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Cancer: les patients plus aisés ont de meilleures chances de survie

La Presse canadienne   3 août 2010  Santé
Toronto — Les patients traités pour un cancer et provenant de quartiers pauvres ont de plus grandes chances de mourir prématurément que leurs semblables plus riches, selon une nouvelle étude portant sur un problème qui persiste malgré l'accès universel aux soins de santé au Canada.

Beaucoup d'études sur le sujet, notamment aux États-Unis, expliquaient cette disparité déjà observée par le retard que prenaient les patients les moins aisés dans le dépistage de leur cancer, laissant plus de temps à la maladie de se développer. Au contraire, cette étude menée en Ontario n'a pas déterminé qu'il s'agissait d'une cause de cette distorsion.

«Je crois que plusieurs d'entre nous attribuaient beaucoup plus d'importance à l'état du cancer au moment du diagnostic et cette étude vient démontrer que non, ce n'est pas le problème majeur», a affirmé Heather Chappell, gestionnaire principale de la lutte contre le cancer à la Société canadienne du cancer.

Selon Mme Chappell, cette étude montre que la communauté médicale et les chercheurs doivent continuer à travailler afin de trouver les causes de la disparité entre les taux de survie des riches et des pauvres.

«Il existe encore une disparité dans les taux de survie. Nous devons oeuvrer afin de trouver l'explication et corriger cette différence», a ajouté Christopher Booth, chercheur responsable du Cancer Research Institute de l'Université Queen's.

L'étude a été publiée hier dans Cancer, le journal de l'American Cancer Society.

Les chercheurs ont observé les revenus des ménages trouvés dans le recensement canadien et ont utilisé le Registre d'inscription des cas de cancer de l'Ontario afin d'identifier les patients diagnostiqués d'un cancer entre 2003 et 2007.

La probabilité pour une femme d'une communauté démunie d'être encore vivante cinq ans après un diagnostic de cancer du sein était de 77 %, contre 84 % pour une femme venant d'un milieu plus aisé.

52 % des patients de groupes socio-économiques pauvres atteints d'un cancer colorectal étaient toujours en vie cinq ans après le diagnostic. La probabilité grimpe à 60 % pour les patients plus riches.

«Il s'agit de différences importantes et significatives», a soutenu M. Booth en entrevue à partir de Kingston, en Ontario.

«Si nous avions une forme de chimiothérapie ou d'un autre traitement contre le cancer qui permettait une amélioration du taux de survie, après cinq ans, de 7, 8, 9 % — le type de différence entre les catégories socio-économiques dans l'étude — ce serait une percée énorme.»

Quant au fait qu'il n'existait que de petites différences quant au stade auquel les cancers sont diagnostiqués, le chercheur a émis l'hypothèse qu'il pouvait s'agir de l'une des retombées du système de santé universel canadien, qui permet aux patients de toutes les sphères économiques d'accéder aux tests de dépistage et à des spécialistes.

Avec l'explication du stade de cancer au moment du diagnostic en grande partie écartée, la question est maintenant de comprendre ce qui peut causer cet écart bien réel dans les taux de survie.

«Si ce n'est pas le stade de la maladie, alors quelle est la cause? Il existe de nombreux facteurs, alors il se pourrait que ce soit au niveau de la tumeur. Il se pourrait que des individus de différents milieux aient une forme plus agressive de la maladie. Il se pourrait que d'autres aspects de la santé soient liés au statut socio-économique», a lancé M. Booth.

Mme Chappell a manifesté son accord, notant que les personnes plus démunies souffraient de plus d'autres maladies qui pourraient avoir un impact sur leur traitement. La proportion de fumeurs et le coût des médicaments pourraient aussi désavantager les catégories les plus pauvres, selon elle.
 
 
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  • Georges Paquet
    Abonné
    mardi 3 août 2010 06h40
    Et l'alimentation...?
    Il en coûte cher de bien s'alimenter. C'est pourtant l'élément premeir et essentiel d'un bonne santé. Je ne me souviens pas du nom ni de la date de l'enquête qui démontrait que les aliments les moins chers sont généralement les moins nutritifs, pour ne pas dire les plus nocifs. Les vitamines et autres suppléments essentiels à une bonne croissance et à une bonne rome physique, sont égalements assez chers, ce ne sont pas des médicaments, ils ne sont donc pas remboursables par les régimes publics. Enfin, je me souviens que cette même étude démontrait que l'obésité et le manque d'exercice est surtout prévalent chez les moins fortunés. Ajoutez-y le tabagisme, et vous avez une bonne recette pour l'écolion du cancer.

    Ce n'est donc plus une blague. Certains sont riches et en santés, et d'autres sont pauvres et malades.

    Souvenons-nous que la blague d'Yvon Deschamps visait à se moquer un peu du dicton que nous fredonnaient nos bons religieux de l'époque, pour diaboliser la recherche du profit et de la richesse, en soutenant que si nous étions pauvres, au moins nous n'étions pas malades, comme ces riches qui abusent des biens de ce monde. Il valait mieux être pauvre et en santé que riches et malades.
    On sait maintenant que celà n'avait aucun fondement...

  • Renée Lavaillante
    Inscrite
    mardi 3 août 2010 09h24
    Monopole
    Pourquoi cette étude, c'est évident que les pauvres ont moins de chance de s'en sortir. Les riches ont accès à de l'information, qui leur fournit une dose essentielle de scepticisme envers la toute-puissance médicale, ils peuvent collaborer à leur traitement grâce à des centres de gym, des acupuncteurs et naturopathes, des aliments bio, des psy et j'en passe..., toutes choses payantes. Les pauvres sont obligés de croire à la toute-puissance de la médecine officielle, n'ont souvent même pas le luxe de corriger leur alimentation...
    Les médecins ne devraient pas chercher la faute dans la nature des traitements, mais dans leur non-collaboration avec les médecines alternatives.

  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    mardi 3 août 2010 09h35
    Ça va beaucoup plus loin que ça...
    «20% des coûts de santé au Québec sont reliés à la pauvreté : Une dépense de plus de $ 6 milliards de dollars»

    Source : Radio-Canada au 95,1 FM / 10 décembre 2009, 6h55.

    Ça va beaucoup plus loin que ça, les personnes pauvres ont 10 d'espérance de vie de moins que les autres et leur piètre état de santé coûte une petite fortune à l’État en cours de vie.

    Les conditions sociales sont le facteur no 1 de l’état de santé.

    Selon les experts eux-mêmes, la lutte à la pauvreté est, et de loin, beaucoup moins onéreuse que les soins de santé ; mais on préfère engraisser les multinationales pharmaceutiques qui menacent même l’intégrité même de notre système public.

    À croire que nos gouvernements préfèrent subventionner la maladie plutôt que d’améliorer la vie quotidienne de nos concitoyens les plus pauvres.

    Stress permanent et cortisol :

    «Les taux chroniquement élevés de * cortisol apportent une variété de troubles de l’humeur comme l’anxiété, la dépression et les désordres de panique. L’excès de cortisol précède, et non l’inverse, à nombreuses maladies, cancers, diabètes, accidents cardio-vasculaires, ulcères, maladies dégénératives, «Alzheimer, Parkinson, etc.), maladies de la peau, anorexie, abus de drogues, etc.)
    -Wikipédia.

    Et dans quel espèce d'état d'urgence et de stress permanent vit une personne seule avec 575$ par mois à l’aide sociale croyez-vous ?

    D’autre part, il faudrait sérieusement envisager comme en France à donner le choix des traitements naturels, puisqu’on sait désormais par exemple combien l'efficacité des anti-dépresseurs est actuellement contestée et combien les omégas 3 peuvent être un traitement efficace et prophylactique contre cette maladie qui accable énormément de Québécois.


    Mais l’approche et la vision de la santé au Québec est à mon sens complètement à revoir. On devrait beaucoup plus prendre en considération que le meilleu

  • Pierre Germain
    Inscrit
    mardi 3 août 2010 09h58
    L'art de se sompliquer les choses
    La cause de cette disparité n'est pas très compliquée à trouver. En effet, une tumeur cancéreuse n'apparaît pas en une nuit; elle se prépare pendant des années. Et pendant toutes ces années, le corps d'une personne moins aisée financièrement subi plus de stress de toutes sortes: moins bonne alimentation, plus de soucis financiers et de préoccupations pour la retraite, manque de moyens pour faire du sport, moins bonnes informations et habitudes concernant l'hygiène de vie, etc. Or, ces années sont cruciales en ce sens qu'une tumeur qui prend racine dans un corps plus éprouvé par la vie a plus de chance de dégénérer.

    Évidemment, il faudra faire des "études en double aveugle" pour démontrer l'évidence...

  • Roger Garant
    Abonné
    mardi 3 août 2010 10h03
    Et si c'était la maladie qui était la cause de la pauvreté...
    Mes commentaires se limiteront aux assistés sociaux et non aux chômeurs et travailleurs à bas salaire. Après de lonnngues passés auprès des assistés sociaux, je peux affirmer que ces gens ne sont pas malades parce qu'ils sont pauvres, mais bien l'inverse. Une grande part des assistés sociaux a des problèmes de santé sérieux dès leur naissance ou accentuent certains problèmes mineurs avec les années. Leur état de non employabilité les éloigne du marché du travail, et par le fait même, les écarte de la "richesse" tant recherchée. Lorsque les études statistiques font part de pauvres plus malades que les riches, c'est normal car il y a peu de chances qu'une personne malade (j'inclus ici les handicapés de toutes sortes) presque toute sa vie puisse développer son employabilité et se sortir de la misère. Il est à noter que les gens pauvres ont plus tendance à vivre seuls que les gens fortunés qui, de leur côté, peuvent ainsi jumeler leur "richesse" avec une autre personne.

  • France Marcotte
    Abonnée
    mardi 3 août 2010 10h10
    Si les pauvres savaient
    Ce n'est pas nécessairement vrai que, pauvres, on ne peut pas bien se nourrir. Seulement il faut savoir. Même que pauvres, on peut se nourrir mieux qu'un riche et à moindre coût. En achetant des aliments non transformés en vrac, en profitant de l'abondance des marchés en fin d'été, etc...Mais voilà, il faut avoir le moral, le savoir et les ressources à proximité. Dans mon quartier par exemple, fast food à profusion mais pas de fruiterie en vue. S'il y en a une, elle n'a pas les reins assez solides pour tenir plus que quelques mois. Des produits transformés "cheap" plein les tablettes de supermarchés maigrichons, ça, pas de problème. C'est comme ça qu'on tue les pauvres, que les pauvres se tuent. Donc on pourrait changer la maxime en: Mieux vaut être pauvre et savant dans un quartier riche que riche et ignorant dans un quartier pauvre. À qui servent toutes ces belles émissions de télé sur la cuisine intelligente au fait?

  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    mardi 3 août 2010 10h13
    Il faut soigner la pauvreté

    Ça va beaucoup plus loin que ça, les personnes pauvres ont 10 d'espérance de vie de moins que les autres et leur piètre état de santé coûte une petite fortune à l’État en cours de vie.

    Les conditions sociales sont le facteur no 1 de l’état de santé.

    Et selon les experts eux-mêmes, la lutte à la pauvreté est, et de loin, beaucoup moins onéreuse que les soins de santé ; mais on préfère engraisser les multinationales pharmaceutiques qui menacent l’intégrité même de notre système public.

    À croire que nos gouvernements préfèrent subventionner la maladie…

    Stress permanent et cortisol :

    «Les taux chroniquement élevés de *cortisol apportent une variété de troubles de l’humeur comme l’anxiété, la dépression et les désordres de panique. L’excès de cortisol précède, et non l’inverse, à nombreuses maladies, cancers, diabètes, accidents cardio-vasculaires, ulcères, maladies dégénératives, «Alzheimer, Parkinson, etc.), maladies de la peau, anorexie, abus de drogues, etc.).
    -Wikipédia.

    Et dans quel espèce d'état d'urgence et de stress permanent vit une personne seule avec 575$ par mois à l’aide sociale croyez-vous ?

    D’autre part, il faudrait sérieusement envisager comme en France à offrir le choix des médecines douces, puisque l’on sait désormais et par exemple, combien l'efficacité des anti-dépresseurs est actuellement contestée et combien les omégas 3 peuvent être un traitement efficace et prophylactique contre cette maladie qui accable énormément de Québécois.

    L’actuelle conception étriquée et corporatiste de la santé au Québec est complètement à revoir. On devrait beaucoup plus prendre en considération les médecines douces et la préférence du patient.



    _______________________

    Christian Montmarquette


    «20% des coûts de santé au Québec sont reliés à la pauvreté : Une dépense de plus de $ 6 milliards de dollars»

    Source : Radio-Canada au 95,1 FM / 1

  • France Marcotte
    Abonnée
    mardi 3 août 2010 11h39
    M.Garant
    J'aime votre réflexion monsieur Garant. On ne se demande jamais comment se débrouillent pour survivre tous ces gens qui partent profondément défavorisés dans la vie, bien plus gravement que par la l'épaisseur de leur fortune. Qu'en est-il des handicapés, des laids, des tristes, discriminés à l'os, trop touchés pour se plaindre?

  • France Marcotte
    Abonnée
    mardi 3 août 2010 14h04
    Un sondage a révélé...
    effectué aux Etats-Unis fin des années 80 (déjà!). Révélait qu'à situations comparables et en moyenne, mâles et femelles confondus, les Américains considérés comme beaux vivaient plus vieux, avaient moins de maladies, plus d'argent, un meilleur statut social et professionnel, passaient moins de temps à l'hôpital psychiatrique et en prison que la moyenne de leurs concitoyens.
    Alors, imaginez à situations pas comparables dès le départ...
    (source: Ces impossibles Français, L.-B.Robitaille, p.123)

  • maxime belley
    Inscrit
    mardi 3 août 2010 15h51
    non je le crois pas??
    les riches sont plus en santé et on accès aux meilleur soins ?

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