L'euthanasie dans la clandestinité
Illégal, le suicide assisté pourrait devenir un mouvement de l'ombre
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Geoffrey Kelley a présidé hier à la deuxième journée de travaux de la commission parlementaire sur la question de mourir dans la dignité.
Un homme garde les médicaments de sa femme décédée pour éventuellement s'en servir au moment opportun et «ne pas finir comme elle». Un autre s'achète des ballons d'hélium pour l'aspirer, le temps venu, et ainsi mourir sans souffrance. À défaut d'être légale, l'euthanasie pourrait bien devenir le fait d'un mouvement clandestin, comme l'était autrefois l'avortement. Et déjà, selon Hélène Bolduc, présidente de l'Association québécoise pour le droit de mourir dans la dignité, il y a une forme d'euthanasie ou de suicide assisté qui se passe clandestinement, même si elle n'est pas présentement organisée en mouvement.
Mme Bolduc présentait hier à Montréal un mémoire en faveur de l'euthanasie à la commission parlementaire sur la question de mourir dans la dignité. Selon elle, la légalisation de l'euthanasie permettrait entre autres à de nombreux malades de réaliser leur souhait de mourir à la maison. En effet, certains soins de fin de vie, dont le traitement du delirium, fréquent à la fin d'un cancer, ou la sédation palliative, ne peuvent pas être administrés à la maison. Les proches se voient donc dans l'impossibilité de respecter le choix du malade de mourir à la maison tout en lui apportant les soins nécessaires au soulagement de sa douleur.
Mme Bolduc a aussi avancé que seulement un malade sur dix ayant manifesté son souhait d'avoir recours plus tard à l'euthanasie se rend jusqu'au bout de sa démarche.
De son côté, M. Francis Boudreau, professeur de philosophie au collégial, a présenté à la commission une «défense philosophique de l'euthanasie active», citant des auteurs aussi anciens que Hégésias de Cyrène, ayant vécu plus de trois siècles avant Jésus-Christ. M . Boudreau a également dit avoir mené un sondage auprès des quelque 80 étudiants à qui il enseigne la philosophie, dont la moyenne d'âge est d'environ 20 ans. Or, ses étudiants ont répondu unanimement être pour l'euthanasie, sinon pour eux-mêmes, du moins pour un proche qui le réclamerait. M. Boudreau s'est particulièrement étonné de cette réponse, notamment venant d'étudiants issus de l'immigration, dont les confessions religieuses auraient naturellement proscrit ce type de pratique. Ces étudiants ont dit que l'euthanasie pouvait correspondre aux principes de liberté prévalant dans leur pays d'accueil.
Médecins et infirmières
Plusieurs médecins et infirmières sont aussi venus témoigner de leur opposition à la légalisation de la pratique de l'euthanasie et du suicide assisté. Ainsi, le Dr Ayoub, par exemple, oncologue et médecin en soins palliatifs du CHUM, a dit que pour lui, le «cri du coeur» lancé par les personnes se réclamant de l'euthanasie était plutôt un «appel à la sympathie», et un «manque de confiance à l'égard des progrès de la science médicale». Le débat se poursuit aujourd'hui à l'hôtel Omni, rue Sherbrooke, à Montréal.
Mme Bolduc présentait hier à Montréal un mémoire en faveur de l'euthanasie à la commission parlementaire sur la question de mourir dans la dignité. Selon elle, la légalisation de l'euthanasie permettrait entre autres à de nombreux malades de réaliser leur souhait de mourir à la maison. En effet, certains soins de fin de vie, dont le traitement du delirium, fréquent à la fin d'un cancer, ou la sédation palliative, ne peuvent pas être administrés à la maison. Les proches se voient donc dans l'impossibilité de respecter le choix du malade de mourir à la maison tout en lui apportant les soins nécessaires au soulagement de sa douleur.
Mme Bolduc a aussi avancé que seulement un malade sur dix ayant manifesté son souhait d'avoir recours plus tard à l'euthanasie se rend jusqu'au bout de sa démarche.
De son côté, M. Francis Boudreau, professeur de philosophie au collégial, a présenté à la commission une «défense philosophique de l'euthanasie active», citant des auteurs aussi anciens que Hégésias de Cyrène, ayant vécu plus de trois siècles avant Jésus-Christ. M . Boudreau a également dit avoir mené un sondage auprès des quelque 80 étudiants à qui il enseigne la philosophie, dont la moyenne d'âge est d'environ 20 ans. Or, ses étudiants ont répondu unanimement être pour l'euthanasie, sinon pour eux-mêmes, du moins pour un proche qui le réclamerait. M. Boudreau s'est particulièrement étonné de cette réponse, notamment venant d'étudiants issus de l'immigration, dont les confessions religieuses auraient naturellement proscrit ce type de pratique. Ces étudiants ont dit que l'euthanasie pouvait correspondre aux principes de liberté prévalant dans leur pays d'accueil.
Médecins et infirmières
Plusieurs médecins et infirmières sont aussi venus témoigner de leur opposition à la légalisation de la pratique de l'euthanasie et du suicide assisté. Ainsi, le Dr Ayoub, par exemple, oncologue et médecin en soins palliatifs du CHUM, a dit que pour lui, le «cri du coeur» lancé par les personnes se réclamant de l'euthanasie était plutôt un «appel à la sympathie», et un «manque de confiance à l'égard des progrès de la science médicale». Le débat se poursuit aujourd'hui à l'hôtel Omni, rue Sherbrooke, à Montréal.
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