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Santé - Une nouvelle bataille s'engage contre les «légères» et les «douces»

17 juin 2003  Santé
Ottawa — Un groupe d'experts des milieux juridique et de la santé a déposé une plainte contre les fabricants de cigarettes au Bureau fédéral de la concurrence, afin de les obliger à cesser de vendre des cigarettes dites «légères» ou «douces».

«Nous leur demandons d'enquêter sur des accusations de pratiques frauduleuses relatives aux appellations légères et douces», a indiqué le docteur Robert Cushman, médecin-conseil en santé publique d'Ottawa.

Étant donné que les deux tiers des cigarettes sur le marché sont dites légères ou douces, les consommateurs pensent que ces produits protègent leur santé et améliorent leurs chances de cesser de fumer, a poursuivi le Dr Cushman. «Ceci est faux [...] c'est une pratique frauduleuse de marketing.»

Mais les manufacturiers de cigarettes soutiennent que les consommateurs ne sont nullement trompés par la mise en marché de cigarettes douces ou légères. Selon les fabricants, les appellations légères et douces visent à souligner les différences de goût et de saveur, pas les avantages pour la santé.

«Les consommateurs reconnaissent que les appellations légères et douces différencient les variations de goût et de saveur», a soutenu John McDonald, directeur des affaires publiques chez Rothmans, Benson & Hedges. Il ajoutait que son entreprise n'a pas fait et ne fait pas d'allégations sur le fait que les produits à faible teneur en goudron et nicotine seraient, ou non, plus sûrs ou moins dangereux pour la santé.

De son côté, Imperial Tobacco Canada prévient le lobby antitabac qu'il «joue un jeu dangereux» en alléguant qu'il y a fraude auprès des consommateurs. Les scientifiques de Santé Canada eux-mêmes ont exprimé leur scepticisme face au retrait des qualificatifs «légères» et «douces» des cigarettes, affirme l'entreprise dans un communiqué.

Mais selon David Sweanor, un avocat de l'Association pour les droits des non-fumeurs, les consommateurs en viennent à penser que les cigarettes portant les mentions «douces» ou «légères» sont moins nocives pour leur santé. «Des sondages montrent que les fumeurs, particulièrement ceux qui fument ces types de cigarettes, croient qu'ils absorbent moins de goudron, moins de nicotine. Ce n'est pas le cas.»

Des experts avancent que ces produits ne sont pas moins dangereux pour la santé parce que les fumeurs en prennent de plus grandes bouffées pour satisfaire leur besoin de fumer, ce qui serait aussi nocif que de consommer des cigarettes dites régulières.

Porter plainte au Bureau de la concurrence permet de contourner le ministre fédéral de la Santé, que certains accusent d'avoir abandonné la lutte sur les questions des appellations légères et douces.

Selon le groupe, le Bureau de la concurrence serait la meilleure façon, et la plus rapide, pour tenter de faire cesser le recours aux appellations légères et douces dans la mise en marché.

En vertu de la Loi sur la concurrence, les fabricants sont responsables des affirmations explicites qu'ils font au sujet de leurs produits et de l'impression qu'ils créent auprès des consommateurs à propos de ce que leur produit peut et ne peut pas faire.






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