La jungle des médicaments génériques
Les fabricants de médicaments génériques sont fâchés parce que le Québec veut emboîter le pas à l'Ontario et réduire le coût des génériques de 54 à 25 % comparativement aux médicaments d'origine. Il est normal que les fabricants protestent et essaient de garder leur marge bénéficiaire, mais en réalité, ils n'ont pas à se plaindre.
Les génériques, vendus à un juste prix?
On estime que développer un nouveau médicament coûte entre 500 millions et 2 milliards de dollars; mettre une copie sur le marché coûterait environ 1 million. De nombreuses molécules doivent être testées avant d'en trouver une qui sera soumise aux essais cliniques et qui, peut-être, après un long processus d'approbation, se rendra sur les rayons des pharmacies.
Les compagnies pharmaceutiques novatrices méritent l'encouragement, ce que le Québec fait avec «la règle de 15 ans». Celle-ci permet le remboursement par la RAMQ du médicament d'origine pendant 15 ans après son inscription au formulaire de la RAMQ, même si le brevet est expiré. Par la suite, les génériques entrent en scène et c'est la loi de la jungle qui prévaut.
Par exemple, la metformine, un médicament antidiabétique très utilisé, dont le nom d'origine est Glucophage et dont un comprimé de 500 mg coûte 0,2049 $, est fabriquée par 13 compagnies de génériques différentes. Le prix unitaire est fixé par la RAMQ à 0,0965 $. Comment les pharmacies décideront-elles si elles achètent d'Apotex, de Riva, de Sandoz ou de l'un des 10 autres fabricants? Les ristournes que les fabricants offrent aux pharmacies entrent alors en scène. Évidemment, les compagnies de génériques ne vont pas payer ces ristournes de leur poche et refilent donc la facture aux payeurs — aux patients, aux compagnies d'assurances et au gouvernement — sous forme d'un prix exagéré.
Les génériques, tous pareils?
La surabondance de copies crée d'autres problèmes potentiels. Si la pharmacie décide de changer de fournisseur pour un médicament générique donné, le patient se retrouvera lors du renouvellement de sa prescription avec un produit différent. Il est vrai que les génériques sont en principe tous équivalents et similaires au médicament d'origine. Tout générique doit être bioéquivalent au médicament d'origine, c'est la loi.
Toutefois, cette équivalence se situe dans l'intervalle - 20 % et + 25 %. Par conséquent, lors du changement d'un générique à un autre, la différence peut atteindre jusqu'à 45 %. Pour plusieurs produits, cela ne change pas grand-chose. Cependant, certains médicaments — les antiépileptiques, les anticoagulants, certains substituts hormonaux, par exemple — possèdent une fenêtre thérapeutique étroite. Cela signifie que la différence entre la dose efficace et la dose toxique est faible.
De même, la différence entre la dose efficace et la dose inefficace est faible pour certains médicaments. Des changements répétitifs de produits nécessitent, en principe, des tests et possiblement des ajustements de médication, ce qui annulerait en partie les économies engendrées par l'emploi des génériques.
Par ailleurs, si le principe actif est le même, les excipients qui l'enrobent diffèrent souvent. Certains excipients peuvent être source d'allergie ou d'intolérance: tatrazine, acacia, lactose...
Comment faire le ménage dans ce fouillis?
La solution la plus simple serait que les fabricants de génériques soumettent des offres d'achat à la RAMQ et que la compagnie qui soumissionne le générique au meilleur prix tout en se conformant, bien entendu, aux standards les plus élevés de fabrication, soit l'unique fournisseur pour plusieurs années.
Une autre solution, plus radicale mais plus novatrice, a été proposée par Québec solidaire: mettre sur pied Pharma-Québec, qui fabriquerait des médicaments génériques pour le Québec et peut-être pour l'exportation, à l'image d'Hydro-Québec. Non, il n'est pas obligatoire qu'une compagnie étatique croule sous une bureaucratie lourde. Pourquoi ne pas doter le Québec d'une infrastructure créatrice d'emplois et de revenus?
Quelle que soit la solution envisagée, il convient que le ministère de la Santé se penche sur la situation actuelle des génériques, qui constitue un casse-tête pour les patients, les pharmaciens et les médecins.
Les génériques, vendus à un juste prix?
On estime que développer un nouveau médicament coûte entre 500 millions et 2 milliards de dollars; mettre une copie sur le marché coûterait environ 1 million. De nombreuses molécules doivent être testées avant d'en trouver une qui sera soumise aux essais cliniques et qui, peut-être, après un long processus d'approbation, se rendra sur les rayons des pharmacies.
Les compagnies pharmaceutiques novatrices méritent l'encouragement, ce que le Québec fait avec «la règle de 15 ans». Celle-ci permet le remboursement par la RAMQ du médicament d'origine pendant 15 ans après son inscription au formulaire de la RAMQ, même si le brevet est expiré. Par la suite, les génériques entrent en scène et c'est la loi de la jungle qui prévaut.
Par exemple, la metformine, un médicament antidiabétique très utilisé, dont le nom d'origine est Glucophage et dont un comprimé de 500 mg coûte 0,2049 $, est fabriquée par 13 compagnies de génériques différentes. Le prix unitaire est fixé par la RAMQ à 0,0965 $. Comment les pharmacies décideront-elles si elles achètent d'Apotex, de Riva, de Sandoz ou de l'un des 10 autres fabricants? Les ristournes que les fabricants offrent aux pharmacies entrent alors en scène. Évidemment, les compagnies de génériques ne vont pas payer ces ristournes de leur poche et refilent donc la facture aux payeurs — aux patients, aux compagnies d'assurances et au gouvernement — sous forme d'un prix exagéré.
Les génériques, tous pareils?
La surabondance de copies crée d'autres problèmes potentiels. Si la pharmacie décide de changer de fournisseur pour un médicament générique donné, le patient se retrouvera lors du renouvellement de sa prescription avec un produit différent. Il est vrai que les génériques sont en principe tous équivalents et similaires au médicament d'origine. Tout générique doit être bioéquivalent au médicament d'origine, c'est la loi.
Toutefois, cette équivalence se situe dans l'intervalle - 20 % et + 25 %. Par conséquent, lors du changement d'un générique à un autre, la différence peut atteindre jusqu'à 45 %. Pour plusieurs produits, cela ne change pas grand-chose. Cependant, certains médicaments — les antiépileptiques, les anticoagulants, certains substituts hormonaux, par exemple — possèdent une fenêtre thérapeutique étroite. Cela signifie que la différence entre la dose efficace et la dose toxique est faible.
De même, la différence entre la dose efficace et la dose inefficace est faible pour certains médicaments. Des changements répétitifs de produits nécessitent, en principe, des tests et possiblement des ajustements de médication, ce qui annulerait en partie les économies engendrées par l'emploi des génériques.
Par ailleurs, si le principe actif est le même, les excipients qui l'enrobent diffèrent souvent. Certains excipients peuvent être source d'allergie ou d'intolérance: tatrazine, acacia, lactose...
Comment faire le ménage dans ce fouillis?
La solution la plus simple serait que les fabricants de génériques soumettent des offres d'achat à la RAMQ et que la compagnie qui soumissionne le générique au meilleur prix tout en se conformant, bien entendu, aux standards les plus élevés de fabrication, soit l'unique fournisseur pour plusieurs années.
Une autre solution, plus radicale mais plus novatrice, a été proposée par Québec solidaire: mettre sur pied Pharma-Québec, qui fabriquerait des médicaments génériques pour le Québec et peut-être pour l'exportation, à l'image d'Hydro-Québec. Non, il n'est pas obligatoire qu'une compagnie étatique croule sous une bureaucratie lourde. Pourquoi ne pas doter le Québec d'une infrastructure créatrice d'emplois et de revenus?
Quelle que soit la solution envisagée, il convient que le ministère de la Santé se penche sur la situation actuelle des génériques, qui constitue un casse-tête pour les patients, les pharmaciens et les médecins.
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