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Santé - Les bébés dorlotés font des adultes moins stressés

Agence France-Presse   28 juillet 2010  Santé
Paris — L'affection maternelle débordante offerte aux bébés âgés de quelques mois les rend mieux à même d'affronter les problèmes de la vie quand ils sont adultes, selon une étude publiée mardi dans le Journal d'épidémiologie et de santé communautaire, une revue américaine.

Pour cette étude menée auprès de 482 personnes dans l'État du Rhode Island, les chercheurs ont comparé des données sur la relation de bébés de huit mois avec leur mère et leur fonctionnement émotionnel, mesuré par des tests, à l'âge de 34 ans dans les années 1990.

Ils voulaient ainsi vérifier la notion admise selon laquelle des liens affectifs forts dès la petite enfance fournissent une base solide pour rebondir face aux problèmes de la vie. Les études menées jusqu'à maintenant reposaient sur des souvenirs d'enfance et non sur une étude menée dans les premières années de la vie, relèvent les chercheurs.

La qualité de l'interaction des bébés avec leur mère à l'âge de huit mois a été évaluée par un psychologue, qui a noté les réactions d'affection et d'attention de la mère quand le bébé était soumis à des tests de développement, et sa réaction à sa performance. Le classement — datant des années 1960 — allait de «négatives» à «excessives», en passant par «chaleureuses».

Dans près d'un cas sur dix, le psychologue a noté un bas niveau d'affection maternelle vis-à-vis du bébé. Dans 85 % des cas, le niveau d'affection était normal, et élevé dans 6 % des cas.

Les personnes ont été testées à l'âge de 34 ans, sur la base d'une liste de symptômes révélateurs d'anxiété et d'hostilité et plus globalement de mal-être.

Quel que soit le milieu social, il a été constaté que ceux à qui les mères avaient manifesté beaucoup d'affection quand ils avaient huit mois avaient les niveaux d'anxiété, d'hostilité et de mal-être les plus bas. La différence était de sept points pour l'anxiété par rapport aux autres, de plus de trois points pour l'hostilité et de cinq points pour le mal-être.

Curieusement, il n'y avait pas de différence entre les enfants ayant reçu un niveau d'affection bas et ceux ayant reçu un niveau normal. Cela pourrait notamment s'expliquer, selon les chercheurs, par l'absence d'interactions vraiment négatives dans l'échantillon observé.

Selon eux, cela confirme que les expériences même les plus précoces peuvent influer sur la vie adulte. Les mémoires biologiques construites tôt peuvent «produire des vulnérabilités latentes», indique l'étude.

Les chercheurs estiment de ce fait qu'il conviendrait, pour être efficace, de viser des âges beaucoup plus précoces dans les interventions menées pour le bien-être des enfants afin de «prévenir l'impression d'expériences négatives».
 
 
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  • France Marcotte
    Abonnée
    mercredi 28 juillet 2010 10h44
    Abondamment dorloter bébé
    Ce qu'il y a aussi de bien dans ce que démontre cette étude, c'est que dorloter un bébé ne demande ni moyens ni aptitudes particulières; c'est à la portée de toutes les mères et c'est si apaisant pour soi-même de dorloter un bébé! Le plus souvent, on a peur de trop en faire. Je suis rassurée aussi que pour les fins de cette recherche, on n'ait pas demandé à des mères de ne pas s'occuper de leur bébé pour voir ce que cela ferait à long terme...On a simplement colligé des observations sur une longue période, sans trop savoir je présume quels résultats on obtiendrait.

  • France Marcotte
    Abonnée
    mercredi 28 juillet 2010 11h21
    Aussi...
    C'est tout de même dommage (et révélateur) qu'une étude soit nécessaire aux parents pour arriver à la conclusion qu'il est bon pour bébé de le dorloter. Le discernement, le "feeling", pourraient inspirer les comportements en cette matière comme en tant d'autres. Bébé apprécierait aussi sûrement que ses parents ne font pas qu'obéir aux conseils des autorités jugées plus compétentes qu'eux...

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