Infections transmises sexuellement : La maladie court plus vite que la prévention
Chlamydia, gonorrhée, herpès, hépatites, VIH et même syphilis... Les infections transmises sexuellement et par le sang (ITSS) se répandent plus vite que la prévention, surtout chez les jeunes. Le directeur de la santé publique n'hésite pas à parler d'épidémie silencieuse.
Environ 40 000 Québécois recevront cette année un diagnostic d'ITSS, une tendance à la hausse qui se dessine depuis 10 ans. Le Dr Alain Poirier a dévoilé ces chiffres hier en présentant son quatrième rapport national sur l'état de santé de la population.
Par exemple, on diagnostiquait un cas de syphilis par mois en 2001. En 2006, c'était un par jour. En 2010, les autorités s'attendent à enregistrer 15 000 nouveaux cas de chlamydia, surtout chez les 15 à 24 ans.
Le Dr Poirier s'explique mal cette recrudescence, mais «il faudrait que ça change à un moment donné», soupire-t-il. «Pourtant, plein de choses se font», affirme-t-il. Le Dr Poirier dénonce entre autres l'abandon rapide du condom chez les couples sans dépistage préalable. Distribution de condoms et de seringues propres, éducation et campagnes de prévention ciblées, il met en avant des solutions «simples», dit-il, «qui ne coûtent pas cher». Il salue les initiatives de certaines régions, comme des ordonnances collectives permettant aux infirmières de procéder au dépistage et au traitement avec un pharmacien.
Le Dr Réjean Thomas, président de la clinique L'Actuel, avance plusieurs explications à cette montée des infections transmissibles sexuellement, notamment la diminution de l'usage du condom et le fait que les gens craignent moins le sida.
Il suggère aussi une autre cause: la réforme de l'éducation sexuelle dans les écoles, qui a éliminé le cours de formation personnelle et sociale. L'éducation sexuelle est maintenant censée être abordée indirectement dans différentes matières. Or, selon le Dr Thomas, ç'a été un «très mauvais timing de faire disparaître l'éducation sexuelle», et ce facteur peut jouer aujourd'hui sur les comportements sexuels.
Seul le cours de sciences de 3e secondaire se doit d'aborder explicitement la sexualité par l'intermédiaire de la biologie humaine. Au ministère de l'Éducation, on ne prévoit pas de changement. «Il revient à chaque commission scolaire et à chaque école de déterminer les priorités et d'organiser des activités pédagogiques dans les autres cours. Nous sommes là pour les aider et les accompagner», indique la porte-parole de la ministre Courchesne, Tamara Davis, qui dit remarquer un certain progrès dans la mise en place de ces initiatives diverses.
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Avec La Presse canadienne
Environ 40 000 Québécois recevront cette année un diagnostic d'ITSS, une tendance à la hausse qui se dessine depuis 10 ans. Le Dr Alain Poirier a dévoilé ces chiffres hier en présentant son quatrième rapport national sur l'état de santé de la population.
Par exemple, on diagnostiquait un cas de syphilis par mois en 2001. En 2006, c'était un par jour. En 2010, les autorités s'attendent à enregistrer 15 000 nouveaux cas de chlamydia, surtout chez les 15 à 24 ans.
Le Dr Poirier s'explique mal cette recrudescence, mais «il faudrait que ça change à un moment donné», soupire-t-il. «Pourtant, plein de choses se font», affirme-t-il. Le Dr Poirier dénonce entre autres l'abandon rapide du condom chez les couples sans dépistage préalable. Distribution de condoms et de seringues propres, éducation et campagnes de prévention ciblées, il met en avant des solutions «simples», dit-il, «qui ne coûtent pas cher». Il salue les initiatives de certaines régions, comme des ordonnances collectives permettant aux infirmières de procéder au dépistage et au traitement avec un pharmacien.
Le Dr Réjean Thomas, président de la clinique L'Actuel, avance plusieurs explications à cette montée des infections transmissibles sexuellement, notamment la diminution de l'usage du condom et le fait que les gens craignent moins le sida.
Il suggère aussi une autre cause: la réforme de l'éducation sexuelle dans les écoles, qui a éliminé le cours de formation personnelle et sociale. L'éducation sexuelle est maintenant censée être abordée indirectement dans différentes matières. Or, selon le Dr Thomas, ç'a été un «très mauvais timing de faire disparaître l'éducation sexuelle», et ce facteur peut jouer aujourd'hui sur les comportements sexuels.
Seul le cours de sciences de 3e secondaire se doit d'aborder explicitement la sexualité par l'intermédiaire de la biologie humaine. Au ministère de l'Éducation, on ne prévoit pas de changement. «Il revient à chaque commission scolaire et à chaque école de déterminer les priorités et d'organiser des activités pédagogiques dans les autres cours. Nous sommes là pour les aider et les accompagner», indique la porte-parole de la ministre Courchesne, Tamara Davis, qui dit remarquer un certain progrès dans la mise en place de ces initiatives diverses.
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Avec La Presse canadienne
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