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L'euthanasie dans la clandestinité

Illégal, le suicide assisté pourrait devenir un mouvement de l'ombre

Caroline Montpetit   9 septembre 2010  Santé
Geoffrey Kelley a présidé hier à la deuxième journée de travaux de la commission parlementaire sur la question de mourir dans la dignité.<br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Geoffrey Kelley a présidé hier à la deuxième journée de travaux de la commission parlementaire sur la question de mourir dans la dignité.
Un homme garde les médicaments de sa femme décédée pour éventuellement s'en servir au moment opportun et «ne pas finir comme elle». Un autre s'achète des ballons d'hélium pour l'aspirer, le temps venu, et ainsi mourir sans souffrance. À défaut d'être légale, l'euthanasie pourrait bien devenir le fait d'un mouvement clandestin, comme l'était autrefois l'avortement. Et déjà, selon Hélène Bolduc, présidente de l'Association québécoise pour le droit de mourir dans la dignité, il y a une forme d'euthanasie ou de suicide assisté qui se passe clandestinement, même si elle n'est pas présentement organisée en mouvement.

Mme Bolduc présentait hier à Montréal un mémoire en faveur de l'euthanasie à la commission parlementaire sur la question de mourir dans la dignité. Selon elle, la légalisation de l'euthanasie permettrait entre autres à de nombreux malades de réaliser leur souhait de mourir à la maison. En effet, certains soins de fin de vie, dont le traitement du delirium, fréquent à la fin d'un cancer, ou la sédation palliative, ne peuvent pas être administrés à la maison. Les proches se voient donc dans l'impossibilité de respecter le choix du malade de mourir à la maison tout en lui apportant les soins nécessaires au soulagement de sa douleur.

Mme Bolduc a aussi avancé que seulement un malade sur dix ayant manifesté son souhait d'avoir recours plus tard à l'euthanasie se rend jusqu'au bout de sa démarche.

De son côté, M. Francis Boudreau, professeur de philosophie au collégial, a présenté à la commission une «défense philosophique de l'euthanasie active», citant des auteurs aussi anciens que Hégésias de Cyrène, ayant vécu plus de trois siècles avant Jésus-Christ. M . Boudreau a également dit avoir mené un sondage auprès des quelque 80 étudiants à qui il enseigne la philosophie, dont la moyenne d'âge est d'environ 20 ans. Or, ses étudiants ont répondu unanimement être pour l'euthanasie, sinon pour eux-mêmes, du moins pour un proche qui le réclamerait. M. Boudreau s'est particulièrement étonné de cette réponse, notamment venant d'étudiants issus de l'immigration, dont les confessions religieuses auraient naturellement proscrit ce type de pratique. Ces étudiants ont dit que l'euthanasie pouvait correspondre aux principes de liberté prévalant dans leur pays d'accueil.

Médecins et infirmières

Plusieurs médecins et infirmières sont aussi venus témoigner de leur opposition à la légalisation de la pratique de l'euthanasie et du suicide assisté. Ainsi, le Dr Ayoub, par exemple, oncologue et médecin en soins palliatifs du CHUM, a dit que pour lui, le «cri du coeur» lancé par les personnes se réclamant de l'euthanasie était plutôt un «appel à la sympathie», et un «manque de confiance à l'égard des progrès de la science médicale». Le débat se poursuit aujourd'hui à l'hôtel Omni, rue Sherbrooke, à Montréal.
 
 
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  • Pierre Coutu - Inscrit
    9 septembre 2010 05 h 56
    Clair pour moi
    Clair pour moi que le jour ou je croupirai, je voudrai abréger tout ça plutôt que de devenir une momie qui grouille. Que l'état, influencé par la vielle culpabilité judéo-chrétienne, m'en empêche et je saurai me débrouiller le moment venu... La poignée de médecins catholiques opposés au droit de disposer de notre propre trépas peuvent bien se faire empailler vif si ça leur chante, non merci en ce qui me concerne!
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  • Yvon Bureau - Abonné
    9 septembre 2010 08 h 41
    Non à la clandestinité dans le mourir assisté
    Pour une aide médicale active à mourir, balisée et contrôlée.

    Faisant partie de la panoplie des soins appropriés de fin de vie.

    Incluse dans notre Loi de la Santé et des Services sociaux du Québec, après son acceptation par notre Assemblée nationale du Québec, le plus tôt possible.

    Avec une telle garantie et avec une telle «Assurance fin de vie», les personnes âgées , très âgées et mourantes n'utiliseront pas le suicide pour terminer leur vie, vivront plus longtemps, plus sereines.

    Non à la clandestinité dans le mourir assisté, et ainsi, non à une pente glissante.

    www.yvonbureau.com
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  • annatiloup - Abonnée
    9 septembre 2010 08 h 43
    Pourquoi les animaux y ont-ils droit et pas nous?
    J'ai enterré ma mère en 1995. Décédée d'un cancer du poumon, elle a souffert pendant deux mois à l'hôpital durant lesquels j'ai dû me battre avec les médecins pour qu'ils augmentent les doses de morphine et autres médicaments pour abréger ses souffrances. Je sais qu'elle a énormément souffert et que ses proches ont beaucoup souffert aussi de la voir ainsi.

    Cette souffrance était complètement inutile. Dès la minute où les médecins établissent que la médecine ne peut plus rien et qu'on commence les soins palliatifs, on devrait avoir le droit de mettre fin à ses jours. De choisir le moment et le lieu.

    Il y a quelques années, j'ai fait euthanasier mon chien à l'âge de 13 ans, après qu'il ait paralysé. Le moment venu, le personnel de la clinique a amené Bazou dans une salle et l'a installé délicatement sur son gros coussin. Tous ses proches ont eu le temps de venir lui faire leurs adieux. Puis je me suis étendue à côté de lui, sur le sol, avec le vétérinaire, et il lui a doucement fait l'injection en le caressant. Il a fermé les yeux et nous a quittés en quelques secondes, sans souffrir, sans peur, comme s'il s'endormait pour une petite sieste.

    Ce serait tellement extraordinaire de pouvoir offrir une si belle mort aux gens qu'on aime, le temps venu, plutôt que de les voir souffrir pendant des mois, voire même des années...
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  • François Dugal - Abonné
    9 septembre 2010 08 h 45
    Mon choix
    Pourquoi un médecin déciderait-il à ma place de ce qui est bon pour moi?
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  • Democrite101 - Inscrit
    9 septembre 2010 09 h 45
    Une hypocrisie religieuse de plus


    C'est triste à dire mais il faut le dénoncer. C'est pour des raisons religieuses que les opposants à l'euthanasie se manifestent. C'est une opposition de principe, tirée au plus profond de leur archaïsme obscurantiste. Or ils ne le disent pas tous, ils cachent leur principe de fond et ils procèdent à une espèce de guerre de tranchée cachant leur corps et ne sortant que leurs armes. Ils veulent miner la position des euthanasistes par des arguments de sécurité, pour faire peur.

    Pourtant, leur religion vient de l'Antiquité où le stoïcisme valorisait le suicide. Un peu trop allègrement sans doute, car les assassins de César, Cassius et Brutus, de même que Cicéron et Démosthène n'auraient pas dû se suicider. Mais ils ont opté pour cette manière pour ne pas tomber aux mains de leurs ennemis qui les auraient certainement torturés, tel le malheureux Vincingétorix et des centaines d'autres.

    En 2010, on doit baser notre discussion, non sur des inepties religieuses (Dieu nous a dit que...), mais sur le libre arbitre de chacun, avec des balises strictes comme pour toute action médicale afin que les dérapages, négligences ou crimes soient totalement occasionnels comme dans les autres activités où la vie est en cause. S'il y a des lois pour la circulation routière, a fortiori il en faut pour quitter la route de la vie avec dignité, soutien et transparence.

    J.L (voir page web Jacques Légaré, par Google)
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  • Christian Paulhus - Inscrit
    9 septembre 2010 10 h 11
    Dans la continuité de la dé-Christianisation
    Dans l'Antiquité, comme pour aujourd'hui dans notre Québec dé-Christianisé, les citoyens de l'Empire croyaient qu'aucun malheur ou qu'aucun risque grave n'attendait ceux qui décédaient. Quand l'Évangile s'est répandue dans les consciences et dans la culture générale, les humains d'alors ont envisagé la fin des jours avec beaucoup plus de sérieux.

    La Bible affirme que la vie terrestre, toute unique quelle soit, se poursuit jusque dans une existence éternelle. Or, la félicité d'une condition paradisiaque n'attend pas tous les mortels, autant selon le Judaïsme que le Christianisme. Ainsi selon la vérité biblique, la mort d'un être humain, en dehors de la foi en Jésus, provoque sa perdition éternelle, loin de bonheur sans fin que seule la foi en l'Évangile, de son vivant, aurait pu lui garantir.
    Bref, pour en revenir au débat qui apparaît maintenant au Québec, comprenons qu'il n'aurait pu surgir il y a quelques quarante ans environ. Il s'agit d'une nouvelle conséquence de l'abandon généralisé de notre société envers les vérités du Christianisme. Les repères moraux ayant changés, les normes sociales changent conséquemment.
    En tant que chrétien, je ne chercherai qu'avec grand peine à convaincre mes concitoyens à coup d'arguments humanistes sur la valeur du Vivant et sur la «sacralité» du souffle de vie. En dehors du terrain de l'existence de Dieu et en empêchant les arguments provenant des expériences spirituelles, c'est un vain combat.
    Je ne suis pas en faveur de l'acharnement thérapeutique. Je ne suis pas partisan du maintien artificiel à la vie inconditionnellement. Cependant, comme chrétien, je ne peux que m'inquiéter grandement que des personnes envisagent de mettre fin à leur jour, tout bonnement, parce qu'elles croient sans ambage qu'un monde meilleur les attend ou que la fin des souffrances leur est garantie. L'athéisme peut promettre cela. Cela aussi est une croyance. Or, pourquoi cette nouvelle religion de la
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  • Rironie - Inscrit
    9 septembre 2010 10 h 16
    Barbarie
    Enlever la vie à un être humain qui ne demande qu'à vivre, de même qu'imposer la vie à quelqu'un qui n'en veut plus, sont les deux actes les plus barbares que je connaisse.
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  •  
  • Jean Michaud - Inscrit
    9 septembre 2010 12 h 46
    Hypocrisie
    J'ai passé 10 ans dans le milieu de la santé et j'ai vu des gens mourir volontairement, un dialisé, qui cesse sa dialyse, 3, 4 jours et il est mort, cette commission est bonne mais la question que je me pose est pourquoi jouer à l'hypocrite, sa existe déjà, ok les compagnies pharmaceutiques vont perdrent de l'argent car en gardant les gens vivants avec des médicaments c'est payant, alors qui aura le dernier mot nous les ^tres humains ou les compagnies qui perdront de l'argent????
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  • Democrite101 - Inscrit
    9 septembre 2010 14 h 19
    L'euthanasie doit demeurer du seul ressort de la raison et de l'individu concerné par sa propre mort

    L'argumentaire de Christian Paulhus est franc et honnête.

    Par ailleurs, si la foi ne se communique qu'entre croyants comme il le laisse entendre, alors les croyants n'ont pas à faire de la politique ou d'avoir des propositions sociales sur tout sujet de société à même leur foi ou à même leur credo ou leurs textes sacrés. Qu'ils restent dans leurs églises, mosquées et synagogues pour discourir d'eux-mêmes, en toute liberté, entre croyants.

    La Cité des hommes est la demeure de la raison seule, du débat rationnel, des intérêts tangibles et négociables, des options mises en perspective les unes par rapport aux autres. Jamais, au grand jamais avec des ordres ex cathedra, quasiment tous archaïques, absolus et exclusivistes de tous les autres, et qui ne valent que pour la secte dont ils émanent.

    Un mot à Christian pour lui dire que l'athéisme ne promet rien du tout. Il affirme même pas que Dieu n'existe pas car, en science, on ne peut logiquement affirmer l'inexistence de quoi que ce soit, car on ne le voit pas... En science, notamment les sciences humaines et la philosophie rationaliste, disent tout simplement que les textes sacrés sont des fictions ou de logorrhées, issues des sociétés primitives ou pré-rationalistes, sans contenu rationnel crédible. Nos contemporains cultivés passent donc par dessus comme on ignore l'explication de la foudre envoyée par Zeus.

    L'athéisme n'est donc pas une croyance comme vous le dites mais bel et bien une non-croyance. D'ailleurs, croire ne nous intéresse pas. Croire n'est pas savoir, et seul le savoir (scientifique) nous intéresse. On vit ainsi une belle vie grâce aux expériences existentielles que nous donnent les arts, les sports et la vie sociale ou familiale. Cela nous suffit. Nous cultivons notre jardin comme disait Voltaire.

    J.L (voir page web Jacques Légaré, par Google)
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  • Claude Archambault - Inscrit
    9 septembre 2010 18 h 58
    Au primtemp dernier j'ai assisté à la mort de ma belle mère
    Ma belle-mère âgée de 78 ans a été diagnostiqué d'un cancer au poumon, qui s'était propagé. Pronostique 3 à 6 mois. Elle voulait terminer ses jours dans son lit. Les services offert par le CLSC ont été excellent.Nous avions la tache d’administrer les médicaments sachant très bien les conséquences et les effet secondaires. Ma belle-mère était très religieuse, jamais il ne lui est venu à l'idée d’abréger ses jours, et nous aussi nous n'avons jamais eu l'idée. Oui la douleur était horrible, on la soulageait, on avait les bons médicaments. On savait qu'à chaque traitement la ligne était fine, entre soulager et causer la mort. J'ai eu ma belle-mère 32 ans, et jamais nous n’avons été si proche. On s'est parlé on s'est compris.

    On ne doit pas tuer pour soulager la souffrance, on doit la soulager sans tuer tout en sachant que cela éventuellement tuera. Mais ces heures passées avec une personne qui sait qu'elle n'a que quelque jours voir quelque heures sont les plus belles heures qu'un humain puisse espérer passer.
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  • Democrite101 - Inscrit
    10 septembre 2010 09 h 05
    Une belle-mère conséquente. Soyons donc égaux devant la loi...
    Réponse à Claude Archambault

    Votre belle-mère a vécu la mort qu'elle désirait. Voilà le bon principe.

    En conséquence, l'euthanasie, active comme passive, doit être un droit reconnu à tous parce qu'il découle du même principe qu'a choisi votre belle-mère.

    Le débat actuel se résume donc à ceci: évincer de la loi les obligations légales imposées par les religions qui sont, heureusement en voie de disparition.

    J.L (Page Web de Jacques Légaré).
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