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Temps dur pour les pharmaciens d'hôpitaux

Le réseau public a un besoin criant de ces employés, mais les futurs diplômés sont de plus en plus tentés par le secteur privé

Louise-Maude Rioux Soucy   1 septembre 2010  Santé
En 2003, 15 % des pharmaciens qui travaillaient dans les hôpitaux pratiquaient aussi en pharmacie privée à temps partiel. En 2007, cette proportion avait grimpé à 30 %.<br />
Photo : Agence Reuters Mark Blinch
En 2003, 15 % des pharmaciens qui travaillaient dans les hôpitaux pratiquaient aussi en pharmacie privée à temps partiel. En 2007, cette proportion avait grimpé à 30 %.
La pénurie, les salaires à deux vitesses et les heures supplémentaires ne sont pas l'apanage des infirmières. Les pharmaciens qui travaillent dans les hôpitaux sont confrontés aux mêmes maux. Un phénomène qui favorise la croissance de la pratique mixte privée publique, s'est inquiétée hier l'Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (APES).

En 2003, 15 % des pharmaciens qui travaillaient dans les hôpitaux pratiquaient aussi en pharmacie privée à temps partiel. En 2007, cette proportion avait grimpé à 30 %. «Le mouvement s'est fait très rapidement et il faut s'attendre à ce qu'il continue sa progression», note la directrice générale de l'APES, Linda Vaillant. Un sondage interne montre en effet que les étudiants du programme de maîtrise en pharmacie d'hôpital sont nombreux à être tentés par la pratique mixte.

Les trois quarts le disent ouvertement: ils n'envisagent pas de consacrer la totalité de leur future pratique à la pharmacie hospitalière. Ils veulent aussi profiter des largesses du privé, «qui offre des salaires de 30 à 45 % supérieurs», note Mme Vaillant, en rappelant que l'enquête la plus récente donne un taux moyen de 49,90 $ l'heure en pharmacie privée, contre 33,88 $ pour un pharmacien débutant en milieu hospitalier.

Forte pénurie


Le problème, c'est que le réseau public n'a jamais eu autant besoin de ces nouveaux diplômés. Apparue au tournant des années 2000, la pénurie est maintenant de 235 pharmaciens dans le réseau. Le chiffre paraît petit, et pourtant. Toutes proportions gardées, cette pénurie est de quatre à cinq fois plus sévère que la pénurie infirmière, puisqu'elle correspond à 20 % des effectifs en établissements, calcule l'APES.

Pour les pharmaciens déjà en place, cela s'est traduit par une explosion des heures supplémentaires. De 5,35 % de la masse salariale des pharmaciens hospitaliers en 2006-2007, ce pourcentage est passé à 6,46 % en 2007-2008, selon les données du ministère de la Santé et des Services sociaux. En comparaison, les infirmières ont effectué 5,15 % d'heures supplémentaires en 2007-2008.

Cette pression a eu des répercussions sur les heures d'ouverture des pharmacies des établissements où sont validées toutes les ordonnances prescrites aux patients hospitalisés. Des retards qui ont à leur tour forcé le ralentissement et même la fin de certaines activités cliniques, déplore l'Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ).

Tout cela «est préoccupant pour la protection du public», fait valoir la présidente de l'Ordre, Diane Lamarre. Ces coupures ont en effet un prix. «Par exemple, des études ont montré que la présence d'un pharmacien aux urgences permet de réduire la durée du séjour, les erreurs et la mortalité.» Or, seules 30 % des urgences ont aujourd'hui accès aux services d'un pharmacien au Québec, explique Mme Lamarre.

Le cabinet du ministre de la Santé, Yves Bolduc, est bien au fait de la situation. «Depuis 2003, il y a eu des mesures qui ont été mises en place avec la table de concertation, rappelle son attachée de presse, Karine Rivard. Des mesures d'attraction et de rétention, des primes de recrutement, des programmes d'intéressement, des bonifications des conditions de travail, etc.»

La table a permis d'importantes avancées, notamment sur le plan de l'organisation, conviennent l'Ordre et l'APES. Mais il est grand temps de la réactiver. «Il faut revaloriser la pratique en établissement si on veut assurer la relève», presse Linda Vaillant. L'idée fait son chemin, assure Mme Rivard. «La table de concertation est un élément que nous aimerions remettre en place rapidement.»
 
 
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  • Daniel Bonner
    Inscrit
    mercredi 1 septembre 2010 12h24
    De grâce...
    De Grâce, je vous en prie...... cesser d'identifier les pharmaciens à "un compte pilule"...... ce travail est effectué par des assistants techniques.....

    Merci

  • mark
    Inscrit
    mercredi 1 septembre 2010 21h11
    "un taux moyen de 49,90 $ l'heure en pharmacie privée, contre 33,88 $ pour un pharmacien débutant en milieu hospitalier"
    comment ca se fait qu'il y a encore des pharmaciens dans les hopitaux??????
    En plus, celui qui travaille à l'hôpital a fait une maîtrise, tandis qu'en clinique, ca prend juste le bac.

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