jeudi 9 février 2012 Dernière mise à jour 11h57
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

Des médecins jugent que l'utilisation sécuritaire de l'amiante est une «chimère»

Louise-Maude Rioux Soucy   24 août 2010  Santé
Des poids lourds de la santé publique ont pris la plume hier pour rappeler le ministre de la Santé du Québec à l'ordre dans le controversé dossier de l'amiante chrysotile. Ceux-ci l'accusent d'appuyer l'idée d'une «utilisation sécuritaire de l'amiante», un concept qu'ils qualifient de «chimère».

Le ministre Yves Bolduc n'est pas le seul homme politique à accepter l'idée d'un seuil en deçà duquel l'utilisation de l'amiante chrysotile peut être sécuritaire, une opinion réitérée hier par son cabinet. Cette position est en effet largement partagée à Québec comme à Ottawa. Encore dimanche, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a réitéré son appui à l'industrie chrysotile, tout en appelant les pays importateurs à adopter la rigidité des normes québécoises.

C'est ce genre de discours que pourfend une quinzaine de médecins qui estiment au contraire qu'il ne peut y avoir de seuil sécuritaire dans les conditions actuelles. Le signataire principal de cette lettre, le Dr Fernand Turcotte, spécialiste de la médecine préventive, y voit «une fraude scientifique» alimentée par «une entreprise délibérée d'intoxication de l'opinion publique».

L'utilisation sécuritaire de l'amiante est «une chimère dépourvue de fondement, élaborée et propagée par un organisme intéressé et sans crédibilité scientifique, l'Institut du chrysotile», lit-on dans cette lettre dont Le Devoir a obtenu copie.

En entrevue, le Dr Yv Bonnier Viger, aussi président de l'Association des médecins spécialistes en santé communautaire du Québec, en rajoute. «Même dans les meilleures conditions, on n'arrive pas à respecter nos propres normes ici au Québec.» La raison: «Ces normes sont impraticables.» Une réalité que le Conseil des ministres a du mal à saisir selon lui. «Il faut que le ministre Bolduc fasse comprendre à ses collègues les réels enjeux de santé publique que soulève cette industrie.»

Foutaises, réplique l'Institut du chrysotile. «C'est presque devenu de l'inquisition. Il n'y a plus de débat possible», a commenté son conseiller principal, Clément Godbout, étonné par le ton de la lettre. «C'est la science qui doit nous guider dans ce dossier-là et ce que dit la science, c'est qu'à moins d'une fibre par cm3, les risques sont à des niveaux quasi non mesurables.» Normes, par ailleurs que respecte scrupuleusement l'industrie québécoise, a rappelé M. Godbout.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Catherine Habel
    Inscrit
    mardi 24 août 2010 16h03
    L'utopie gouvernementale
    Espérer que des normes aussi strictes soient observées dans les pays acquéreurs relève tout bonnement de l'utopie. Beaucoup de pays qui achètent de l'amiante le font à défaut de pouvoir acheter autre chose: peut on vraiment espérer qu'ils auront alors de l'argent à mettre sur son utilisation totalement sécuritaire? En tant que société, pouvons-nous vraiment, en toute conscience, vendre un produit que nous savons potentiellement dangereux dans le seul but de garnir les coffres de quelques dirigeants de l'amiante (et, propablement, de quelques politiciens également)? Notre gouvernement se fait Ponce Pilate sur le sujet: mais peut-on vraiment se camper dans le rôle strict du fournisseur et se laver les mains des conséquences de ce que l'on vend?

    À voir l'attitude de notre cher gouvernement avec les compagnies exploitant nos richesses ces derniers temps (voir les autres articles sur l'uranium, les gaz schistes, l'or et autres), allez savoir pourquoi, tout ça ne me dit vraiment rien qui vaille.

  • Roland Berger
    Abonné
    lundi 21 novembre 2011 12h19
    Contre et pour
    Les libéraux ont tabassé le PQ pour avoir nationalisé les mines d'amiante du Québec, avançant alors que ce minéral comportait des dangers pour la santé publique, notamment pour celle des mineurs. Aujourd'hui, ils appuient l'exploitation des mines d'amiante pour l'exportation. Il y a anguille sous roche. Qui profitera de cette exploitation ?
    Roland Berger

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
2 réactions
1 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Articles
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Publicité

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012