Des médecins jugent que l'utilisation sécuritaire de l'amiante est une «chimère»
Des poids lourds de la santé publique ont pris la plume hier pour rappeler le ministre de la Santé du Québec à l'ordre dans le controversé dossier de l'amiante chrysotile. Ceux-ci l'accusent d'appuyer l'idée d'une «utilisation sécuritaire de l'amiante», un concept qu'ils qualifient de «chimère».
Le ministre Yves Bolduc n'est pas le seul homme politique à accepter l'idée d'un seuil en deçà duquel l'utilisation de l'amiante chrysotile peut être sécuritaire, une opinion réitérée hier par son cabinet. Cette position est en effet largement partagée à Québec comme à Ottawa. Encore dimanche, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a réitéré son appui à l'industrie chrysotile, tout en appelant les pays importateurs à adopter la rigidité des normes québécoises.
C'est ce genre de discours que pourfend une quinzaine de médecins qui estiment au contraire qu'il ne peut y avoir de seuil sécuritaire dans les conditions actuelles. Le signataire principal de cette lettre, le Dr Fernand Turcotte, spécialiste de la médecine préventive, y voit «une fraude scientifique» alimentée par «une entreprise délibérée d'intoxication de l'opinion publique».
L'utilisation sécuritaire de l'amiante est «une chimère dépourvue de fondement, élaborée et propagée par un organisme intéressé et sans crédibilité scientifique, l'Institut du chrysotile», lit-on dans cette lettre dont Le Devoir a obtenu copie.
En entrevue, le Dr Yv Bonnier Viger, aussi président de l'Association des médecins spécialistes en santé communautaire du Québec, en rajoute. «Même dans les meilleures conditions, on n'arrive pas à respecter nos propres normes ici au Québec.» La raison: «Ces normes sont impraticables.» Une réalité que le Conseil des ministres a du mal à saisir selon lui. «Il faut que le ministre Bolduc fasse comprendre à ses collègues les réels enjeux de santé publique que soulève cette industrie.»
Foutaises, réplique l'Institut du chrysotile. «C'est presque devenu de l'inquisition. Il n'y a plus de débat possible», a commenté son conseiller principal, Clément Godbout, étonné par le ton de la lettre. «C'est la science qui doit nous guider dans ce dossier-là et ce que dit la science, c'est qu'à moins d'une fibre par cm3, les risques sont à des niveaux quasi non mesurables.» Normes, par ailleurs que respecte scrupuleusement l'industrie québécoise, a rappelé M. Godbout.
Le ministre Yves Bolduc n'est pas le seul homme politique à accepter l'idée d'un seuil en deçà duquel l'utilisation de l'amiante chrysotile peut être sécuritaire, une opinion réitérée hier par son cabinet. Cette position est en effet largement partagée à Québec comme à Ottawa. Encore dimanche, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a réitéré son appui à l'industrie chrysotile, tout en appelant les pays importateurs à adopter la rigidité des normes québécoises.
C'est ce genre de discours que pourfend une quinzaine de médecins qui estiment au contraire qu'il ne peut y avoir de seuil sécuritaire dans les conditions actuelles. Le signataire principal de cette lettre, le Dr Fernand Turcotte, spécialiste de la médecine préventive, y voit «une fraude scientifique» alimentée par «une entreprise délibérée d'intoxication de l'opinion publique».
L'utilisation sécuritaire de l'amiante est «une chimère dépourvue de fondement, élaborée et propagée par un organisme intéressé et sans crédibilité scientifique, l'Institut du chrysotile», lit-on dans cette lettre dont Le Devoir a obtenu copie.
En entrevue, le Dr Yv Bonnier Viger, aussi président de l'Association des médecins spécialistes en santé communautaire du Québec, en rajoute. «Même dans les meilleures conditions, on n'arrive pas à respecter nos propres normes ici au Québec.» La raison: «Ces normes sont impraticables.» Une réalité que le Conseil des ministres a du mal à saisir selon lui. «Il faut que le ministre Bolduc fasse comprendre à ses collègues les réels enjeux de santé publique que soulève cette industrie.»
Foutaises, réplique l'Institut du chrysotile. «C'est presque devenu de l'inquisition. Il n'y a plus de débat possible», a commenté son conseiller principal, Clément Godbout, étonné par le ton de la lettre. «C'est la science qui doit nous guider dans ce dossier-là et ce que dit la science, c'est qu'à moins d'une fibre par cm3, les risques sont à des niveaux quasi non mesurables.» Normes, par ailleurs que respecte scrupuleusement l'industrie québécoise, a rappelé M. Godbout.
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