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Chirurgiens diplômés cherchent emploi

Québec n'a aucun poste à offrir à des spécialistes formés à grands frais

Louise-Maude Rioux Soucy   18 mars 2010  Santé
C'est le monde à l'envers. Pendant que le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, met tous les maux du réseau de la santé sur le compte de la pénurie de personnel, trois jeunes chirurgiens cardiaques fraîchement diplômés n'arrivent pas à trouver de poste au Québec. Une situation tout à fait inhabituelle, qui risque fort de se répéter à l'identique dans d'autres spécialités si rien n'est fait pour repenser la planification des effectifs.

Ce n'est un secret pour personne que le temps opératoire est une denrée rationnée au Québec. Le phénomène s'est d'ailleurs accentué ces dernières années avec la pénurie de personnel infirmier et la fermeture de lits de soins critiques, cela de l'aveu même du ministère. Résultat: trois jeunes chirurgiens cardiaques sont forcés de rester sur la touche au moment même où un patient sur quatre n'est pas opéré dans les délais prescrits dans leur spécialité.

Ce cul-de-sac est vivement critiqué par la Fédération des médecins résidents du Québec (FMRQ) qui demande au ministère de la Santé de rebrasser ses cartes. Et vite, avant que ces trois recrues trouvent mieux ailleurs. «Pour maintenir ses compétences, un chirurgien cardiaque doit faire au moins 175 opérations par année. À l'heure actuelle, on ne leur en offre que le quart ou la moitié», raconte le président de la FMRQ, le Dr Yann Dazé.

La Fédération est d'autant plus étonnée par la timidité du geste que le besoin en chirurgie cardiaque est encore très important. Le mois dernier, l'Association des chirurgiens cardiovasculaires et thoraciques du Québec tirait d'ailleurs la sonnette d'alarme. Son président, le Dr Yves Langlois, révélait qu'environ 630 personnes attendent présentement l'intervention qui changera leur vie. Un chiffre élevé qu'il n'avait pas vu depuis longtemps dans sa spécialité.

Et pourtant, Québec n'a pas de postes à offrir dans cette discipline. La situation est tout à fait nouvelle pour la Fédération, qui en a saisi la Table de concertation permanente sur la planification de l'effectif médical. Le Dr Dazé espère une réponse rapide de la part du ministère. C'est que «beaucoup d'autres spécialités pourraient connaître des difficultés semblables à court ou moyen termes», spécialement la radio-oncologie et les chirurgies urologique ou générale, qui affichent déjà un taux de saturation élevé.

En chirurgie urologique par exemple, deux jeunes finissants n'ont pas su trouver une place à leur convenance cette année. «Il y a beaucoup de postes virtuels sur papier dans ce domaine. Mais sur le terrain, ce qu'on note, c'est que le besoin n'est tout simplement pas là», explique le Dr Dazé. Plutôt que de se tourner les pouces, les deux finissants laissés en plan ont décidé d'aller opérer en Ontario.

En radio-oncologie, le problème est quelque peu différent. En quelques années seulement, le Québec est passé d'une forte pénurie à l'abondance après avoir ouvert des places de résidence et recruté des professeurs à l'étranger. L'opération de charme a si bien fonctionné que les finissants ont aujourd'hui de plus en plus de mal à se trouver un poste.

«Ceux qui ont terminé cette année se sont trouvé un poste de peine et de misère, raconte le président de la FMRQ. L'an prochain, on peut présumer que ce sera plus difficile encore puisque leurs milieux sont déjà saturés. Il n'est donc pas dit qu'on ne se retrouvera pas en radio-oncologie avec le problème que nous connaissons aujourd'hui en chirurgie cardiaque.»

Le responsable des affaires médicales au ministère de la Santé, Michel Bureau, confirme que le Québec — qui affiche toujours un déficit de 800 spécialistes au compteur — a réussi à faire le plein dans certaines spécialités. «On ne manque pas de spécialistes dans tous les domaines», a-t-il confié à la radio de Radio-Canada, qui a levé le voile sur cette affaire hier.

Le Dr Bureau précise même qu'en chirurgie, certains spécialistes ne réclament plus de renforts, mais du temps pour opérer. Toujours à Radio-Canada, le Dr Bureau a convenu que les hôpitaux et le ministère devraient mieux informer les résidents des besoins réels pour les spécialités de pointe avant de les envoyer se spécialiser à l'étranger.

Mais attention, prévient toutefois le Dr Dazé, il ne faudrait pas noircir le portrait plus que nécessaire au point où plus personne ne voudra se tourner vers ces disciplines souvent saturées artificiellement par les pénuries de personnel et le manque de lits. «Nous avons affaire ici à un surplus temporaire. La Société canadienne de chirurgie cardiaque prévoit par exemple que d'ici 2020 à 2030, il pourrait y avoir entre 20 et 30 % des postes en chirurgies cardiaques qui seront vacants au Canada sur un total de 150.»
 
 
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  • alen
    Inscrit
    jeudi 18 mars 2010 07h52
    La vérité finit toujours par sortir...
    Bel exemple du comportement de ce gouvernement! Pendant qu'il blâme le gouvernement précédent, pour ses coupures de 1996, il s'en délecte et en profite au maximum.

    Qu'on ne se trompe surtout pas. la première priorité (une totologie d'ailleurs) du ministre de la Santé, est d'en empêcher les dépenses de croître, aussi longtemps qu'il pourra faire porter par quelqu'un d'autre le blâme de son inaction.

    La vraie priorité du P.M. elle, c'est les routes, réalisées à prix d'amis par les proches du parti

  • Jacques Morissette
    Abonné
    jeudi 18 mars 2010 08h52
    Monsieur Charest, l'idéologue du parti et de ses proches.
    Pour moi, c'est une autre preuve que le gouvernement de Charest maintient le cap de privatisé autant que possible. On dit que monsieur Charest gagne $75000 par année payé par son parti. En tant que Premier ministre de la province, monsieur Charest a peut-être un peu trop les mains liées avec son parti.

    Dans une certaine mesure, il faut se demander si monsieur Charest n'est pas un peu comme un homme de main de son parti? Par ailleurs, monsieur Charest a beaucoup de convictions. Ce n'est pas à des demandes que monsieur Charest répond. Il est plutôt en étroite liaison avec son propre parti.

    Alors, citoyens masochistes du Québec qui avez voté pour monsieur Charest, vous me permettrez de poser une simple question: Monsieur Charest ne serait-il pas un Vincent Lacroix potentiel, par rapport à l'argent des impôts de la population? Vu que les riches et les grosses entreprises n'en paient pas beaucoup d'impôts.

    Juste en passant, j'ai une hypothèse, augmenter les taxes et les frais reliés aux services gouvernementaux n'affectera pas les gens de la même façon. Les riches et les grosses entreprises peuvent déduire ça dans leurs dépenses, ce qui fait qu'en bout de ligne, c'est nous qui allons payé pour les dépenses en plus des riches et des grosses entreprises. Quand je parle des riches, je parle de ceux qui sotn bien au-delà de la classe moyenne.

  • andre fillion
    Inscrit
    jeudi 18 mars 2010 14h54
    C'est complètement incomprenable
    et insensé........voila cela veut tout dire


    andré fillion

  • Davy Trop
    Abonné
    vendredi 19 mars 2010 07h38
    Chirurgiens cardiaques sans emploi
    J'ai lu. Tant mieux si l'opinion publique est informee, mais ca ne changera rien. D'ailleurs, le Devoir n'a pas fouille bien loin. On omet de parler de tous ces jeunes chirurgiens qui ont deja termine, mais qui n'ont pas eu d'emploi -- moi, par exemple. Ca fait alors beaucoup plus que 3 qui ont ete laisses pour compte

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