78e congrès de l'Acfas - Les Belges ont peu recours à l'euthanasie
Depuis qu'elle a été légalisée en 2002, l'euthanasie a pris graduellement sa place dans la pratique médicale belge. Néanmoins, on y a recours peu fréquemment, et quand un patient la réclame, c'est souvent son médecin généraliste qui accomplit l'acte au domicile du malade, car de plus en plus de Belges choisissent de mourir à la maison.
Le portrait de la pratique de l'euthanasie médicale en Belgique qui a été dressé hier, dans le cadre d'un colloque au congrès de l'Acfas, est des plus éclairants sur ce qui pourrait advenir au Québec si on dépénalisait l'euthanasie au pays.
La loi belge définit l'euthanasie médicale comme «l'acte pratiqué par un médecin qui met intentionnellement fin à la vie d'un patient à la demande de celui-ci», qui juge intolérable la souffrance que lui inflige sa pathologie. «La loi ouvre un droit à la demande d'euthanasie, pas à l'euthanasie», a précisé hier le conférencier, le Dr Nulu Kabamba, un médecin belge qui effectue son doctorat à l'Université de Montréal. «Aucun médecin n'est obligé de pratiquer l'euthanasie. De nombreux patients pensent que l'euthanasie est un droit qui ne peut être refusé à quiconque la demande. En réalité, la loi permet aux médecins de pratiquer l'euthanasie sous certaines conditions assez précises, et leur reconnaît le droit de refuser. Si le médecin ne peut accéder à la demande du patient, ce dernier peut néanmoins chercher un autre médecin qui acceptera de répondre à sa demande.»
Une décision réfléchie
Le patient qui réclame l'euthanasie doit avoir formulé sa demande à plusieurs reprises et sans pression extérieure alors qu'il était totalement conscient. S'il est irréversiblement inconscient, il doit avoir rédigé préalablement une déclaration anticipée. Depuis 2008, tout citoyen peut faire enregistrer une déclaration anticipée de demande d'euthanasie. Le 31 janvier 2010, 15 144 demandes anticipées avaient été enregistrées dans ce pays de 10 millions d'habitants.
Avant de procéder à l'euthanasie, le médecin est tenu d'informer le patient de son espérance de vie et de toutes les possibilités thérapeutiques et palliatives qu'on peut lui offrir.
M. Nulu Kabamba a souligné le fait que le nombre de cas déclarés d'euthanasie augmente d'année en année en Belgique, passant de 235 euthanasies pratiquées et déclarées en 2003 à 822 cas en 2009, soit 0,2 % de l'ensemble des décès, soit 103 000 décès annuellement. «Beaucoup de malades parlent d'euthanasie, certains remplissent tous les documents, mais de ces malades, un petit nombre seulement se font euthanasier une fois arrivé le moment de le faire», a-t-il spécifié.
La grande majorité des euthanasies (80 %) ont été pratiquées chez des patients âgés de 40 à 79 ans. Très peu (18 %) ont été effectuées chez des personnes de plus de 80 ans. Les personnes réclamaient l'euthanasie surtout en raison des souffrances physiques (surtout les douleurs causées par l'immobilisation et les vomissements) et psychiques (telles que la perte de dignité, le désespoir et la dépendance) qu'elles ressentaient. Ces personnes souffraient pour la plupart (83 %) d'un cancer généralisé ou plus rarement (12 %) d'une maladie neuromusculaire évolutive, comme la sclérose latérale amyotrophique. La plupart des patients (91,5 %) ont demandé et obtenu l'euthanasie alors qu'ils étaient au stade terminal de leur maladie et que leur décès était prévisible dans les jours ou les semaines à venir.
Selon le souhait fréquemment exprimé par les patients, près de la moitié des euthanasies (soit 41 %) sont effectuées à leur domicile. Aux Pays-Bas, cette proportion atteint même 70 %. Les médecins généralistes sont le plus souvent sollicités pour procéder à l'intervention et ils peuvent se procurer un «kit spécial» dans 250 pharmacies du pays.
Dans la très grande majorité des cas, le médecin induit le décès en administrant des barbituriques en combinaison avec des myorelaxants. La mort survient ainsi en quelques minutes. Très rarement, il procède avec de la morphine seule.
Selon le Dr Nulu Kabamba, la légalisation de l'euthanasie a eu des effets positifs sur la qualité des soins de fin de vie. «Nous vivons des fins de vie beaucoup plus apaisées où le problème de la mort n'est plus un problème tabou», a-t-il déclaré en conclusion.
Le portrait de la pratique de l'euthanasie médicale en Belgique qui a été dressé hier, dans le cadre d'un colloque au congrès de l'Acfas, est des plus éclairants sur ce qui pourrait advenir au Québec si on dépénalisait l'euthanasie au pays.
La loi belge définit l'euthanasie médicale comme «l'acte pratiqué par un médecin qui met intentionnellement fin à la vie d'un patient à la demande de celui-ci», qui juge intolérable la souffrance que lui inflige sa pathologie. «La loi ouvre un droit à la demande d'euthanasie, pas à l'euthanasie», a précisé hier le conférencier, le Dr Nulu Kabamba, un médecin belge qui effectue son doctorat à l'Université de Montréal. «Aucun médecin n'est obligé de pratiquer l'euthanasie. De nombreux patients pensent que l'euthanasie est un droit qui ne peut être refusé à quiconque la demande. En réalité, la loi permet aux médecins de pratiquer l'euthanasie sous certaines conditions assez précises, et leur reconnaît le droit de refuser. Si le médecin ne peut accéder à la demande du patient, ce dernier peut néanmoins chercher un autre médecin qui acceptera de répondre à sa demande.»
Une décision réfléchie
Le patient qui réclame l'euthanasie doit avoir formulé sa demande à plusieurs reprises et sans pression extérieure alors qu'il était totalement conscient. S'il est irréversiblement inconscient, il doit avoir rédigé préalablement une déclaration anticipée. Depuis 2008, tout citoyen peut faire enregistrer une déclaration anticipée de demande d'euthanasie. Le 31 janvier 2010, 15 144 demandes anticipées avaient été enregistrées dans ce pays de 10 millions d'habitants.
Avant de procéder à l'euthanasie, le médecin est tenu d'informer le patient de son espérance de vie et de toutes les possibilités thérapeutiques et palliatives qu'on peut lui offrir.
M. Nulu Kabamba a souligné le fait que le nombre de cas déclarés d'euthanasie augmente d'année en année en Belgique, passant de 235 euthanasies pratiquées et déclarées en 2003 à 822 cas en 2009, soit 0,2 % de l'ensemble des décès, soit 103 000 décès annuellement. «Beaucoup de malades parlent d'euthanasie, certains remplissent tous les documents, mais de ces malades, un petit nombre seulement se font euthanasier une fois arrivé le moment de le faire», a-t-il spécifié.
La grande majorité des euthanasies (80 %) ont été pratiquées chez des patients âgés de 40 à 79 ans. Très peu (18 %) ont été effectuées chez des personnes de plus de 80 ans. Les personnes réclamaient l'euthanasie surtout en raison des souffrances physiques (surtout les douleurs causées par l'immobilisation et les vomissements) et psychiques (telles que la perte de dignité, le désespoir et la dépendance) qu'elles ressentaient. Ces personnes souffraient pour la plupart (83 %) d'un cancer généralisé ou plus rarement (12 %) d'une maladie neuromusculaire évolutive, comme la sclérose latérale amyotrophique. La plupart des patients (91,5 %) ont demandé et obtenu l'euthanasie alors qu'ils étaient au stade terminal de leur maladie et que leur décès était prévisible dans les jours ou les semaines à venir.
Selon le souhait fréquemment exprimé par les patients, près de la moitié des euthanasies (soit 41 %) sont effectuées à leur domicile. Aux Pays-Bas, cette proportion atteint même 70 %. Les médecins généralistes sont le plus souvent sollicités pour procéder à l'intervention et ils peuvent se procurer un «kit spécial» dans 250 pharmacies du pays.
Dans la très grande majorité des cas, le médecin induit le décès en administrant des barbituriques en combinaison avec des myorelaxants. La mort survient ainsi en quelques minutes. Très rarement, il procède avec de la morphine seule.
Selon le Dr Nulu Kabamba, la légalisation de l'euthanasie a eu des effets positifs sur la qualité des soins de fin de vie. «Nous vivons des fins de vie beaucoup plus apaisées où le problème de la mort n'est plus un problème tabou», a-t-il déclaré en conclusion.
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