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Épandage de larvicide dans les puisards - La lutte contre le virus du Nil se transporte en ville

Isabelle Paré   11 juin 2003  Santé
La seconde phase du plan de lutte contre le virus du Nil occidental (VNO) débutera cette semaine avec l'épandage de larvicides dans 125 000 puisards de la grande région de Montréal et l'amorce d'une vaste campagne d'information publique dans les médias.

Après avoir procédé, au début de mai, à l'épandage de Bti dans les milieux humides de la métropole, la Société de protection des forêts contre les insectes et maladies (SOPFIM) commencera ce matin à traiter des milliers de puisards urbains, lieu de reproduction privilégié par plusieurs espèces de moustique de type Culex, porteuses du virus du Nil.

Hier, le Dr Horacio Arruda, directeur de la Santé publique du Québec, a rappelé qu'il importait de faire des traitements préventifs en milieu urbain, là où la densité de population favorise l'éclosion d'un plus grand nombre de cas d'infection au VNO.

«La région du sud-est du Québec est la plus à risque, tout simplement parce qu'elle est la plus peuplée et que les températures y sont plus élevées. Mais l'usage du méthoprène dans les puisards va minimiser ces risques», a-t-il indiqué.

Considéré comme inefficace dans les puisards, le larvicide biologique Bti sera donc remplacé cette fois-ci par le méthoprène, un larvicide granulaire que l'on épandra au fond des puisards. Les granules, qui mettent 30 jours à libérer totalement le larvicide, interrompent le développement normal des larves. Selon la SOPFIM, cet agent est inoffensif pour les humains et sans grandes conséquences sur les autres espèces vivantes. On estime qu'il se dégrade rapidement dans l'eau et le sol.

Mais puisque les mesures personnelles de prévention sont parmi les plus efficaces, le ministère de la Santé a aussi lancé hier une campagne de communication au coût de 500 000 $ dans les médias sous le thème «Nil n'est à l'abri».

Le Dr Horacio Arruda a rappelé hier que 19 personnes ont été infectées au Québec l'an dernier et que deux en sont mortes. Faute de vaccin ou de traitements disponibles, les infections au VNO sont jugées graves. Mais le Dr Arruda a rappelé que seulement une personne infectée sur 150 risquait de souffrir des complications du VNO.

«Notre surveillance est basée sur la détection des cas sévères, qui ont eu des encéphalites et des méningites. Mais on sait que d'autres personnes infectées n'ont développé aucun symptômes», a-t-il précisé.

À New York en 1999, zone d'éclosion du VNO, on estime que de 3 à 4 % de la population a été infectée mais que seulement quelques centaines de personnes, pour la plupart âgées et malades, ont développé des symptômes.

On sait désormais que les enfants sont peu à risque. Aux États-Unis, par les années passées, moins de 1 % des personnes atteintes du VNO avaient moins de deux ans. Malgré tout, la Direction de la santé publique recommande cet été aux parents de recourir à l'application fréquente d'insecticide chez leurs enfants, mais sans excès.

Pour les adultes et les personnes âgées, on recommande le chasse-moustiques, le port de vêtements longs et de limiter les activités extérieures au lever et au coucher du soleil, quand les moustiques sont les plus actifs.

«Il y a plus de gens qui vont mourir sur les routes ou de la grippe que du VNO. Mais puisque c'est une maladie émergente, on doit réapprendre qu'une piqûre peut transmettre la maladie. Ce serait se mettre la tête dans le sable que de dire qu'il n'y a aucun danger», estime le directeur de la Santé publique.

À ce jour, le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation a identifié cette saison, parmi 326 carcasses récoltées, deux corneilles mortes porteuses du VNO. L'une a été retrouvée le 5 mai dans la région d'Huntingdon et l'autre la semaine dernière, à Roxboro, dans l'ouest de Montréal.

Malgré l'engorgement entraîné par les 13 000 appels reçus depuis quelques semaines, le MAPAQ a invité la population à continuer de participer au signalement des oiseaux morts, particulièrement des corneilles, des corbeaux et des geais bleus, en appelant au 1 800 363-1363. Et cela parce que le signalement d'un grand nombre de cas sera déterminant dans le choix des sites de stations de surveillance des moustiques plus tard cette saison.
 
 
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