calories, aucun apport nutritif! — tout en suivant de manière effrénée la moindre activité sur leur profil Facebook. De précieuses heures de sommeil sont perdues au profit d'une dépendance à diverses formes de réseautage, ce qui prédispose au surpoids.

Dans ce contexte, et pour s'attaquer à ce fléau, l'idée d'une taxe sur les boissons sucrées est tout à fait bienvenue. La Coalition québécoise sur la problématique du poids plaide depuis longtemps pour des interventions plus vigoureuses en santé publique. Au Québec, on sait que 44 % des adolescents de 15-16 ans sont tentés tous les jours par les grignotines, les bonbons ou les boissons gazeuses. Les garçons de 14-18 ans consommeraient plus d'un demi-litre de ces boissons sucrées tous les jours — les filles, ce serait un tiers.

Si cette taxe permet d'engranger des sommes destinées à contrer l'obésité, tant mieux. Si, surtout, elle peut décourager la tentation quotidienne de succomber à une bouteille de calories vides, encore mieux. La consommation quotidienne de ces boissons accroît le risque d'obésité de... 60 %. C'est énorme.

 
 
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  • philippe700 - Inscrit
    27 octobre 2010 01 h 36
    J'ai un avis très divergent
    Taxer les boissons gazeuses pour contrer l'obésité n'a aucune chance de réussir. Un catégorique 0%.

    Je suis biologiste et j'ai travailler longtemps en milieu hospitalier, je connais donc très bien les problèmes liés à l'obésité et je ne cherche aucunement à les amoindrir. De plus, les boissons gazeuses n'apporte effectivement rien de sain à l'alimentation, je suis d'accord sur ce point.

    Toutefois une taxe sur les boissons gazeuses ne peut réussir à inverser cette tendance.

    Les personnes obèses ont besoin d'ÉDUCATION, bien plus que d'une taxe. J'ai rencontré des patients qui consommait plus de 12 bières par jours en croyant sincèrement que c'était la norme (les bières sont une source incroyable de calories vides également), d'autre qui ont une consommation quotidienne de poutine...et ceux qui ne mange aucun légume...ils sont LÉGIONS.

    Mon point est que le problème est beaucoup, mais beaucoup plus vaste que les boissons sucrés. Une approche aussi limité qu'une taxe sur ces boissons est voué à l'échec. Même si l'argent des taxes est versé dans un fond spécial pour lutter contre l'obésité, cela ne changera pas le monde, le gouvernement investit déjà plusieurs dizaines de millions par année pour la santé, avec le résultat que l'on connait.

    De plus, la plupart des obèses sont pauvres et ne vont pas acheter des légumes, des fruits et des aliments santé parce que soudain on ajouter quelque cents au prix des boissons sucrées. Ajouté une taxe de 10% sur la malbouffe = résultat = la malbouffe est toujours bien moins chère que bien des aliments plus sains.

    Changer ses habitudes de vies, car c'est bien de cela qu'il s'agit si quelqu'un veut maigrir, est difficile est nécessite des efforts. Ce n'est pas le genre de changement que l'ont peu provoquer en taxant des boissons sucrées: L'utopie à des limites.
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  • Serge Manzhos - Inscrit
    27 octobre 2010 02 h 38
    taxer
    pourquoi pas alors taxer les chaises d'ordinateurs ou les ados sont assis devant l’écran? Tant qu'a taxer, pourquoi pas taxer les écrans même d'ordi? ou internet?
    le chocolat de qualité est aussi mauvais pour la sante. Taxer le davantage? Des solution les unes plus stupides que les autres.
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  • Georges Paquet - Abonné
    27 octobre 2010 04 h 15
    Et la prévention?...Quelques suggestions. Pas seulement pour les jeunes...
    Bonne idée d'imposer des taxes, même très "salées", Mais on pourrait aussi interdire la publicité sur les produits nocifs pour la santé.

    On pourrait également en ninterdire la vente dans les écoles et autres lieux largement fréquentés.

    Comme on le fait pour les fumeurs, il faut rendre les obèses et ceux qui sont en voie de l'être, responsables de leur mauvaise santé.

    Il faut que des statistiques soient largement publiées sur les coûts, assumés par tous, engendrés par ceux qui ne font pas attention à leur santé. On ne peut pas continuer de demander à tout le monde de contribuer de plus en plus au financement d'un système de santé efficace, et ne pas dénoncer et faire payer ceux qui en abuse ou qui s'en foutent.

    Il faudrait publier et diffuser largement, un code de bon comportement en société, et en matière de santé, comme on le fait pour les comportements punissables, sur les routes et dans les lieux publics.

    La tentation est trop grande de s'adonner à des accommodements, souvent peu raisonnables, en faveur des gens au poids exhorbitant, dans les avions et autres lieux de transport, souvent au détriment des citoyens qui ont fait attention à leur santé. Ainsi, pourquoi accorderait-on deux sièges dans un avion à une personne qui me nargue en prenant ses demi-douzaines de boissons gazeuses et autres friandises, tandi que je suis réduit à tenter de dormir dans un seul siège demeurant tout droit, parce que je ne peux pas incliner le dossier qui incommoderait mon "gros" voisin d'en arrière.

    Tant qu'on accordera des privilèges et souvent de la publicité aux personnes qui dépassent les normes de santé et de comportement civique, on ne réussira pas à endiguer ce phénomène qui nous ruinera financièrement, réduira l'espérance de vie, freinera la productivité, limitera la mobilité et l'employabilité de la main d'oeuvre, et exaspérera tous ceux qui ont envie de participer à une vie sociale intéressante.
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  • Nasboum - Abonné
    27 octobre 2010 06 h 26
    taxe, panacée?
    Je suis pour une taxe sur les friandises mais surtout pour l'absence totale des boissons sucrées et des machines distributrices dans les écoles et autres endroits fréquentées par les enfants (arénas, etc.). Malheureusement, la malbouffe est actuellement un phénomène de société puisque on en mange chez soi et à l'extérieur. Les parents l'ont intégré dans la façon dont ils nourrissent leurs enfants, comme si l'occasionnel était devenu la norme.

    je le vois tous les jours auprès de nos amis et fréquentations qui ont abdiqué leurs responsabilités et perdu tout bon sens. Et quand on le leur rappelle, ils font une grimace ou roulent les yeux vers les côtés comme si nous étions des parents 'vieux jeu'. le résultat est là, des enfants bien enveloppés, plus capables de jouer pendant des heures car en mauvaise forme physique. Peut-être qu'une taxe va changer un peu cela mais le problème est encore plus large, plus profond.
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  • Kassiopee - Abonnée
    27 octobre 2010 08 h 53
    Une taxe...vraiment?
    Pensez-vous vraiment que de taxer une cannette de boisson gazeuse va avoir pour effet d'en diminuer la consommation? Cette idée est complètement ridicule. Si c'est si nocif, interdisez ces boissons avant 18 ans par exemple. Ou interdisez les tout court. Mais non, c'est beaucoup trop payant pour les gouvernements. Quant à moi c'est un mauvais calcul, les soins de santé coûtent beaucoup plus cher que la prévention.

    Les parents ont aussi une responsabilité. Mes parents ne mangeaient que très rarement du fast-food, alors je n'ai jamais développé l'habitude d'en manger. Évidemment, je succombe occasionnellement, mais ça reste tout de même l'exception. Et je ne viens pas de la classe supérieure, mais bien de la classe moyenne de banlieue, alors ce n'est pas une question d'argent mais de saine habitudes et de contrôle de soi.
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  • Normande Poirier - Abonnée
    27 octobre 2010 08 h 58
    Pourquoi pas une loi limitant les publicités télévisées de « fast food »?
    Un examen sommaire de la documentation scientifique portant sur l'obésité nous apprend entre autres deux choses : 1. Que la consommation de sucre, de sel et de gras crée une dépendance, au même titre que l'alcool, le tabac. 2. qu'il existe une corrélation positive entre le nombre de publicités de « fast food » diffusées aux heures de grande écoute et la consommation excessive de produits de ce genre.

    Je ne suis pas contre une taxe sur le « fast food » et les « calories vides ». Cependant, cette mesure rejette toute la responsabilié du problème sur la population et entretient la croyance selon laquelle, l'obésité n'est qu'une conséquence de mauvais choix alimentaire. A-t-on le choix quand on est « accros », je vous le demande. Face à cette réalité, les gouvernements, les organismes de santé publique, les journalisme, et même les organismes de lutte contre l'obésité se mettent la tête dans le sable. À croire qu'il existe une collusion de la part de tous les intervenants pour protéger l'industrie du « fast food » et éviter de proposer des mesures qui pourraient lui faire vraiment mal. Car les grandes chaînes de « fast food » qui, depuis longtemps, investissent des sommes faramineuses dans la publicité, ne s'y trompent pas. Elles savent exactement ce que rapporte en profit chaque dollar investi en publicité.

    D'après les études consultées sur la question, il apparaît que la mesure la plus efficace serait de prendre le problème à la source et d'exiger un loi limitant les publicités télévisées sur le « fast food » aux heures de grande écoute. Les organismes de lutte contre le tabagisme ont bien compris la stratégie en faisant passer des législation interdisant les publicités de tabac.

    Selon moi, l'imposition d'une taxe est une mesure trop timide qui de plus aurait comme conséquence d'indisposer la population.
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  • Lamonta - Abonné
    27 octobre 2010 09 h 27
    À problème global, stratégie globale
    Une taxe sur la malbouffe et les calories vides, bien sûr, mais uniquement dans le cadre d'une stratégie globale de lutte contre l'obésité, le diabète, le cancer, les maladies cardiaques.

    Philippe7000 a parfaitement raison: une taxe seule ne règlera rien du tout. L'éducation ne constitue, également, qu'une petite partie de la solution. Mais quand les boissons gazeuses coûtent trois fois moins cher que le litre d'eau et que la nourriture la moins chère, la plus calorique et la plus disponible est la restauration minute, tout concourt à favoriser le pire choix possible.

    Quand entre 50% et 66% de la population souffrent de surpoids et d'obésité, ce n'est pas un problème individuel, c'est un problème social.

    La stratégie à privilégier est assez simple : mettre en place toutes les mesures qui vont encourager l'activité physique et une alimentation saine, et décourager la sédentarité et les mauvais choix alimentaires. Dans cette bataille, les premières mesures devraient viser l'industrie pour modifier l'offre car c'est probablement ce qui aurait le plus grand impact à court terme. Les autres mesures à mettre en place sont à long terme: favoriser le transport actif (vélo, marche), améliorer la disponibilité et l'accessibilité des aliments sains dans les milieux les plus à risque, éduquer sur les choix santé et apprendre à faire la cuisine.

    On a réussi à modifier les comportements envers le tabac par toute une série de mesures visant à "dénormaliser" le tabagisme. Le même type de stratégie réussira à modifier aussi les comportements alimentaires et la sédentarité.

    Au bout du compte, il restera toujours un pourcentage d'irréductibles. Ce n'est qu'alors qu'on pourra prévenir ces irréductibles sédentaires amateurs de malbouffe qu'ils devront assumer les conséquences de leur choix. Mais comme les taxes sur la malbouffe et sur l'essence seront très élevées, on devrait pouvoir payer la facture d'hôpital sans trop de
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    27 octobre 2010 10 h 02
    La pub est une meilleure voie...
    Et, dans la pub, j'inclurais ainsi toutes les façades criardes qui identifient les restos des grandes chaînes de fast-food. Et pourquoi ne pas interdire leurs parkings?
    Mon seul regret serait de ne plus avoir un repère facile pour les gens qui veulent venir chez moi (il y a un McDo au coin de la rue).

    Interdire la malbouffe à l'école ne servirait pas à grand-chose, en tout cas en ville. Il y aura toujours un fast-food à quelques minutes de marche ou d'autobus.
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    27 octobre 2010 10 h 49
    Au lieu du tsunami gris...
    ... allons-nous devoir affronter un tsunami gras?
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  •  
  • François Dugal - Abonné
    27 octobre 2010 11 h 44
    Prêcher par l'exemple
    Comment peut-on conscientiser les gens quand on voit le nouveau maire de Toronto, Rob Ford, boire son «Coke» en public?
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  • Peter Kavanagh - Inscrit
    27 octobre 2010 19 h 41
    Ou est-ce que l'on va s'arreter?
    A quand les inspections de frigidaire mensuel, la pesée obligatoire au 3 mois, fermons les supermarché et remplaçons par des centres de distribution de nourriture gouvernementaux qui calculeront les quantités selon votre dépense d'énergie....le monde est en train de devenir fou!
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  •  
  • Yvon Bureau - Abonné
    27 octobre 2010 20 h 18
    Un sommet. Urgence
    Depuis des lunes, je propose un Sommet Moins de sel Moins de sucre Moins de gras. En vain.

    Qui va oser le convoquer ?

    Ensemble, les humains sont capables de grands changements.

    Entre-temps, taxer surtout les publicités Fast-food, boissons gazeuses, bières…
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  •  
  • philippe700 - Inscrit
    28 octobre 2010 01 h 53
    Petite suite
    Je suis entièrement d'accord avec votre Christian Lamontagne.

    Toutefois il y a beaucoup de produits à taxer, les boissons gazeuses, les boissons en poudres, les thé glacés, les boissons type Gatorade...

    Toutefois cela soulève de nombreux points:

    - L'industrie alimentaire va réagir en augmentant l'offre de ses produits 'léger', bref avec des agents sucrant tel l'aspartame. Doit-on taxer ses produits ? Un coke avec de l'aspartame ne contient pas de nutriments certes...mais il ne contient pas de calories. Sous quel prétexte le taxer alors ?

    - Si on taxe les produits qui ne sont pas sain, doit-on ajouter des taxes également pour les chips, le chocolat, les bonbons, les biscuits...

    - Sans compter de nombreux produits contenant une quantité incroyable de sels...les soupes pré-préparés, les aliments congelés...va t-on les sur taxer ces produits également ?

    - Doit-on utiliser une partie des fonds levé par ces taxes pour subventionner en parties les fruits et légumes afin de diminuer leur prix de vente ?


    _________________

    Commencer le jeu de surtaxe et ou de subvention/promotion d'autre produit me semble être une boîte de Pandore qui ne doit pas être ouverte avec légèreté.

    Je crois que l'éducation/promotion d'un bon mode de vie alimentation/activité physique est prioritaire dans un premier temps. Réduire la publicité des aliments malsain me semble être une excellente idée également. Ajouter des publicité qui démontre les danger de l'obésité me semble essentiel.

    Bref, les stratégies utilisés pour lutter contre le tabagisme sont tous aussi applicable pour lutter contre l'obésité, mais les produits causant l'obésité étant bien plus nombreux, ils d'autant plus dure à taxer.

    Une bonne nouvelle = Réduire la malbouffe et augmenter l'activité physique peut on seulement réduire l'obésité mais également entrainer une foule d'effet bénéfique = Moins de cancer, moins d'hypertension, moins de stress, plus grand espérance d
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